A SA MUSE
JEUNE Eraîon Savoisienne, Qui la manne Hippocrenienne Commences seulement goûter , Pour un jour te faire écouter, Petite, mais doucette Muse, De qui l'amour si bien m'amuse Qu'avec un luth mélodieux J'aime mieux ensuivre les Dieux Forestiers, et Faunes rustiques.
Et les Navondes aquatiques, Au frais des bocages plus beaux.
Et aux tors rivages des eaux, Mignon du Prince de Pathare, Que la voix du palais avare, N*aiant jamais Fart dédaigné Que le,s neuf Seurs m'ont enseigné.
0 de ma gloire la défense.
Mon support, ma seule espérance.
Inspire-moi des noveaux vers, Animés parmi l'univers;
Et me îarge contre l'envie
Des traits aigus en calumnie.
Que, tousjours mon renom cherchant,
Iniquement va décochant
Ce lourd et profane vulgaire,
A qui onq' vertu ne sceut plaire.
Grossier, courbant son esprit loin
Du Ciel, qui de nous a pris soing; .
Donne que d'un fredon lyrique
Je sonne le carme Sapphique
Par la France, affin que premier
Gagnant le Lesbien laurier,
Et maugré V envie doutée.
Par une gloire méritée
Tu cernes d'un tour îriumphant
Le tendre front de ton enfant.