‹ Œuvres poétiques de M.-C. de ButtetChapitre 28 sur 48 · RETOUR DE BOLOGNE · texte numérisé non relu

RETOUR DE BOLOGNE

DE la mer où fut Bellone farouche, Où Tytan tumbé tout rouge se couche, Henri, le vangeur de l'Angloise outrance, Revient en France,

ODE Vil

Ramenant brave son fort exercîte.

Non jamais veinca dessous sa conduite, Ja du beau laurier, qui par mort s'achette, Cernant sa teste.

De son absence Paris tant malade, Le sentant venir, de bien loin Vœillade, Et lui appreste le triumphe, gloire De sa victoire.

Par les saints temples les voûtes pendantes Desja s^ allument de lampes ardentes; Les prestres, qui ja les encensoirs ventent, Haut aux Dieux chantent.

Ja desja l'on voit de loin aux campagnes Flamber les armes, blanchir les ensegnes. Et d'un trot brave la chevallerie De Mars chérie.

Ja desja l'on voit hérisser les plaines De porte-lances, et de capitaines.

Ainsi bouillantes comme en la marine Veau qui chemine.

Là haut, encresté, le duc de Vandaume Ardent se montre tuteur du roiaume,

Plus armé de cueur et de forces fermes Que de ses armes.

Là Guise, Aumale, noirs d'honneste poudre. Se montrent ardans ainsi qu^ une foudre ^ Aians fait estre l'Angloise vaillance Boule à leur lance.

Là Mommorencif Nestor de la France, Qui au front porte la sage prudence, Nerye de vertu sa force ancienne Ulyssienne.

Le jeune Nemours, que la gloire anime, Comme de Savoie race magnanime, Faisant revivre les superbes septres De ses ancestres.

Mignon de vertu qu'il aime et caresse, Promet un grand fruit en fleur de jeunesse. Craquant des armes, tout léger galoppe Parmi la troppe.

Par tout retreluit la flotte argentine.

Du roial tige céleste origine, Avec les armes, lances et épées Ensanglantées.

Mais, au beau milieu de si clairs heroes^ Henri flamboie, découvert les joues Sous sa visière, se faisant voir estre Un Dieu terrestre.

De tant forts princes Bologne étonnée Tremble, se volant toute environnée, Sentant des Anglois,foibles pour répondre, La vertu fondre,

Quand les murailles^ de terreur tremblantes, Receurent grands coups des gorges îonantes, D'un bruit et rebruit, d'un double tonnerre, Crollant la terre.

Le grand Dieu Neptun, des sources profondes, En sent re frémir son règne et ses ondes. Trois fois anonce d'un fier bras moleste Guerre funeste, ^

Son septre empoigne, qui les eaux envoie. Puis, prenant pitié du clair sang de Troie, Trompant son courroux, long tens effroiable, Fut favorable.

Aux François mesme Tethys est facile.

Redonnant faveur à son plus qu'Achilley

Il6 LIVRE SECOND

Qui ne doit creindre, tant haut son heur monte, Qu'autre le donte.

Et si lui promit d'une juste guerre Non sa Bologne ^ non seule Angleterre, Ains à tousjourmais tout ce qu'elle embrace D'un long espace.

Mais^ hal ma lyre, tu es trop hardie, Encor les armes ne faut que je die :

Garde qu'en cuidant ensuivre les trompes, Ta ne te rompes.

IL SE PLEINT

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