JEAN T R U C H O N
Premier président de Grenoble ODE XVII
QUEL DieUj ma Muse, quel prince ou heroe, Quel roij ma Clion, veus-tu que je loiie. Dont le nom la voix dans les bois hardie Die et redie?
Ou par l'épesseur d'Helicon ombreuse, Ou dessus Pinde, ou dessus la frilleuse Roche Hemienne, jadis rechaufée Du chant d'Orphée,
Aux doux arts docte de sa mère sage, Prenant les fleuves, ou des vens la rage, Lorsqu'il oreilloiî les foresîs suivantes. En vain marchantes^
Veux-tu rechanter des fiers Grecs les flambes^ Ou les déréglés et gais dithyrambes ^ Ou de Briare les cent bras molestes Aux fors célestes^
Ou, d'un vers tout neuf sucré de ta manne, La prise de Mets, ou Sienne Tuscane, Sacrant de Henri l'immortelle gloire A la mémoire.^
De ce ma lyre pas un mot ne sonne.
Mars sur tes cordes assés ne s'entonne; Les soucis jeunes, les amours qui croissent, Mieux te connoissent.
Sus donques, mes dois, que l'on se remue; 0 Pimpléennes, venés, qu'on salue
Mon Truchon (votre dès sa tendre enfance) Qui vient de France ;
Qui vient, et, venant, avec soi rameine Vequité, les loix et la foi certaine.
Que ce jour me soit pour si chère teste A jamais f este.
Lyre trop basse, retor tes oreilles; Qu'on sonne et sonne, qu'on face merreiiles ! Chacune corde, sans qu'elle se rompe.
Soit une trompe.
Tai-îoi donq\ Amour, et vous aussi, armes ! Je sonne Truchon, patron de mes carmes, Et qui aux Muses sur tous m'encourage En ce jeune âge.
0 Tytan trop lent es eaux azurées Si tu honnores tes roiies dorées D'un jour qui face que je chante un h\mnc De ses mains dinne,
Dans un dur antre, ou dessus la molle herbe, Réveillant les jeux honnores de Lesbe, Quels nerfs, quels f redons, quelle ode plus douce , Vaincra mon pouce ^
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AUX DAMOISELLES SAVOISIENNES
LE Dieu de doctrine et science, Qui m'aime dés ma tendre enfance.
Or' m'offrant d'un juste hier Ce qui fet mon front verdoier.
M'a donné cent plumes nouvelles.
Qui les beautés des damoiselles En tout rapportent vivement; Et vous ose faire un serment.
Que les vôtres, du ciel venues, Ne cherront sous terre inconnues.
Et par moi la postérité Saura quelles avés été.
La beauté de la brave reine De Canhage, voire d'Heleine {^Vune éteinte pour son amant, L'autre la grand' Troie enflammant^, Là bas eut reconnu sa gloire Sans la Muse, par la mémoire.
Qui, bien loin de l'oblieuse eau.
Lui courut fermer le tombeau.
Damoiselles, si sages estes, Favorisés-moi les poètes ; Leur docte plume gardera Que le îens ne vous changera :
Car ce vieil faucheur n\i puissance Où les Neuf Seurs font résistance.
Pétrarque sa soif éteignit, Lorsqu'un doux feu le contreignit Humer la sainte eau chevalline. Chantant celle Laure divine, Sa douce angoisse et gai ennui ; Mais, si Amour m'ajoint à lui.
Sous les hauts lauriers du Parnasse, De Marcossei l'ambiante grâce, La Buron à Vœil ravisseur, Et les gais attraits de sa seur, La Grave, Maillant, Chatel, voire Avecques sa bonté Ravoire, Quand mes Muses les hucheront, Pour vivre à jamais, sortiront Tout à coup de ma chaude forge.
Et le bel œil noir de La Gorge, Qui lance aux cueurs l'amour ardant.
En cette carte ce pendant.
Muse, mon cher souci, bigarre Les propos dorés de La Barre,
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Et son haut esprit, que les deux Ont comblé des thesors des Dieux.
Fi d'une beauté nompareille Fardée de vaine merveille^ Si le beau corps n'est revêtu.
Comme de beauté, de vertu.