‹ Œuvres poétiques de V. CampenonChapitre 20 sur 39 · s ig< 'j'Assi · texte numérisé non relu

s ig< 'j'Assi

Tous enfin (l'un dessein pour Dieu seul entrepris

Laissaient en vains débats s'é^ anouir le prix ,

Quand , des décrets des cieux interprète fidèle ,

Bouillon de ses guerriers vient rallumer le zèle ;

Leur montre cette croix qui sur leurs vêtements

A tracé leur devoir et gravé leurs serments ;

Sur les séditieux fait tonner la menace ;

Dans les cœurs indécis verse une prompte audace ;

De soldats mutinés fait dos chrétiens soumis,

Et les conduit alors vers les murs ennemis,

Sûrs de vaincre, ou du moins, si leur valeur succombe,

De mourir au lieu même où Dieu choisit sa tombe.

A peine se taisait le chantre liarraonieux ,

Oh! de l'endiousiasme effet prodigieux!

Les Ferrarois , émus par ce noble langage ,

Ont senti dans leur sein bouillonner leur courage;

C'estTancrèdeetllenaiidqu 'ils vont suivre aux combats:

Alphonse désormais peut compter sur leurs bras.

Tous ils jureiît de vaincre, en s'annant pour sa cause.

Sur le fer déjà nu leur serment se déi;osc ;

Plus de retaràs; l'hoimenr trop long-temj)s exilé

Rentre enfin dans ces cœurs où la gloire a j>arlé.

Et ce que n"avait pu la suprême puissance ,

i\i la faveur promise à leur obéissance,

]Ni la voix du devoir, ni le cri du remords,

Charine entraînant des vers, lu l'obtiens sans efforts!

Mais loisqiio tout subit ce clianiic sympalliique ,

Seule , assise à l'écart , la froide politique

Sourit à ces effets qu'elle n'a point produits,

Et veut du moins pour elle en recueillir les fruits.

Albano près d'AlpIionse adroitement se glisse :

« Voici rinslanî, dit-il, à vos desseins proiiice.

» Sachons donc le saisir, (letle ardeur d'un moment

» Pour liàter vos projets a besoin d'alimrnt.

» De ce premier succès qu'un autre ait l'avantage!

» Si nous en profitons , il d( vient notre ouvrage.

« fie prix de la valeur, pnr vous-même promis

» A vos nobles sujets vainqueurs des ennemis ,

» Donnez -le dès ce j^ur. One le prix du courage -

» Du courage pour eux devienne le présage ! n

A peine il avait dit, Alphonse a prononcé; Va, dans la vaste enceinte où la fête a cessé. De l'elloue , à sa voix , se montrent les bannières. On apporte en faisceaux les lances meurtiières , Et l'écharpe , et le glaive , et les lourds boucliers. Le palais semble un camp tout peuplé de guerriers. Cep.endant , à l'aspect des larges cimeterres , Un noir pressentiment frappe le cœur des mères. De timides beautés éclatantes d'attraits Voyaient en frémissant, dans ces jeux de la paix. Paraître les hauberts, les casques, les armures. Des jeux sanglants de "Mars désolantes parures.

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