‹ Œuvres poétiques de M.-C. de ButtetChapitre 42 sur 48 · AUX BERGERS · texte numérisé non relu

AUX BERGERS

lEU VOUS gard, gentils pâîoreaux, Qjii, prés de ces vertes coudrettes,

Faittes dancer, sous les musettes, Voz chevrettes et voz toreaux.

Avés-vous point veu traverser, Par ce trac qui aux bois se mesle, A cheval une damoiselle, Qui ores ne fet que passer?

Ils sont trois noirs chevaux à cours.

Et elle sus un blanc se hâte, Aiant un manteau d'écarlaîte Et un haut chappeau de velours.

Un peu d^avant s'en va dispos Le laquais, qui court de vitesse, Menant une levriere en lesse, Merquée de noir sur le dos.

ODE XX un 169

Ne ravés'vous doriques point veuf L'appétit vous a fait entendre A bucheter parmi la cendre Vos chatagnes dedans ce feu,

0 bergers, qu'heureux je vous voit Que le Ciel vous a fet de grâce, N'otant des plaisirs votre face, Et mesme deut passer le roi!

Jamais d^ennui ne vous souvient, Ains, contans fables et sornettes, Ici, avec voz bergerettes, Vous prenez le tens comme il vient.

Mais moi, las! serf de l'amitié, A qui j'obéi trop fidelle, J-e cour après cette cruelle, Qui n'a ni merci ni pitié,

Et langui, sans espérer rien Que la mort, sous le dur empire D*une maîtresse qui m'est pire Qji'un Turc à ung pauvre Chrestien,

lyo LIVRESECOND

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