A UNE VIEILLE
TU n'es (ô vieille Cybele !) Plus si belle Que d'impatiente amour Je sois pris par tes œillades.
Ni qu'aubades Je te donne, au point du jour.
Long tens a que la jeunesse Qu'Amour blece.
N'épie tes pas contés.
Nul galand ne te courtise A l'église.
Courant après les beautés.
Car, ainsi comme marchettes D'épinettes,
ODE XXIIl 167
Ta langue éloche tes dens ; Ta face est tonte peausue,
Et mossiie Est ton oreille au dedans.
On voit ton œil, vieille souche,
Baveux, louche; Tu as tremblante la voix; Ta cuisse est comme une gaule ;
Ton épaule Est aussi sèche que bois.
Et toutefois, vieille crosse.
Vieille rosse,^ Ta oses bien fenhardir De penser qu'à ta charogne
Je me jogne.
Pour tes froids ans reverdir.
Plutôt sera l'aigle en l'onde
Vagabonde, Et l'air de poissons couver, Les loups et chèvres ensemble j
Que j'assemble Mon printens à ton hyver.
l68 LIVRE SECOND