Chaire, chaise, fauteuil
PAl; RACAlf. 19
M. de Sain ilhomme de condition, parent de
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Il a toujours été fort adonné aux femmes, et se vantoit en sa conversation ordinaire de ses bonnes fortunes et des merveilles qu'il y avoit faites.
Un jour, en entrant dans l'hôtel de Sens, il trouva dans la salle deux hommes qui jouoient au trictrac, et qui disputant d'un coup, se donnoient tous deux au diable qu'ils avoient gagné. Au lieu de les saluer, il ne fit qutï dire : « Viens, diable, viens, tu ne saurois faillir: il y en a l'un ou l'autre à toi. »
Il y eut une grande contestation entre ceux qu'il appeloit du pays d'adieusias, qui étoient tous ceux de delà la Loire, et ceux du pays de deçà, qu'il appela~du pays de Dieu vous conduise : savoir s'il falloit appeler le petit vase dont on se sert pour manger du potage une cuiller ou une cuillère. La raison de ceux du pays d'adieusias, d'où étoit Henri le Grand, ayant été nourri en Béarn, étoit que cuiller, étant féminin, devoit avoir une terminaison féminine. Le pays de Dieu vous conduise alléguoit, outre l'usage, que cela n'étoit pas sans exemple de voir des choses féminines qui avoient une terminaison masculine, entre autres une perdrix, un met à boulanger ou de pressoir. Enfin cette dispute dura si longtemps qu'elle obligea le Roi à en demander avis à M. de Malherbe, lequel ne craignit point de contester, et lui dire qu'il falloit dire cuiller, et non pas cuillère, et le renvoya aux crocheteurs du port au Foin, comme il avoit accoutumé; et comme le Roi ne entoit pas condamné du jugement de M. Malherbe, I! lui dit ces mêmes mots: « Sire, vous êtes le plus absolu roi qui aye jamais gouverné la France, et si vous
n* la Loir«* un moins
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ordinaire, et disoit que nous n'entendions point la finesse des langues que nous n'avions apprises que par art; et à ce propos, pour se moquer de ceux qui faisoient des vers latins, il disoit que si Virgile et Horace venoient au monde, ils bailleroient le fouet à Bourbon et à Sirmond
Il disoit souvent, et principalement quand on le reprenoit de ne suivre pas bien le . sens des auteurs qu'il traduisoit ou paraphrasoit, qu'il n'apprêtoit pas les viandes pour les cuisiniers; comme s'il eût, voulu dire qu'il se soucioit fort peu d'être loué des gens de lettres qui entendoient les livres qu'il avoit traduits, pourvu qu'il le fût des gens de la cour; et c'était de cette même sorte que Racan se défendoit de ses censures, en avouant qu'elles étoient fort justes, mais que les fautes qu'il lui reprenoit n'étoient connues que de trois ou quatre personnes qui le hantoient, et qu'il faisoit des vers pour être lus dans le cabinet du Roi et dans les ruelles des dames, plutôt que dans sa chambre ou dans celles des autres savants en poésie.
Il avouoit pour ses écoliers les sieurs de Touvant, Colomby, Maynard et de Racan. Il en jugeoit diversement, et disoit en termes généraux que Touvant faisoit fort bien des vers, sans dire en quoi il excelloit; que Colomby avoit fort bon esprit, mais qu'il n'avoit point le génie à la poésie; que Maynard étoit celui de tous qui faisoit le mieux les vers, mais qu'il n'avoit point de force et qu'il s'étoit adonné à un genre de poésie auquel il n'étoit pas propre > voulant dire ses épigrammes, et qu'il n'y réussiroit pas, parce qu'il n'avoit
pas uni d-- pointe; pour Bacau, qu'il
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son père, et M. B ■• M 11 aven lui COBDBM M
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première et la plus honorable étoit de les arm
(u'il n'y avoit alors point de gu-rn- quVn Suède ou en Hongi i»1, il n'avoit pas moyen de la ch»Tcli- r •^i loin, à moins que d»* vendre tout son bien pour fa son équipa i frais d»* son voyage.
La seconde étoit d»- demeurer da: pour liqui-
der ses affaire, qui eurent fort brouill celle-là
lui plalsoit le moin<.
I : troistMM • •* PU li se marior, sur la ci aroit de trouver un bon parti dans lVspérance q auroit de la suoeessJon de M-' d*' BeHegarde, qui m lui pouvoit manquer : à cela il disoit que cette suc sion seroit peut-être longue à venir, et qu<* cependant, épousant une femme qui l'obli?*roit. si Hle étoit mauvaise humeur il seroit contraint d'en souffrir*
Il lui proposoit aussi de se retirer aux champs à faire petit pot; ce qui n'eût pas été séant à un homme de son âge, et ce n'eût pas été vivre aussi selon sa condition.
Sur toutes ces propositions dont Racan lui demandoit conseil, M. de Malherbe, au lieu de lui répondre directement à sa demande, commença par une fable en ces mots :
« Il y avoit, dit-il, un homme âgé d'environ cinquante ans qui avoit un fils qui n'en avoit que treize ou quatorze. Ils n'avoient pour tous deux qu'un petit âne pour les porter en un long voyage qu'ils entreprenoient. Le premier qui monta sur l'âne, ce fut le père; mais après deux ou trois lieues de chemin, le fils commençant à se lasser, il le suivit à pied de loin et avec beaucoup de peine, ce qui donna sujet à ceux qui les voyoient passer de dire que ce bonhomme avoit tort de laisser aller à pied cet enfant qui étoit encore jeune, et qu'il eût mieux porté cette fatigue-là que lui. Le bonhomme mit donc son fils sur l'âne et se mit à le suivre à pied. Gela fut encore trouvé étrange par ceux qui les virent, lesquels disoient que ce fils étoit bien ingrat et de mauvais naturel, de laisser aller son père à pied. Ils s'avisèrent donc de monter tous deux sur Pane, et alors on y trouvoit encore à dire: « Ils sont donc bien cruels, disoient t les passants, de monter ainsi tous deux sur cette « pauvre bête, qui à peine seroit suffisante d'en porter « un seul. » Comme ils eurent ouï cela, ils descendirent tous deux de dessus l'âne et le touchèrent devant eux. Ceux qui les voyoient aller de cette sorte se moquoient
P.\i; BACAIf.
ix d'aile i courant soula 1er Tan on
l'autre petit Ine. ainsi ils ne rarent Jan ai< aller
ai :•••■ de tout 1»' monde; c'est pourquoi ils résolur faire à leur volonté, et laisser an monde la Ube d'en Juger à sa fantaisie. Faites-en de même, 'lit M Malh'T pour U \t quoi que
vous pu i, vous • généralement
approuvé de tout le monde, et l'on tro DUJOUri
à redire en votre conduite. »
>re qu'il reconnût, comme nous l'av« i dit,
i il disoit qu'il étolt hérétique en poésie, pour
litement «la ervatioo partion
renient de quoi il le It :
Pre nt, de rimer Indifféremment aux terml-
en mil . comme innocence et puissance,
tnd et prend; et rouloit
qu'on rimât pour ix aussi bien que ; cor les
i, il le reprenoit a rimer le simple et le
four et jour, il vouloit pas ai. . il rimât »js mots qui avoient
niKjne, ééfi rs et M ou-
bit peint n«m plu que l'on rimât . qui déri-
Toient . . comme adnteU ure,
■ m, et qu'il disoit qui lent de
m- tire. Il ne vouloit point qu'on rimât tes noms
propres les uns contre les totres, oosasi ^aiie et
Italie, distille et liastiH- \ ire; et
■ur la au il étOil devenu >l,rlgide en ses rimes qu'il afolt
même peine à souffrir que Ton rimât les verbes de la termination en er qui avoient tant soit peu de convenance, comme abandonner, ordonner et pardonner, et disoit qu'i's venoient tous trois de donner. La raison qu'il disoit pourquoi il falloit plutôt rimer des mots éloignés que ceux qui avoient de la convenance est que l'on trouvoit de plus beaux vers en les rapprochant qu'en rimant ceux qui avoient presque une même signification ; et s'étudioit fort à chercher des rimes rares et stériles, sur la créance qu'il avoit qu'elles lui faisoient produire quelques nouvelles pensées, outre qu'il disoit que cela sentoit son grand poëte de tenter les rimes difficiles qui n'avoient point encore été rimées. 11 ne vouloit point qu'on rimât sur malheur ni bonheur, parce qu'il disoit que les Parisiens n'en prononçoient que Vu, comme s'il y avoit malhur, bonhur, et de le rimer à honneur il le trouvoit trop proche. Il ne vouloit non plus que l'on rimât à fiante, parce qu'il l'écrivoit et le prononçoit ainsi avec deux m : flamme, et le faisoit long en le prononçant; c'est pourquoi il ne le pouvoit rimer qu'à èpigramme. Il reprenoit aussi Racan quand il rimoit qu'ils ont eu avec vertu ou battu, parce qu*il disoit que l'on prononçoit à Paris ont eu en trois syllabes, en faisant une de Ve et l'autre de Vu du mot eu. Outre les réprimandes qu'il faisoit à Racan pour ses rimes, il le reprenoit encore de beaucoup de choses pour la construction de ses vers, et de quelques façons de parler trop hardies qui seroient trop longues à dire, et qui auroient meilleure grâce dans un art poétique qu'î dans sa vie. C'est pourquoi je me contenterai de
l'Ali li.W.A.N.
t ne remarqui point dont ils étoi-
en coi
Au Dt que M. de Malherbe vint à la
ir, qui fut en 1605, comme nous i îéjà dit, il
- de faire 006 pause au trol
la lu'il fit pour le Roi allant '*n Limousin, où il j .\ ou trois où le -t empor au
. .me Do nus ne
p-ut-ôtre quelques autres dont Je n- dm souvi>Mi présent :
t que le 1-esoin excite son désir, Qu l'en ta largesse il ne trouve à choisir?
fct par ton rnand- munt. l'air, la mer et la 1er .\ :.t tiennent-ils pat * secrète l"i de se faire la guerre A qui d" plus de mets fournira ses repas?
ura toujours en c**tt«- négligence pendant la d«* il ••: ri '.rand, comm»* il so \ re en la pièce
qui conn
Que n'etes-vous lassées, en la s« premier vts est :
Que ne cessant m^ larmes,
qu'il fit pour M— la Princesse1, et i- w 'il n'a