D'AMOUR ET D'AMALTHÉE
PETIT Dieu, Qui en tout lieu As jet maîtresse ta main, Las! et puis Que tien je suis.
Que ne m'es-tu plus humaine
Le tens tout Chasse à son bout.
Et rien ne peut séjourner; Un jour fuit, Vautre le suit, Tout s'en va sans retourner.
Les flambeaux Du ciel, plus beaux, S ur nous versent leur pouvoir :
Car ils font, Selon qu'ils vont, Tout à la fin se mouvoir.
Mais douleur, Ni ma couleur.
Ni ma trop ferme amitié.
Ni la foi, Trop vive en moi.
Ne treuvent mort ni pitié.
Ah! beauté.
Qui m'as enté
Ton front au cucur, et tes yeux,
Dont rattrait
Tiendroit sujet
Mesme le plus grand des Dieux,
Il8 LIVRE SECOND
Ton beau teint, Ton marbre peint, Les Déesses ont en soi :
Tels biens ont.
Et si ne sont Cruelles ansi que toi.
Pour A don.
De Cupidon, Venus, les traits tu sentis ; Phebe eut bien Le Latniien, Et Cybele son Atys.
Me perdant,
D^un feu ardant,
Amalthé\ tu me nourris,
Pour l'émoi
Que j'ai par toi.
Ne me donnant que tes ris.
A quoi, las!
Hâtant mes pas, Veux-îu m'abbalre à l'envers, Qui chanté Ai ta beauté, Portée au ciel par mes versf
Sus leur mont, Les Muses nfont Vun de leurs chers fils nommé Hé! que vaut Un bien si haut.
Si de toi ne suis aimé?
De ma mort Jurée à tort Quel lo s peux-tu rapporter?
Assés d^heur As de l'honneur, Que seule m^as peu donter.