CARDINAL DE CHASTILLON
QUAND devant la seur du Roi, La divine MargiierilCy Je montrai au prés de toi Quelque traits de son mérite.
Et que mon vers se combloit D^une lyrique merveille, Qui de douceur lui embloit L'esprit ravi par l'oreille.
Le soin qui te tient le plus.
Et la faveur dont tu uses Aux chers enfans de Phœbus, Et aux saints prestres des Muses, Te fit d'un si bon aveu Louer les tons de ma rime Que ma Princesse m^a eu.
Dés ce tens, en quelque estime.
ODE un 29
Le saint chœur castalien Ma harpe bien loing rejette, Sijamais, pour un tel bien, De ton los elle est muette : Toutes fois, qu'un million De divins esprits en sorte, Qui le nom de Chastillon Jusques aux étoiles porte !
Des] a Ronsard sçait combien Ta faveur a de puissance.
Faisant du vieil sang troien Croître l'honneur de la France :
Lui qui bien haut chantera Le fils d'Hector et ses gloires^ Et de Henri ne taira Les bien conquises victoires,
roi, ce me semble, Pascal Qui ja tonne en ses Annales, De ton frère l'admirai Les grands batailles navales, Pouvant tous les tiens nommer Foudres des bandes guerrières, En la terre et en la mer.
Par chevaux et par navieres.
Mais moi, peu je puis encor, Car la roiale largesse Avec un éperon d'or N^a enhardi ma paresse :
Pour autant me duit-il mieux Chanter Pan et ses Nymphettes, Hantant les rustiques Dieux Et les jeunes amourettes.
Si par amour toutesfois Quelqu'un deigne fere entrée Par les ombres de mes bois.
Oie maforest sacrée, Odeî, bien haut te chantant, Et entonnant tes louanges, Dessus le vent les portant
Jusques aux terres étranges.
Et ne m^est papier empraint De beaux vers plus agréable Que cil où la Muse a peint Ta vertu émerveillable, Pour avoir esté cellui Qui la bande aoniene En France a tiré d'ennui, Digne du nom de Mécène.
Dieu te gardj ô vrai support Des vertus qui te poursuivent , Et, f élisant pour leur port, A toi par troupes arrivent :
Aiant dans ton cueur encré, Là un lit elles disposent, Où de Juppiter à gré Les neuf filles se reposent.