FIN OU POEME
ÎÏOTES.
Page 3^ vers 12.
Qaand àa yfUSSMk é*Aaen la lyre harnonîmue Peint U nait étemelle et Tuiti^ae chaos.
La fable de Pandore nous a été conservée par Héâodey dans son poëme intitolé t fiyy« mm H^ff«f
(les Travaux et les ^ours).
Page 7j vers i5.
O du premier hymen incffablrs my&lèreA l
43 NOTES
Prima et TMta eijpronuba /uno J>ant signum s futttrâ ignea et eonêWtM œtkor ConaubiU, eummoque utMmnt vertiee Nymphat»
MntD» lib. IT» 166 els«qq.
Page 9^ vers 6.
Dans un ailcnce affreux parcourent ruoivert*
Hésiode dit que Jupiter priva de la voix les maux qui parcourent nuit et jour l'univers , afin que lliomme ne pût prévoir leur poursuite» ni échapper
\ leurs coups \ JSamque vocem exemit prudens IttpiUr^ '
Page 18, vers i.
Bcïuc fois la Pauvreté , robuste et conragenac , Bavit an sol fangeux à la mer orageuse»
Ce double prgdige de Tindustrie des hommoes est de nos temps mod^nesj et Ton voit d*abord qu'il s'agit ici de Vcpisç et de la Hollande.
Fl« D£S KOT£S.
V ?lu dahant luetu
D*Achille aux pieds légers et du vaillant Hector Dit aux aièdet la gloire el nUaalie querelle, Mé4itaiit de ses chants la pensée immortelle. Consulta d'Jlion la plaine et les débris j Mais tiientftt, pour orner de si nobles récita. Dans la nature entière il chercha des images : Il osa , du Mélès quittant les doux rivages ,
LE
Emporté sur les eaux vers des cUnuits lointaios> Aux Déités des mers confier ses destins.
Appelés par Thétis de leurs grottes humides « Les farouches Tritons , les blanches Néréides Entouroient le vaisseau du Chantre aimé des dieux. Des flots qui se courboient sous ce poids précieux ^ Un vent léger^ ridant la surface azurée ^ Le portoit sans péril sur cette mer sacrée ; Et 9 dans llieureux accord des ondes et des airs ^ Le Poète à ses yeux^ sous mille aspects divers ^ Voyoit se déployer les ports ^ les monts , les lies. L'humble et stérile Ithaque» et la Crète aux cent villes » Et la noble My cène , et la superbe Argos ^ Et TAulide où la Grèce assembla ses héros.
Autour de ces rochers , dont la douce verdure SemUe au loin de Délos composer la ceinture » Il va, revient, puis vole a ces bords merveilleux^ Où , sous un ciel brûlant > le Nil mystérieux , Sortant , le front voilé , de ses grottes profondes , Verse aux champs désolés ses paternelles ondes.
Ce ikave bienfiûsant répandant ses trésors ; Les palais fastueux entassés sur ses bords ; L'opulente Memphis , et ses temples antiques y Ses innombrables .dieux 9 ses fêtes symboliques \ Thèbes qui, de ses murs vainqueurs des nations , Par cent portes d^airain vomit cent bataillons ^ Ce peu{de industrieux , et eettc terre heureuse ^ Sévère dans ses lois, dans ses travaux pompeuse^ Tout attiroit^ cbarmoit ses avides regards Les moeurs , les mo'numénts , la nature etles arts. C'est alors que sa muse enfimta des mirades : Dje la terre et des cieux les plus brillants spectacles. Les combats, les amours ^ les jeux et les travaux y Tout Tunivers enfin anima ses tableaux, TantAt riants et doux» tantôt fiers et terribles.
Sens-tu d*nn feu divin les flammes invisibles , Jeune homme ? et ce grand nom , à nul autre pareil ^ Vient-il, au semdes nmts, agiter ton sommeil?
Sais-tu tous les récits de ce sublime Homère» Ulysse et ses travaux » Achille et sa colère? Oseras-tu tenter^ disciple audacieux, De suivre, en l'adorant, eet aigle dans les eieux? Eli bieft I qtdtte la vifie et tous ses vains prodiges : Ta muse trop long-temps ^ livrée à leurs prestiges y Des poètes fameux dérobant les pinceaux , Affi)iblit c^ufeurs, et gâta leurs tablesus.
Imite encore Homère , amant de la natnré ; £t, laissant ces jardins dont Varide culture Doit à Tart et sa grâce et sa froide beauté.
Va , traversant la terre , on- sur Fonde emporté, Gberchersous d*autrescieux, sur delointainsrivages. Des sites plus hardis , de plus grands paysages.
O voyage enchanteur^ pour la gloire entrqprist Des muses, des beaux arts , depuis long-temps épris. Jeune, ardent, curieux, enivré d espérance.
Déjà je crois t'entendre , en ton impatience , Técrier en partant : L'univers ést k moi!
Que le Goût cependant le parcoure avec toi :
DU POÈTE. 49 Dans le Nord^ où Thiver, tyran de la nature^ Plaça son trône afireux sur des monts sans verduTe , Qu'un caprice insensé n entraine point tes pas $ Laisse^ sur leurs sommets hérissés de frimas » Le Barde fabuleux » entouré de nuages^ Au fracas des torrents mêler ses chants sauvages. Ce fut dans des climats plus doux et plus heureux , Où de Tastre tlu jour le regard amoureux , En fécondant la terre» ennoblit ses spectacles , Que jadis l'Épopée enfanta ses miracles ; C'est là qu'il faut voler : sous des deux enchantés». Embaumés de parfums» inondés de clartés , Du fertile Midi les superbes campagnes Déjà s*ofrrent à noùs ; gravissons les montagnes Qoibomenices beaux champs, qu'entourent ces beaux cieux : Vois-tu de leurs hauteurs s'étaler à tes yeux Les vallons , les coteaux» les plaines verdoyantes» La mer» la vaste mer» ses rives blanchissantes» Et le ciel qui s^abaisse et Ta joindre les flots? La mer! quels grands effets et quels mouyants tableaux
5o LE VOYAGE
Elle offre à tes regards ! Tantôt calme , tranquille , Sous un ciel azuré , sa surface immobile S'enrichit des couleurs et des feux de TÉther : On n*entend aucun bruit dans les plaines de l'air. Tantôt un vent léger ^ d'une aile caressante Effleurant ^ soulevant son onde frémissante^
Fait glisser sur le flot» doucement agité , Le vaisseau qui décroit par la voile emporté. Tout estpur, l'air, le ciel, les eaux... D'affreux prages Vont bientôt les troubler. D'abord d'épais nuages , D'on.cours silencieux s'avançant dans les airs , Comme un voile funèbre enveloppent les mers; Tout se tait... Au milieu de ce silence horrible Le tonnerre , élevant sa voix sombre et terrible. Éclate , fend la nue ; et les cieuic entr^ouverts , A la pâle clarté des livides éclairs.
Montrent de nouveaux cieux et des plaines ardentes. A ses coups redoublés ^ les vagues écumantes Répondent par de longs et sourds mugissements; Les vents à ce fracas mêlent leurs sifflements j
DU POÈTE. 5i Le flot s'enfle en montagne , on se crense en abime ; • ' Admire la tempête en son horreur sublime :
L*eau^ la foudre^ les vqnts redoublent leurs dameura^ Mais bientôt ^ épuise par ses propres fureurs , L'orage s'affoiblit , les Aquilons se taisent ; hea âoU encor émus plus lentement a'apaisent ; Le tonnerre en grondant s*eniuit„.Du haut des cieux L^astre aimable des nuits , voyageur radieux , Des nuages brisés ehassant la foule errante.
Verse sur les rochers sa lumière tremblante. * Poursuis ton beau voyage à ses douces clartés : D'antres tableaux vont naître à tes yeux enchantés. Déjà Toiseau des nuits suspend ses chants funèbres^ Uaube pâle , incertaine , a percé les ténèbres ; L'Aurore^ par degrés^ mêle à ce jour douteux La pourpre de son voile et l'or de ses cheveux. Cependant^ à travers la vapeur matinale »
Tel que Pépoux quittant sa couche nuptiale , IiO soleil a paru : sur son ebar immortel , Géant superbe , il monte aux campagnes du cid»
5a LE VOYAGE
Embrase Tuiiivers de ses clartés fécondes , Semble , aupluftfaautdesairs, sur Tabime desoBdes» Immobile , arrêter son œil étincelant; Et d*un yol , par degri^s , plus tranqaUle et plus lent. Penchant yers TOcéan sa téte appesantie > S'éteint au sein des eaux , tel qu'un vaste îno^die* Ébloui des splepdeui^ du monarque des cieux.
Repose autour de toi ta pensée et tes yeux :
Ici s^étend des prés la verdure liante ; 0 Là roule en longs flots d'or la moisson ondoyante § Ce beau lac réfléchit d'un ciel tranquille et pur Le» nuages légers et nag^t dans Tazur ; Sur ce çoteau paré de gazons et d'ombrages , L'humble hameau se montre à travers les feuillages; Du soir mystérieux les suaves vapeurs Confondent par degrés les formes , les couleur»; Tout s'éteint , tout s^efiace , et la cité lointaine » Aux rayons du couchant > dans Tair dessine à peine Ses gothiques créneaux et ses superbes tours. Un fleuve , sVgarant en de vaipies détours,
A travers ce Talion , dan» ces plaines heureqses Promène mollement ses ondes paresseuses.
'Sur ses bords émaillés bondissent les troupeaux; De riunoccnt berger les rustiques pipeaux Des vastes champs de.rair et de la mer immense Troublent seuls» par leurs sons, le ravlsiantsilence4 A ces tableaux tracés ]g§x d'immortelles mains, Compare al^ors Homère et ses tableaux divins : Ton esfét , admirant leur naïve peinture , En le lisant croira voir encor la nature.
Fautril pour t'émouvoir d'autres enchantements? Qbercbe un désert peuplé d'antiqu^ monuments ; La nature, toujours éclatante et nouvelle.
Mêle à leurs vieux débris sa parure immortelle : De ce contraste heureux le voyageur surpris • S*arréte^ et> quelquefois debout sur cçs débris. Admire , en remontant Tobscur torrent des âges , Les empiras détruits, les guerres ^ les ravages , '
La ten e dcvorant les vaincus , les vainqueurs , Et le néânt de rhomme et ses yamés grandeiirs. Ces sites consacrés à la mélancolie y Gourons les demander à l'heureuse Italie :
O terre de Saturne ! ô doux pays ! beau ciel ! Lieux ou chanta Vir^e , où peignit Raphaël l Terre dont rien jamais n'a^trpassé la gloire. Grande par les beaux arts , reine par la victoire ! Sans respect; sans amour^ qui peut toucher tes bords? Que de belles cités ! que de riches trésors ! Quels spectacles i quels lieux! Milan ! Parme I Vicence l La superbe Venise , et l'illustre Florence !
- Ferrare où Calliope a médité des chants; Les chefiMl œu^vre nouveaux^ et les vieux monuments y L'Italie et la Grèce ensemble confondues ; Les palais , les tombeaux , un penj^e de statues. Et la toile animée , et partout réunis Les beaux temps des Césars, et ceux des Médicis ! Partout les descendants de la reine du monde Bessu^itent sa gloire, et la terre féconde
Bend lltalie mBti€[iie à lem iieMe»e8brU.
Borne ! e'est toi surtiput qu'appellent nos transporla :
La YoUà donc enûn cette ville sacrée.
De tombeaux 9 de déserts tristement entourée! O mfiange inouï d*opprobfe et de grandeur !
La Reine des cités a perdu sa splendeur ; Le silence est assis sous ses voûtes antiques : Cependant de palais ^ de temples , de portiques* Quds immenses débris ensemble confondus !
Sur ces arcs mutilés , vingt fleuves suspendus ' Versoient en frémissant le tribut de leur onde; Ce temple fut paré des dépouilles du monde i Par ces portes sortoient les fières légions; Voilà ce Capitole , effroi des nations !
De là , semblable aux dieux^ Rome lançoit la foudre ^ Làf les rois interdits et le front dans la poudre > Aux portes du sénat oubliés , sans bonnenr, Attendoient pour entrer leis ordres d'un licteurs- A ses pieds f aperçois cette place fameuse Où s'agitoit, semblable à la mer orageuse >
te LE VOYAGE
Ce peuple ambitiei^ , in^glenty importun»
Tyran du inonde entier^ esclave d'un tribun.
. Ordonne : et de» béros , panni4:e8 beaux décombres» L'imagination ita. t'évoquer les o^ibres s Que lei^r^ rangs sont pressés! Déjà de toutes parts Sortent ces fkm fSA&nts de la jGMe de Mars, Honnevf de sas cmaeilf 9 appui de «ea mvnailles 9 Quilabouroient Içurs cbampa etgagnoient des batailles. Plus habiles, moins grands, paroissent après eux Les redontables fils de ces p^re^ f ame w « Entoori de spldala» I4tmiis inflexible A ses pqjrtes s'assied tel qu'un spectre terrible; Sylla , couvert de sang et suivi d'assassins ^ Dans le sang plonge eneor ses parricides mains ; fentenda de Gicéron tonner la voix sublime ; P(Hnpée % aj^ui trompeur deTEtat qu'il opprime. Brille sçul un moment j mais son rival parolt \ n tombe» Rome sert» e€ la terre se tatt« D'illustres conjurés » dans leur joste fmie $ Frappent le grand César 9 sans sauver la patrie»
su PO£T£. 57
Et les Romaiiis , par eu mécoimus trop long-temps, A la place d'un maitre ont reçu trois tyraps. Ces numstees , les ¥ois-tu , de sang insatiables, Releyer de Sylla les tables effroyables ; Transformer en bourreaux leurs farouches .soldats. Et y volant d*une orgie à des assassinats.
Faire wm làdie trafle des plus grandes mlimes? . Par des crimes «mis , divisés par des eiimes, ils ébranlent la terre, ils marchent, opposant ritalie à TÉgypte, et Taurore au couchant* Tonrae ici tes regards : enfin rbenreus Oelave, ' Geint d'un triple launer, rentre dans AomeesdaTe; ' Traînant ces vib Romains attachés à son char ^ Il rentre» rordo monde, héritier de Càar, Et, pliant à son gré son aArenz earaetère , Devient prince clément de tyran sapguinaire.
Rome de ses débris sort plus belle k sa voix j Et 9 dans Theareux loisir de la paix et des 1ms 9 Tandis qu'aux jeux du cirque, aux pmnpes du théâtre > S' empresse un peuple entier, de ces jeux idolâtre.
Sa main d'un grand pouvoir pose les fondemenis.
Ils sont debout encor ces vastes monuments Où^ parles mêmes jeux, de ces Romains volages Ses cmcls successeurs mendioi^nt lês suffirages. Parcourons leurs détours obscurs^ silencieux : Jadis , aux feux naissants d'un jour pur , radieux , Des flots de spectateuii inondoxent ces portiques : JSe crois-tu pas les Toir ces fêtes magnifiques^ Dignes d*un peuple-i^oi, dignes des immortels ? L'encens^ de tous côtés , fumoit sur les autels ^ . i Aux chants religieux de la pompe sacrée Se mttoient les transports de la foule enivrée. Les cris des conducteurs , le bruit confus des chars j Sur CCS marbres brisés s'asseyoient les Césars ^ L'or , la pourpre flottoient sur Tarène embrasée; Des voûtes les paifbms descendoient en rosée ; De ces gouffres sortoient^ trainés par des soldats , Ces tristes combattants dévoués au trépas :
C*est ici qu'ils tomboient ; là » des vierges, timides Se levoient en silence , et de meurtres avides «
Proscrivant le vaincu par un geste fatal ^ De sa mort^ sans pâlir y donnoient Taffrcux signal» La victime expiroit ; et ces peuples féroces , De leur joie inhumaine et de leurs cris atroces , Ébranloient cette enceinte et fatiguoientles cieux. O Rome ! dont f abhorre et les mœurs et les jeux , Même alors que l'admire et vante ton génie > Que ton sort est changé 1 qpe le ciel t'a punie ! L'herbe croit dans ces murs où brilloicnt tes splendeurs ; . ^ Ta campagne n*a pins ni troupeaux ni pasteurs f Et Babjlone et Tyr^ du dieu vivant frappées > Dans un deuil moins a^reux furent enveloppées. Ah ! portons nos regards sur de plus doux objets : A travers ces déserts arides et muets Nous volons dans toji sein^ 6 Campanie heureuse > Jadis du peuple-roi retraite merveilleuse , Et chérie à h fois de Bacchns et Gérés!
Salat^ tranquilles mers ^ beaux cieux , temples , palaU !
6o LE VOYAGE
Là , parmi les débris de Rome et de la Grèce ,
La nature apparoit brillante de jeunesse ;
Là , de fleurs couronnie» et btaTant les Tolcans,
Maples s'élève encor^ triomphante des temps ,
Et de son doux climat^ de son beau ciel éprise^
Semble^ au bord de ces mers tranquillement assise.
De ses bras entr'onverts pressant leurs flots soumis.
Oublier le Vésuve et ses feux endormis. ^
Dans ce calme trompeur , la montagne effroyable
Soudain rend un bruit sourd , lugubre^ épouvantable :
Typhon 9 Tafireux Typhon , de ses flancs caverneux
Sort, lançant les rochers, les cendres, et les feux.
S'élève jusqu'aux deux en gtfbes menaçantes.
Précipite en torrents ses laves dévorantes ,
Engloutit les cités , fait i^eculer les mers.
Etp soulevant la terre, et les eaux, et les airs^
Portant partout la mort , Thorreur et les ravages^
S'abime dans les flots au milieu des orages.
Il expire : aussitôt les peuples ranimes
Vont reporter le soe sur leurs champs consumés.
DU POÈTE. Si
Bientôt , sur ks cités au tombeau descendues ,
De nouyelles cités s'élèvent suspendues.
Dans ces lieux , qu'ébranla tout Tenfer eu courroux^
Les cieuxsemblcntpluspurSy les airs semblent plus doux.
Et , sur les noirs torrents des laves refroidies ,
Flore jettes en riante l'émail de ses prairies.
Dans ce brillant parterre allons cueillir des fleurs ^
Osons y du mont fatal gravissant les bauteurs ,
Voir de son gouffre ardent la bouche encor iumante }
Ou , doucement portés sur l'onde transparente ,
De Naples vers Misène avançons lentement :
Qui peut voir, sans fonsport , m tableau si charmant?
Ces golfes entourés de rives parfumées ;
Ces lies , sur la mer avec grâce semées ,
Que pare le printemps , que caressent tes 4ot»;
LeriantPÉusilqppe elsefrcharmanls coteaux;
Pouzzole , Gumes , Bue à Vénus consacrée ,
Lieux où Rome accourant , de plaisirs altérée ,
Retronvoit au mUieu des trésors de Palès
Se* déiMuchet » son laie , et ses riches pahu;
Les beaux lacs qui baignoient ces fertiles campagnes»
Taris par les volqans , comblés pac les montagnes |
Cette côte enchantée et ces champs merveilleux^
Attaquës.par les eaux 9 suspendus sur des feux»
Tourmentés, dévastés» ornés parla nature»
Et couverts de tombeaux , de ûeurs» et de verdure ?
O combien ces Romains si grands» si redoutés» . Se montrent grands ençor, même en leurs voluptés l Sur ces bords, dont jadis Rome fut idolâtre»
i Se pressoient les palais en vaste amphithéâtre ; Pour Élire place encore à des palais nouveaux» La mer» contrainte alors à reculer ses eaux , Sur leui^ restes épars £usant rouler son onde » Engloutit les timraux de oes maîtres du monde. Examine les monts, les plaines» les volcans ^ Cherche anmilieu deseauj^ce qu'épargna le temps ^ Interroge les lieux ; sur leurs bases antiques Relève les palais , les thermes » les portiques :
DU POÈTE. es
Souvemrs, monum^uts > dans ces magiques lieux. Tout charmera tm cceur , ton esprit et tes yeux. Là, tandis qae César, armé de son tonnerre.
Vers PEnphrate achevoit de subjuguer la terre , Faisoit aimer ses lois à cent peuples vaincus , ' Et , vengeant les Romains des affironts de Crassos, Brisoit les fers honteux de leurs aigles captives ; Sous ces ombrages verts, sur ces brillantes rives. Du Mincius errant le Cygne harmonieux, Épris de ces aspect», contemplant ces beans ciemr. D'un studieux loisir éternisoitles veilles.
Et dans ses vers sacrés transportoit leurs merveilles ; U, le Tasse , éloigné de ses persécuteurs. Respirant un moment après ses longs malheurs , Sur ces tableaux ëpars, si vrais, si magnifiques D*Armide composoit les palais fantastiques ; Là, de ces demi-dieux relisant les écrits , C(»nme eux de ces aspects, de ces tableaux épris. Des flammes dont brûlaient leurs muses immortelles Tu pourras recueillir 4c nobles étincelles.
Par la nature et Fart toar à toiw entraîné »
Des sites aux débris mille fois ramené ^
Tu yeux quitter enfin cette terre fameuse..*
Ah! retournons encor vers Borne malheurense :
A ses restes sacrés ^ à ses nobles douleurs ^
Redisons nos adieux > et reportons des pleurs.
Despkursl... Chantons plutôt sa splendeur immortdle:
Bome à mes yeux venait plus charmante et plus belle»
Eiiroi des nations! reine de Tunivers!
Ton ombre règne encore au milieu des déserts ;
Un empire succède à ton empire immense ^
Plus saint dans son berceau^ plus grand dans sa puissance;
A tes dieux destructeurs succède un Dieu de paix y
La Croix à tes fiisceaux, un templeà tes palais»
Fille antique de Mars ! de Jacob héritière !
Tu vois encore les rois, le front dans la poussière ^
Sans craindre ton pouToir , adorer ta grandeur ;
£t cet empire auguste et des siècles Tainquenr,
D'un royaume éternel source pure et féconde ,
Doit^ pour renaître au ciel, ûair avec le monde.
pu PO£T£. 65 IX faut j)artir eaûn ; les cris des matelots , Pour chercher d Autres bords y t*appellmt sur les flots ; A tes yeux l'Italie et ses rives lointaines Ont disparu ^ des vents implorant les haleines , Vers l'antique Orient , premier berceau des arts , Ta diriges déjà ta voile et tes regards.
Ahi reviens f imprudent! dans ces tristes contrées » Au Silence, à la Mort maintenant consacrées^ Sur vingt peuples détruits , sur leurs restes hideoz^ L'ignorance entassant des débris plus afireoz , Des Ages destructeurs a doublé les outrages.
Dans ces champs désolés parleurs communs ravages, Vainemefit Pétranger, plein d'un grand souvenir» Cherche Sidon détruite et la place où fut Tyc; Ici fut Uion, là Balbec gît sous Therbe ^ De Palmire, jadis opulente et superbe »
Au milieu des déserts le cadavre est couché : De temples, de palais, tout l'espace est jonché j Et des pâtres errants les peuplades grossières De leurs marbres pompeux ont bâti dîes chaundirei.
6ê LE VOYAGE
Tandit que le RoBuain outre un asffle aux arto , Rassemble avec orgueil leurs monuments épars ,
Et dispute au cercueil les restes de sa gloire ; Partout où Ta conduit sa fetale victoire»
Le stupide Ottoman , appelant les fléaux , - Fait régner la terreur et la paix des tombeaux. De ses nombreux enfants l'Egypte est dépeuplée ; La Grèce» hélas ! languit captive et désolée! La Grèce , honneur du monde et rivale des deux , Qubabitoient les beaux-arts , les héros et les dieux » Des temples qu'ont jadis bâtis ses mains divines N'a pas même en son deuil conservé les ruines: Ces restes précieux, des siècles respectés , Par d'affreux conquérants ont été dévastés , Et» sous ces vils mortels» triste et désenchantée^ Elle a perdu sa gloire » et ses dieux l'ont quittée.
Cependantsous quèb deux » chez qudpeupleinconnu»
O Grèce! ton beau nom u'cst-il point parvenu ?
DU POÈTE. 6i
Ce nom seul est un charme à Toreillc ravie :
Ah I dans ces jonrs d'ivresse où commence hi yie>
Où rhomme^ heureux jouet d'indomptables transports^
ITa de sa coupe amère efllcuré que les bords ,
Que de fois ^ dans un songe égarant sa pensée ,
De tes grands souyenirs ma jeune âme embrasée
Des siècles écoulés perçoit la sombre horreur I
Je naissois dans ces temps de gloire et de bonheur
Çui montrèrent au monde un prodige si rare :
Ifouvel Ai^acharsis» étranger et barbare^
J'accourois pour te voir des bouts de l'univers.
La tmème auxceDtsbrasm'emporioitsur tes mers ^
Mon œil ravi snivoit tes rives poétiques ,
Tes temples entourés de leurs bois prophétiques $
J'abordois dans tes ports ; de tes peuples heureuse
Je parloîs le langage , et j'adorois les dieuiR.
Ces dieuzétdent partout : ikpeuploient les catopagnes ,
Folâtroient sur les eaux, desceudoient des montagnes j
Ils pareonroient HÊther sur les ailes des vents.
Sws te9 belles cités ^ nonve^ux enchantements : .
Ces mottumenU pompeux^ acUnirafales modèle»
Où lart posa du goût les bornes étemelles , * Sortant de leurs débris j élevoient dans les cieua^ De leurs divins contours FensemUe harmonieux. Là le marbre s'anime et la toile respire ; Sous une main savante ici frémit la lyre; Et 9 du ciel descendue , à ses chants inspirés L*augQste Poésie unit ses chants sacrés.
Minerve» avec orgueil , sons ces riches portiqo6$ EUe-méme conduit ses pompes symboliques ; Baccbus paroit suivi d*nn cortège joyeux :
Tout un peuple enivré s'abandonne U ses jeux , Et, du sein d'une orgie accourant au théâtre» De Ménandre charmé, de Sophocle idolâtre »
Proclame leur victoire et les couvre de fleurs* Mais rÉlide m'appelle « et de nouveaux vûnqueurs Vont^ dans les jeux nouveaux que Pise leur apprête» D^un plus illustre prix obtenir la conquête.
La Grèce ici s*offroit tout entière k mes yeux : O touchant appareil! qpectacle merveilleux!
Ces rivaux dans Tarène étalant leur audace î La force que tempère ei qu'embellit la giftce; Le calme d'un ciel pur ; ces flots de qpectatenrs; Ces juges 9 ces autels et c^ dieux protecteurs; ^ Cent chars enveloppés d'une noble poussière , . Se croisant, se lmil;aitt|'li^|^daiis la lynièr^^
Les cris p^.^»M..«»^i^^^iîp|i|^^i^fr i.»» comoattani Et de crainte et d'espoir tous les cœurs palpitants; Mille cris répétés annonçant la victoire ; Cette ivresse de joie et ce comble de gloire , Tout enivroit mon cœur çt mes sens éperdus.
O Grecs ! quels dons sur vous le ciel a répandus! Au milieu de la foule attentive» attendrie »
Un liéros a paru, buveur de la patrie:
Soudain tous les regards vers lui se sont portés, C*est dans ces mêmes jeux qu'aux peuples enchantés Hérodote jadis récitoit ses Annales :
Les vainqueurs, oubliant leurs palmes triomphales^ Se pressoient pomr rentendre, et les Muses en duBur De ses sons cadencés iq^prouvoient la douceur. >
Ainsi donc, tour à tour, légers, brillans , sublimes. Même au seio des plaisirs vos transports unanimes Accueillent les talents , honorent les vertus !
Incomparables Grecs ! ne vous ai-je pas vus , ï)ans ce réve enivrant , ma plus douce chimère. Laissant le Dieu des jt^ts pour celui de la guerre , De votre fable antique effacer les exploits ^ Confondre à Marathon l'orgueil du roi des rois ; Dans les champs de Platée , aux bords de Salamine, De rOrient surpris achever la ruine, Et, partout où frappoient vos invincibles mains , Commander la victoire et changer les destins? O peuple aimé des dieux ! dans les champs du génie Quelle est la palme enfin que tu n'as point ravie ? Tes sages des humains furent les bienfaiteurs j Ils donnèrent des lois , ils réglèrent les mœurs ; Et , ravis dans les cieux par leurs pcnscrs sublimes. Des mondes infinis qui peuplent ces abîmes Entrevirent la cause et les vastes ressorts j L'éloquence t'ouvrit ses plus rares trésors ;
Tes poètes fameux ont , dans leurs doctes veilles , De la nature entière épuisé les merveilles \ Et d'Homère immortel et le culte et les yers Ne périront qu*au jour marqué pour l'uniTers* Ainsi brillent partout ta gloire et tes prodiges : Ton pays seul^ hélas ! de leurs nobles vestiges A peine garde encore un souvenir confus.
Fuyons ces tristes lieux où la Grèce n est plus : Jeune amant des beaux-arts , sur un lointain rivage Je veux d'aspects plus doux égayer ton voyi^. Voguons vers les climats que baigne de ses eaux ,Cette mer inconnue aux antiques vaisseaux , Où Vastre qui , toujours ardent , infatigable , Bépandf sans s'arrêter ^ sa flamme inépuisable^ Jadis , précipitant ses coursiers fabuleux , Dans les bras d'une nympbealloit chercher des ieux.
Sur ce bel Océan, dont les inumenses ondes Du couchant à laurore unissent les deux mondes ,
Ta LE VOYAGE
Autrefois Camoëns^ hardi naTÎgateur^
Voyageoit» en chantant cet homme plein de cœur.
Qui , le premier au sud se frayant un passage ,
Soumit les eaux du Gange aux Natàdes du Tsuge.
Poète courageux d'un mortel si vaillant »
Il vit du cap fatal l'effroyable géant ^
Évoqua de llndus Tombre majestueuse ;
Et montra son héros, sur l'onde impétueuse ^
Affrontant» sans pâlir. Argonaute nouveau^
Ces mers qui s*indignoient de ^porter son vaisseau.
Entraîné comme lui sur leur vague inconstante ,
Saint-Pierre, non moins grand dans sa prose éloquente,
S^arréta dans une lie au bout de Tunivers ^
Peignit ses^bois, ses eaux, ses tranquilles déserts »
De ses monts édatans les gigantesques cimes»
Son ciel pur et brûlant, ses tempêtes subUmes ;
Et dans ces grands tableaux , ahisi qu^aux anQieQS)0Uis ,
Pkçant de deux enfants les célestes amours ,
Fit aux monts , aux forêts , à la rive attendrie ,
Bépéter les doux noms de Paul et Virginie.
Cours , ainsi que l'ont fait ces nobles voyageurs , Aces climats pompeux emprunter des couleurs j Va puiser après eux à ces sources fécondes :
Ou plutôt, sans braver Tinclémence des ondes. Sans aller aux écueils , aux vents capricieux , Exposer tes destins moins protégés des cieux , Cherche vers le couchant déplus prochains rivages; Sous le tropique ardent, sur des mers sans orages , Livre aux vents alisés ton rapide vaisseau.
Sur les fertiles bords d'un monde encor nouveau , Dès qu'ils auront poussé tes voiles frémissantes , Descends , et traversant ces villes florissantes , Où, près d'un peuple enfant qu'étonnent leurs remparts La vieille Europe étale et son luxe et ses arts , Avide observateur, va dans la solitude De la Nature alors faire ta seule étude :
Visite la Floride et ses champs fortunés.
Dans ces riches déserts que ses mains ont ornés ,
;4 l'Es VOYAGE
Vierge auguste et séVère, ètte onxê en'^sesboyrages De plâs mâles beautés^ des grâces plus saunages y