‹ Œuvres poétiquesChapitre 2 sur 54 · L'£SP£M£ICE · texte numérisé non relu

L'£SP£M£ICE

Sur le chemin désert rien ne paroit enpore :

u 11 devoit cependant suivre de prèâ Taurore f

» Sa lettrele disoU ^ qui peut le reténir ? »

£t le trouble déjà nait au sein du plaisir.

Sur laride coteau , sur la brûlante pierre ,

Elle attend immobile y elle attend solitaire ^

Lentement du soleil le char baisse et s^enfiiit:

Son trouble, par degrés, s'accroît avec la nuit.

Tout se tait, lombre augmente, elle respire à peine :

Elle écoute. , un coursier fait retentir la plaine ;

Apas bruyants^ pressés, il approche, il SendTair:

C'est lui, .dieux! oui, c'est lui... Plus prompte ^ueTéclair,

Elle Tole d^amour « d'allégresse éperdue ; .

Elle approche. O surprise! à terreur 1 à sa vue

Un étranger paroit... Il s'arrête égarée

Son œil est abattu , son front décoloré :

« 0 ]!Iina,Totre amant. «. Ciel ! qu'allez-yous m*apprendre?

» Leverrai-je bientôt? j'attends... Cessez d'attendre,

» Il n'est plus... » A ces mots qui la glacent d'horreur^

Rina reste sans yoix > sans force , sans couleur ;

S6« yeax cessent de voir dans leur tegard-fitrouche ; St8 sanglots étouffés expirent sur sa bouche ; Elle tombe , et bientôt succède k ce transport Un long accablement , image de la mort. - Trois fois le jour naissant fait pâlir les étoiles , Trois fois la sombre nuit a déployé ses voiles : O prodige !. elle sort d'un paisible sommeil , Ouvre des yeux serem^^ sourit à son réveil , Voit autour de son lit sa famille assemblée»

Ses frères attendris^ sa mcic désolée 5 S'étonne 9 veut savoir la cause de leurs pleurs , Et de sa folle )oie augmente leurs douleurs.

Un triste égarement a comblé ses misères ; Mais semblable à ces feux , ces lampes funéraire Qm reiUent'dans la tombe au milieu des déhris , Son cœur brûle toujours^ du même amour épris. Du Dieu qui Taffligea la tendre providence A cette infortunée a laissé r£8|||ance. < Intéiessant délire ! heureux songes d'amour I (c Sonamantn est point mort, elle attend son retour.

36 ' L'£S?£ftASGE.

Iiadosc«iUa8ioBaeoloréae»«barinca: . < *

«( Consolez- Y0U6 ^ dit^Ue, amis ^ séchez vos larmes ^ » n me Ta bien promiff^ il leyieniUtt demaiii. » De ses plus beaux habits se parant à dessein » £Ue sème de iieurs la diambre nuptiale , o Cueille un bouquet pAf lui ; dès Tatbe matinale * Sort 9 retrouve la pierre et le fiital chemin ; Et ToBil fixé sans cesse en un«rague lointain Croit ^ poursuivant dans Tair de bizarres, images, L^entendre dans les vents , le. voir dans Us nuages. Solitaire» immobile » elle attend tristement » Semblable a la Douleur, sur un froid monument* Le jour fuit ^ rien , hélas 1 ne paroit sur la route : a n ne tient pomt ! demain il reviendra sans donte» a Dit-éUe^ et lentement f les yeux mooiUésdepleaifs^ Elle rentre à la ville en effeuillant ses flenia Elle rentre, et ce coeur, qu'un fol amour dévore. Languissant vers le||||pr,'te ranime à ranrore. Chaque anrore la voit, dans on trouble noaveaii > .CucsUir eneor des fleurs, retourner au eoteau ,

JPQfiME. tj

lAtarroger le Piâtù ému de sa nnaère i *

Qui d*UA récit trompeur sait flatter sa diimère ; £t sans soin du passé , coinme sans souvenir ^ Du triste lendonaili kk^ nu doux aTenir* J«uir Técat long-tempa cette Tictame aimaUe; Et quand la mort enfin» dix ans impitoyable»

A celui qu'elle aimoit voulut Qnir son sort , Assise sur la pierre» èlle sîtteadoit eueor.

L*humUê j^ime coutrit sa dépouille touchante^ Et dans un soir d*été^ ^piand la nuit indolente • Mêle «fte ombie douteuse aux fisux mourants ditîour» Le vojageur sensible « et qui connut ramoni 9 * Croit voir» en approchant du coteau romantique» S*éleyer de Nina Tombre mélancolique* Le silence» la nuit» ce simple monument »

Tout le jette en un tendre et long recueillement; Et d^un amour si rare admirant la constance » n rend grâces au ciel créa TEspérance.

38 L'ESPÉRANCE

Et moi y ^and les pajtis entourés d'^échafauds De TEtÉl déchiré •'arrachoient les lambeaux $ Quand » plus terrible encor , le démon de la guerre Du NU au Zu jderzée ensanglantoit la terre , Ponnmîri , dépouillé , mais conservantrhonnenr. Par d*indignes amis trahi dans mon malheur ^ Misérable roseau , battu par la tempête , Soùs un ciel plus serein j'ai relevé ma téte* Ans. jours de Tinjustice et de Fadveisité^ Par rSspérance seule en secret vinté.

Dans le silence alors j*ai béni Tlmmortelle : Depuis j'ai médité ces chants d*amour pour elle.

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