‹ Œuvres poétiques de M.-C. de ButtetChapitre 39 sur 48 · A VENUS · texte numérisé non relu

A VENUS

Aîoij Déesse Venus, Qui naquis es flots chenus, Des Tritons tant admirée.

Et de Teîhys azurée, Qui, par ses argentés flots D'ordre rebruians ton los.

l62 LIVRE SECOND

Joieuse à ta Cypre affronte; A toi, reine d^Amathonte, De Dyrraque et Gnide aussi j Qzii éventes mon souci, Et, d^une fuite lonteine, Chasses ma boiteuse peine, Pour m'estre aujourd'hui repeii Des doux baisers que j'ai eu De la bouche de m'amie, Qui m'ont redonné la vie ; Dessus ton divin autel.

Chantant ton los immortel^ Ces sacrés charbons j'allume.

Et en tourbillons j'enfume La voûte du temple tien D'un parfum Arabien; Et dévot te fai offrande D'une rosine girlande, Où rid ton myrte sacré.

Te priant l'avoir à gré.

Mais, 0 d'Amour douce mère, S'il te plait encor me faire Tant heureux, quelque matin.

De conquester son îetin.

Je t'en ferai davantage :

Tu auras tôt une image

D'un marbre plus précieux Qui fut onq^ offert aux Dieux.

Mais, si après, plus traittable^ .

Tu m^étois tant favorable (Pour reparer le forfeî, Que par toi ton fils m'a f et) De faire qu'un coup je puisse Mesurer sa ferme cuisse, La tenant entre deux draps Prisonnière de mes bras, Pour Vheur de si grand* victoire.

Je te promets qu'à ta gloire D'un art bien plus brave encor, Tu te verrois toute d'or, En admirable présence; Et ton Mars avec sa lance.

Auprès de toi renversé.

De toiseroit caressé.

Là rir oient les mignardises.

Et de crespées chemises Mille Cupidons vêtus, N*usans plus de traits pointus, Et tes jeux qui d'ennui privent, Et les plaisirs qui te suivent.

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