‹ Œuvres poétiquesChapitre 7 sur 145 · Gaston, duc d'Orléan · texte numérisé non relu

Gaston, duc d'Orléan

PAR RACAIf. 17

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voix.

M. l'archevêque de Rouen l'ayant prié de dîner chez lui pour entendre le sermon qu'il devoit faire en une église proche de son logis, aussitôt que M. de Malherbe eut dîné il s'endormit dans une chaire \ et comme Monsieur de Rouen le pensa réveiller pour le sermon, il le pria de l'en dispenser en lui disant qu'il dormiroit bien sans cela.

Il parloit fort ingénument de toutes choses, et avoit un grand mépris pour les sciences, particulièrement pour celles qui ne servent que pour le plaisir des yeux et des oreilles, comme la peinture, la musique et même la poésie, encore qu'il y fût excellent; et un jour comme Bordier se plaignoit à lui qu'il n'y avoit des récompenses que pour ceux qui servoient le Roi dans les armées et dans les affaires d'importance, et que l'on étoit trop ingrat à ceux qui excelloient dans les belleslettres, M. de Malherbe lui répondit que c'étoit faire fort prudemment, et que c'étoit sottise de faire des vers pour en espérer autre récompense que son divertissement, et qu'un bon poëte n'étoit pas plus utile à l'État qu'un bon joueur de quilles.

Un jour qu'il se retiroit fort tard de chez M. de Belleb avec un flambeau allumé devant lui, il rencontra

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