‹ Œuvres poétiques de M.-C. de ButtetChapitre 32 sur 48 · HYMNE A LA PAIX · texte numérisé non relu

HYMNE A LA PAIX

A ta voix la pitié chresîienm Si sainte les puisse émouvoir^ Qu'à Venvi l'un et l'autre vienne Humble à toi, pour de prés de te voir. Lors ta grand' beauté favorable Resplendisse en ses doux attraits.

Par sus toute autre émerveillable, 0 paix, 0 bienheureuse paix!

Pren la main, à la guerre adextre.

De Henri, du Ciel fortuné, Puis la victorieuse dextre De Philippes^ à vertu né.

Et en foi non jamais muable Fai-les si douces enlacer Qu'époints d'une amour perdurable, Tous deux viennent à s'embrasser.

Lors Bellonne en aspre furie.

Rompant ses homicides fers.

De dépit et forcennerie, Aux grands abimes des enfers.

Trébuchant, pour jamais descende ; Et chascun raconte tes faits, Anonçant ta victoire grande, 0 paix, ô bienheureuse paix!

Que plus aux champs Mars on ne voie En canons terribles tonner.

Haut au ciel montent feux de joie, Les temples saints on voie orner.

Toute l'Europe à ta venue Déborde en triumphcs exprés, Et tout peuple après toi se rue, 0 paix, ô bienheureuse paix!

Va revoir le monde habitable, Merquant ce grand rond terrien, Et ta douce main équitable Rende à chacun ce qui est sien :

Le prestre dedans son église, Le noble Vautrui ne cherchant.

Le marchant en sa marchandise.

Le laboureur soit à son champ.

Puis de l'abondance prospère Commence les thesors verser A la tout-engendrante mère.

Qu'à tes pas on voie engresser; Et que V accroissante richesse Bigarre en tous bons fruits épés Noz champs dorés de ta largesse, 0 paix, ô bienheureuse paix !

HYMNEALAPAIX 129

Par quel los, Déesse puissante.

Bruira ton nom^ en mes vers mis?

Faut- il que ma harpe te chante La grande fille de Themis?

Plutôt, prés de Dieu tousjours telle.

Flambes en ion trosne, à jamais Sur tous les siècles éternelle, 0 paix, ô bienheureuse paix !

Quand cette grand' machine ronde Contf émeut tous ses mouvcmens.

C'est toi qui, pour tourner le monde, Arrengeas tous les elemens. Et, lorsque le chaos contraire Rebroiiilloit la cause aux effets, Tu les fis en leurs lieux retraire, 0 paix, ô bienheureuse paix!

Tu es de tout mère divine, Compaigne des grands Déités.

La justice à tes pieds s'incline, Tu peuples les grandes cités.

Tout ce que ce beau tout enserre, Ministre au grand Dieu tu le fais, Toi puissante au ciel et en terre, 0 paix, 0 bienheureuse paix!

// n'est région si barbare Qui humble ne Vaille adorant :

L'ardent More et le froid Tartare, Laissant Mars, te vont implorant; Les Medois bragards, à la trousse.

Pour trophé' fappendent leurs traits, 0 des vivans nourrice douce!

0 paix, 0 bienheureuse paix !

0 céleste, ô trois fois tresgrande.

Antique Reine des humains,

01 comme chacun te demande, T'addressant la voix et les mains .

Ne sois de nos vœux dédaigneuse, A f avoir voi tous peuples prêts.

Descend, descend, ô paix heureuse^ 0 paix, ô bienheureuse paix !

Page 1