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D'impénétrables bois» des monts prodigîea&^ De plus vives couleurs » un jour plus radieux.^ S*élançant des hauteurs d un roc inaccessible, Ccnune une vaste mer , la cataracte horrible l'ombe, eu poussant au loin d'eûrayantes clameurs ^ Et y frappant les rochers qu'ébranlent ses fureurs , £n tourbillons d'écume , en Tapeurs ondoyantes , S*élève et rejaillit sur ses rives bruyantes. Ailleurs» dans les forêts» sous Tazur d*uo beau ciel>
harmonie
Bëgne un profond silice » un calme universel j Au milieu de ce calme , k iWeilie Vavie • Je ne sais quelle ilpu^^e et lointaine Semble encor mîirmurèr dans Tépaisseur des bois : On diroit des esprits les gémissantes voix.
L'étranger s'égarant sous ces bocages sombres , Alors que le jour meurt et qi^e naissent les ombres^ Admire ce silence et ces bagues concerts » \, < Et le parfum des fleurs et la fraîcheur des a^rs» ^
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Des fleuves , des torrents , roi puissant et terrible , Le grand Méchascébé, quelquefois plus paisible ,
Promène en ces beaux lieux pompeusement ses eaux: Ose alors eôtoyer, en glissant sur ses flots , La eampagne brillante où^dans ses ehants snbBmesi De Tamour^ du devoir > égarant deux victimes. Chateaubriand peignit leur naïve douleur , La Tierge du désert s'éteignant dans sa fleur» De ces tristes amants les adieux lamentables , £t Dieu seul consolant deux cœurs inconsolables* Trop heureux voyageur! ces sites endiantés.
Dont partout tes regards demandoient les beautés. Dont cent fois te charma la brillante peinture. Les voilà : déroulant ses tapis de verdure.
Aux rayons du midi , la savane , à tes yeux , * S^étend vers Thorizon et se perd dans le cieux; Sans chefs et sans pasteurs , exempts d'inquiétudes , Dlnnombrables troupeaux , enCsints des 8olitu<lès , ' Errent sur les gazons > ou nagent dans les eaux.. La, le ûcuvc , coulant à travers des coteaux , '
Baigne dc^ bords couverts d'éclatants paysages j Sur 8C8 rives Ton voit des fleurs et des ombrages , On eu tend dans les bois de confuses clameurs. Mariant leurs parfums, leurs formes , leurs couleurs. Suspendus sur les eaux , groupés sur les montagnes , Mille arbres diilérents , dans ces ricbcs campagnes , Charmeront tes regards : sur leurs dômes épais , Le beau magnolia , noble roi des forêts , Lève son front paré de roses virginales ; Balancé mollement aux brises matinales , Le palmiste y élançant sa flèche dans les airs. Seul partage avec lui Tempire des déserts.
Le colibri dore sur les fleurs étincelle ] La coloml>e gémit j tout s'unit , tout s'appelle , Dans les bob , dans les prés , dans les airs , sur les eaux. Le liane flexible , entourant les rameaux.
Toi tombe en festons qu'un vent léger balance j Quelquefois, sYgarant, d'arbre en arbre s' élance. Court, s'abaisse, «''élève, et mêle à leurs couleurs Des chaînes de verdure et des voûtes de fleurs.
Le fleuve cependant poutsait sa course innnen^ :
Tonlèl 9 roulant «es tets dans un profond silence ^
géft^te» doucement a^té jpar leç JL,e« ^bre^ 2 ïe« rochers ^ ou^ç§ errants j
Tantôt a eptr^ deui; mont» pr^çiiuitaiit aça Fait 44M«r ai^ icoi^ ma It^m Toàtes pyoCo Sorl^ 4*^imio» 4^ %»gQ et d^ d^ia couvert ; De se9 £lpt# détK^fdéâ inonclq k désert ; Arfoio «ani «iUmaU peuplés ou solitaires; ^1» portanU dans «e§.eau;i^ cent flisuv^ tvibu(aû^€« ,
Vers rOcéan jaloux s'avance avec fierté ^ Ose du dieu surpris brayer la majesté ;
Et» du flq y ii upu iw ut lHfisantlcafoiWeacbata^.» Semlde wtrçr w ^aii^ueur dws ses va^faBj^ domaines.
Suf Çj^mmtf^^ii^f dm GeaiofiuUefilieuj;»
Hab^ un peuple ipanid et sauvage OQjçmç ; Le soUe ionérieain , digne des <!hants d'Honi^rç, Chassena peQ4wt 1» paii , Miros peii4aiDA ta guerre #
Sur les pas du cheyreuil s'élance dans les bois , 'OUf co|itre reîmemi pr^ar&t son cârqadbfv'<i^/\^ » Joyeux^ vole aux combats. S 11 triomphe > implacable ^ Vaincu , plus grand encor ^ plnsfier^ plus ind^Sâptable, A l*aspect 4a) supplice il raille sesyainqnèars f^^s»^" Pai- un souriie aii^g^ provoque leurs fureurs^ . Les voit d*an oéil sér^, d^unc âme indifférente , Déchirer les lambeaUK de-sa chàir^fMdpîtanfee £t lui-même , imploranj; des supplices x^ouveaux^/ > ^, Mêle son chaut de mort aux cris de ses bourreaux. >
Cependant , égaré dans la terçe étrangère , Ne crains point d^aborder sa hutte hospitalière. ^ Ce peuple , dans la paix, est franc et généreux. Viens observer ses mœurs , viens sourire à ses jeux : Sur les bords des torrents , les filles des sauyages , Belles comme les fleurs de leurs riants bocages. Dans ses rapides flots plongent leurs vêtements ^ Et les livrant ensuite aux haleines des vents ^
L^esiaim folâtre unit , sous un ombrage antique^ A sa danse naïve un chant mélanooliijue.
Voici d*autrcs tableaux peut-être encor plus doux Celle que féconda le baiser d*nn époux , Sourit à son enfant d'un sourire ineffable ; Près du nid des oiseaux, aux branches deTérahle Suspend de son berceau le mobile appareil , Et demande aux zéphyrs de hâter son sommeil.
Plus loin , sous ce gazon qu'une eau limpide arrose D*un autre nonyeau-né la dépouille repose :
Sa mère inconsolable y revient chaque jour >Pleurer la tendre fleur ravie à son amour, La fleur qui fit sa joie et fut son espérance | S'assied près de la tombe , y dépose en âlence Le lis suave et pur , les perles du maïs > Et du lait maternel arrose ses débris.
Elle s'éloigne : alors , au tombeau solitaire , Vient Pépouse nouvelle, avide d'être m^re.
Et qui croit recueillir, en respirant les âeurs, La jeune âme mêlée k leurs douce» odeurs.
8o LE VOYAGE
O peuples fortunés ! illusions charmantes !...
Hélas î de ce bonhour , de ces mœurs innocentes ,
Souvent notre avarice a troublé les douceurs ;
Long-temps de ces déserts paisibles possesseurs.
Ces peuples , que de nous la mer en vain sépare ,
Depuis, ont vu souvent TEuropéen barbare
Leur demander la terre où dormoient leurs aïeux :
Aussitôt, recueillant ces restes précieux,
Loin des champs paternels , plaintive et désolée ,
Voyage tristement la peuplade exilée ,
Les guerriers , les enfants , les femmes, les vieillards J
Et saluant encor de ses derniers regards
Son fleuve, «on hocage , et ses chères cabanes ,
S*éloignc lentement à travers les savanes.
Aborde avec respect ces pieux voyageurs ; Écoute leurs récits, prends part à leurs douleurs j Et si tu sens combien la patrie a de charmes, A ces fils de l'exil tu donneras des larmes.
La patri«!.., k œ mot Um camf a palpité ; Par raMnv 4fi#b«4W «rU^r cet )K>rcU mporté* Déjà tu v^ux» Ussc 4tr«pgièr^ nve$« Ver» In Wrwm tQu?p«f tp^ voilf» fiigitjvei ; Il iM im viiMt, il e«t il*autrei Um, Wfvuni»
Sembk AlM«4f0 m p(»dte ^ ia lysç ^cbaiitée.
Soudain lupe aulrci mw s'q^Hi^t |i t9 Tqe< Sut çette wsto mr iufqii*«v pAle ^tadbe i Du glpfae à Vomdmi enJi^mwit cg^itwr^
Tu pourroi^ , rameué les portes du jour , Reniiet acvet VAmmm mj^ de VAtbuitiqoe-' La rapide frégate «t Vomau du Tiopiqp»et Rasant la vague émue , ou planapt les aifs »
SeuibleMt aenli anâaer ees itwddei d^^rtff* .Cependant, au ndUeu de leur onde oiegeuie , * An-dessus de 9çs sœucs , s'élèvç nue ile heureuse >
Su LE VOYAGE
La belle Otaïti , séjour aimé du ciel , Où règne avec la paix un printemps ëtcrnel.
Là , l'antique Arcadie et ses douces bergères , Son repos , ses amours , ses danses bocagères , Ses prés toujours fleuris, ses limpides ruisseaux, Renaitroient à tes yeux j là , courbant ses rameaux Chaque arbre a des trésors , et Tindolent sauvage Enivré de ses fruits , s'endort sous son ombrage. Inconstant dans ses goûts , libre dans ses loisirs , A son réveil il vole à de nouveaux plaisirs : A l'habitant des eaux tend un piège perfide.
Dans l'air atteint l'oiseau de sa flèche rapide ; Quelquefois dans ses jeux, hardi navigateur.
Se plait à folâtrer sur la mer en fureur 5 Et submergé vingt fois , secouant Tonde amère. Relève en souriant sa pirogue légère.
De cette île où le ciel prodigua ses bienfaits , La Vénus est sans voile et PAmour sans secrets ; Et sur des lits de fleurs , ses Grâces demi-nues , , Ofl'rant des voluptés , sont encore ingénues ;
DU POÈT£. 83
Où Bi'égaré'je?..* épris de ce riant uMcau. Craiiia plutôt sur ces mers d'engager ton vausc^u : Près de ces bords heureux sont d^o die uses plagci , Oà les navigateurs poussés par les orages ^udarn sont entourés des piège» de la mort.
L'ancien monde indigné , gémissant sur leuc sort, A ces funestes mers, à ces iles perfides , HMemande» à grands cris , ces mortels intrépides Qui , transportant nos arts .sur des.bords étrangers, Pour verser des bienfaits , aûrontoient les dangers.
Toi , qui lassas dix ans la fortune jalouse,
Braye Cook » tu n'es plu9 ! toi surtout , La Pérouae ,
Et Tous> ses compagnons si longrtemps attendus, .
Infortunés Français, quétes-vous devenus?
Vainement tos amis , sur ces côtes lointaines,
Ontsnivi pas à pas vos traces incertaines.
Vos noms qu'ils répétoient, d'ile en Ue arrêtés ,
Éioient par les échos vainement répétés ;
Ou , du vaste Océan troublant l'affreux silence ,
Se pcrdoient dans les airs avec leur espérance.
Français infortunés I ^*étes-you8 devenus?
Au sein de la tejnpéte étes-vous disparus?
Rejetës par la mer sur de crads rirages , Ayez^Tons au lailiea de ces peuples sauvages Beacontré le trépas évité dans les flots ? Hélas I sur les débris de vos tristes vaisseaux^ . * Édiappés aux foreurs de la vague irritée ^ Peut-être dans une tte inculte, inhabitée, ^ Tous vivez désormais sans espoir de retour !
Sur ces rochers déserts, déplorable séjour.
Qu'environne des eaux la solitude immense.
Assis sur le rivage et pensant à la France, A ceux qui vous aimoient, à ce qui vous fut cher. Malheureux! vous pleurez en regardant la mer! D^un exil étcvniel fanage épouvantable !
O plus heureux cent fois le mortel misérable Qui , courbé vers la terre , au travail enchaîné , Meurt , sans sortir du champ dans lequel il est né !
DU POÈTE. ftji
' Befiens^ aninà d'irriter et les vents et IVcpUme^ T^p d'aiidaise A iêMmt SkUfaé la fiiitiiite.
Elle a comblé d'ailleurs tes poétiques vœuK : C'est assez d'avoir vu dans ton voyage keureujc^ Ou pamWAftt Ik llitt I cm mmgaaHtM» Vcmàef Le moàdé éèj^ tienjfeei ViêkSêtk^ do mondiu Reviens , et dià àlM tout ûe qa*oat vu te« jraw. Ceptiidàût que léif éboulé Nouveaux ^ harmonieux,. ]r«iiteÉflMklpdiAt8«i»dko»aeiiii^^ Ne ¥a pad» iitvoquaiift d# Mpr lâciiei miiteB j Prodiguant tds couleurs et perdant tes loisirs f Faire 6il Vàgu« fMlf de lant 4e souvtaiis.
Que toujours» au milieu de ces belles images , v L^homme et ses passions animent tes ouvrages. Interroge Clio : daM iw vieux monuments»
Cherchant des temps passés les grands événements^ Ou des héros fameux les nobles aventures , Répands sur eux Téclat de ces vives peintures* C'est peu de charmer l'oeil» il filut toucher le cœur. £b peignant la nature imite son euteur :
éS LE VOYAÔE DO POÈTE.
Quand sa main dans l'espace eut suspendu la lerrey
Que sa voix eut sur elle appelé la lumière ,
£nchaiiié TOcéan, ombragé les coteaux.
Et des cieux ordonné les merveilleux tableaux^
Sa sagesse voulut, par un plus grand miracle ^
Créer l'admirateur d'un aussi beau spectacle :
L*Homme fut le dernier de ses travaux divins.
Sans cet être nouveau, chef-d'œuvre de ses nuons.
Fait pour connoitre, aimer, qvCun feu célesteaninie>
Ce Dieu, vers qui s*élève un ooncert unanime ,
Seul et silencieux dans le triste univers.
Eût été Roi sans peuple , et le Dieu des déserts..
Fia DU 'POBKX.
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