‹ Œuvres poétiques de M.-C. de ButtetChapitre 31 sur 48 · HYMNE A LA PAIX · texte numérisé non relu

HYMNE A LA PAIX

FILLE de Dieu, des peuples mère.

Qui, dés que les chetifs humains Malins ne connurent ton père, Armans leurs infidèles mains, Tirant haut ta divine bande, Nous laissas à tout malheur choir.

Puis au ciel, en magesté grande, T'allas prés de ton père assoir.

HYMNEALAPAIX I25

Si quelque vertu non foulée Encores soufflans nous soutient, Or' que la terre désolée A son dernier ahime vient.

Ecoute-moi : ne soit couverte Ta pitié, pour plus ne nous voir ; Assez nous a punis la perte, Dedaignans de te recevoir.

Ah ! las ! rien plus çà-bas n'abonde Que tout malheur j nous faccablantl Le cruel Mars l'univers monde, De ville en ville, va troublant.

Las! plus le Ciel ne nous avoiie, Loin, loin de nous s'enfuit tout bien : Sans raison Bellone se joue A épancher le sang chrestien.

Les cités, aux tonnans allarmes.

Rompant le saint honneur des loix, En grand effroi sautent aux armes; Des troupes les horribles voix Noncent par tout ouverte guerre; L'une gent court l'autre assommer :

Que reste, si non que la terre S'enfondre pour nous abîmer f

Ah ! si ta céleste caresse Nous cache ton visage doux, Helas ! débonnaire Déesse, Pour tout jamais c'est fet de nous.

Le Ciel, foudroianî nostre race.

Dorera un siècle nouveau, Puisque de son antique face L'univers n'a plus rien de beau.

Voi-tu P Hi LIPPES ^ih' arrive Pour tout à coup la France embler, Faisant, d'une fureur hâtive, Un merveilleux camp assemblera Les plaines, qui claires hérissent De fer, viennent à s'animer, Comme les ondes qui se glissent L'une après l'autre dans la mer.

Voi, vol, en la large campagne, Henri pront les armes happer, S'opposant aux forces d'Espagne Et prés d'Amiens se camper, Où, couvrant toutte la prairie, Va ses fiers éiendars hâtant, Puis, dressant sa gendarmerie.

D'un front invincible l'attend.

HYMNEALAPAIX 12^

(luelle raine plus profonde^ Ah î pourrait l'Europe encourir, Las ! si cette élite du monde, S'entrehrassant, vient à périr?

Du meurtre la tourelle guerre.

Faisant Somme à regret hâter, Ne se contentant de la terre, Courra Tethys ensanglanter.

Descen du ciel froisser leurs armes, Qu'ils n'aillent jamais combattant :

Et vien pronte essuier les larmes Du pauvre monde qui t'attend.

Empogne la corne abondante.

Mais de l'arbre où tant tu te plais Orne ta trouppe triumphante, 0 paix, ô bienheureuse paix!

En or pompeusement ornée.

Venus ait son beau ceste ceint.

Amenant le bon Hymenée, D^unerobbe de pourpre peint.

Les plaisirs, les gais jeux, la chère, Tes saints pas talonnent de prés.

Te suivant tous, leur reine chère, 0 paix, ô bienheureuse paix I

Quand Phorrible assaut prendra voie.

Pour au choc ces grands roys irer.

Comme gryphons qui à la proie A coup se veulent déchirer, Vien au secours ! Ah ! ne nous laisse. Mais, contre l'assaut hasardeux j Partant du ciel, comme Déesse, Lance ta grand^ force entre deux.

Bien que de Mars la rage ouverte Semble tout à la mort mesler.

Sans espérance que de perte, Tarmant de ton divin parler, Aux scadrans élancés commande D'arrêter : lors chacun, tout coi, Abbatant sa fureur plus grande, Humblement obéisse àtoi.

Di-leur : « Rois guerriers, si la gloire Obstinés vous contreint armer.

Faut-il en sanglante victoire Désoler la terre et la mer?

Suivrés-vous ce Mars exécrable.

Tant de voz cités ranversant?

Las! voies oestre pitoiable De votre peuple périssant. »

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