SUR SON RETOUR DES CHAMPS
DESJA fhyver, qui tout tremblant frissonne, Des mons tous blancs droit nous darde çà bas Une froideur tant aspre qu^elle étonne Mes champs aimés, mes soûlas, mes ébas.
Les doas ruisseaux clair-courans aux campagnes^ Par l'Aquilon arrêtés et îrancis, Font et refont, aux froids pieds des montagnes. Un roch scabreux de glaçons endurcis.
Puis les forests, dont les testes broîtues Fesoient épés les feuilles verdoier.
De leurs cheveux orendroit dévêtues.
Sous neige et glas se deulent de ploier.
Tous les plaisirs des champs mornes se taisent, Que tout lascif je souloi savorer Au nouveau tens qu'oiseaux gais se degoisent, Et que l'on sent les rochers murmurer.
Des doctes Seurs celle bande céleste Vers vous, mes champs, me piqua de venir ; Mais, puis que ja décembre m'i moleste. Plus prisonnier ne me povés tenir,
Philelphe, avant! que mon cheval on selle! Muses, pourquoi venés-vous m^mpescher?
Attendu suis d'une trouppe fidelle.
Qui par voz dons tousjours m'a tenu cher.
Long tens au bord de cette eau azurine Ai bataillé, comme votre souldart.
Allors qu'Amour, entré dans ma poitrine. Me saccageant, i mit le feu qui m'ard.
Mais à ce coup mon Chamberi m^appelle.
0 Paradis de ma félicité, Que n'est desja cette plume immortelle Pour tracer vif ton honneur mérité!
Si je vai là, tous mes plus favorables, En mUmbrassant, me viendront caresser, Me faisant voir leurs labeurs mémorables. Que les longs jours ne pourront ranverser.
De Battandier la joieusetté brave Ses mots fleuris soudain dégorgera, Et mon Lambert, Pallas, ton doux esclave, De Ciceron les thesors versera.
Ramasse i est, et Pingon à la trace Des anciens ses vers fera bondir, Qui sont venus freschement de Parnasse, Où Apollon les lui a fet ourdir.
Mais ma cruelle n cent grâces friande, D'un doux regard, las ! me vient r'allumer . 0 malheureux qui, par beauté trop grande. En vain espoir ne se soûle d'aimer!