‹ Œuvres poétiques de M.-C. de ButtetChapitre 26 sur 48 · A SA MUSE · texte numérisé non relu

A SA MUSE

JEUNE Eraîon Savoisienne, Qui la manne Hippocrenienne Commences seulement goûter , Pour un jour te faire écouter, Petite, mais doucette Muse, De qui l'amour si bien m'amuse Qu'avec un luth mélodieux J'aime mieux ensuivre les Dieux Forestiers, et Faunes rustiques.

Et les Navondes aquatiques, Au frais des bocages plus beaux.

Et aux tors rivages des eaux, Mignon du Prince de Pathare, Que la voix du palais avare, N*aiant jamais Fart dédaigné Que le,s neuf Seurs m'ont enseigné.

0 de ma gloire la défense.

Mon support, ma seule espérance.

Inspire-moi des noveaux vers, Animés parmi l'univers;

Et me îarge contre l'envie

Des traits aigus en calumnie.

Que, tousjours mon renom cherchant,

Iniquement va décochant

Ce lourd et profane vulgaire,

A qui onq' vertu ne sceut plaire.

Grossier, courbant son esprit loin

Du Ciel, qui de nous a pris soing; .

Donne que d'un fredon lyrique

Je sonne le carme Sapphique

Par la France, affin que premier

Gagnant le Lesbien laurier,

Et maugré V envie doutée.

Par une gloire méritée

Tu cernes d'un tour îriumphant

Le tendre front de ton enfant.

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