A PHILIBERT DU VAL
Evesque de Sées ODE XXV
VAL, si jamais en toi s^ assirent les Neuf Senrs, Si le Dieu qui son front du beau laurier couronne ^ Si le gai Tégean qui sept challemeaux sonne, Si les Faunes barbus qui cherchent tes frescheurs,
Si les Nymphes et Dieux, qui sur les molles fleurs Poursuivent les Amours que leur œil aiguillonne. Si le cristal coulant qui doux en toi boiiillonne. Peut en rien desoiver les tracassés chasseurs :
Or' que mon arc foncé bien loin ma flèche pousse, Que je porte en écharpe et ma trompe et ma tro ussc, Preste-moi ton repos : ja de travail j^ ah anne.
Et cependant j à Val, que je brosse les bois, Que j^ anime mes chiens, que tout est aux abbois. Je te pri, fai ouïr mon cornet à Diane.
ODE xxyi 17!
ENTREPARLEURS
BUTTET ET AMALTHÉE
TANDIS cjae tu me caressms, Et qiCen moi tes yeux tu paissois, M'assotant par faveur diverse, ■Vu/ plus agréable pendoiî A ton cou, ni te mignardoit :
fetoi un autre roi de Perse.
Amalthée.
Tandis que ton cueur enflammé N'a autre qu' Amalthée aimé, Et qu^Anne ne sceut te surprendre.
On ne parlait que de moi, lors Je surpassais de face et corps Les beautés d'Olive et Cassandre.
BUTTET.
Mon cueur n'a gueres Anne éleut, Docte à faire parler le luth,
i72 LIVRE SECOND
Qui la Tus(]ue Itale a suivie.
Et pour sa beauté (si ma mort Ne la tir oit à mesme sort) Je ne creindroi donner ma vie.
Amalthée.
Mon caear ard du jeune Lambert, Brave, tout savant, tout expert :
De lui seule me voi servie.
Pour Vamour duquel {si ma mort Ne le tir oit à mesme sort) Cent fois voudrai perdre la vie,
BUTTET.
Quoi! constante comme le vent.
Si, tout ainsi qu'auparavant, Je t'ouvre de mon cueur la porte.
Si je fai, passé cette fois, A Anne visage de bois.
Et si d'elle je me déporte^
Amalthée.
Bien qu'il soit beau comme le jour, Toi bien fort colère en amour Et plus léger que vaine écorce,
Sus tous je te voudroi chérir ^
Et avec toi vivre et morir,
Tant tu as sus mon cueur de force.