‹ Œuvres poétiquesChapitre 7 sur 54 · OD£S · texte numérisé non relu

OD£S

D'ANACRÉON

TBADUITËS £JN VERS Sm LE TEXTE DE BRUNCK.

Neo, êi qmd oSm imU Jt$aemùn, JDeiepiê œtoë, Hoaat.

LoRSQUB je publiai pour la première fois cette traduction d'Anacrëon, je ne dissimulai point la crainte que m'inspiroit l'espëce de défisiTeur attachée au travail que j'avois entrepris. Toutefois cette crainte n'ëtoit fondée que sur certaines circonstances parti^cufiiëres à ce même travail. Je n'espérois à la vérité que très-foiblement de jamais parvenir à épuiser une première édition , qu'un luxe typographique 9 sans doute assez peu convenable , sembloit exposer j sans compter tout le reste, au danger presque inévitable

de rester dans h poussière des magasins ; mais si le contraire arrivoit^ si j'ëtois asseiE heureux: pour obtenir quelque indulgence^^ la pensée la plus éloignée de mon esprit ëtoit que je dusse éprouver une frayeur pins, grande encore en faisant imprimer mon livre pour la seconde fois. Telle est cependant la situation trës-singnliëre oii je me trouve au- ^ joujrd'hui. £n effets je n'a¥ois jusque jàcoi|- ' tre moi qu'un préjugé assez généralement^ répandu 9 qui fiûsoit regarder les poésie^ d'Anacréon comme intraduisibles en J^aoe- (aia : maintenant Tattaque est bien plus dan* gereuse^ la proscription bien plus terril)^, tjnç voix s'est élevée tout à coup, s^écnvi^ que toutes les traductions des |;rands clf ssi-;- ^ qui^s de l'antiquité étoient impossibles dans la langue française, non sons le rappçrt dea pensées I ce qui edt été tout-à-fait absiurde ^ sous celui de l'élocution. Cette vpi;|^ e^ .

DE LA SJECOJVDE ÉDITION, ,o5 pleine d élo^aence et de pmnasion ; eUe sait prendre à son gré tous les tons , et les paroles qu^elIe fait entendre ont un charme et des aéducticms inexprimables. Plusieurs «nt donc été séduits j et , pour parler aans figure , celte opim*on d^un eicellent écrivain , d'un littéwe teur justement estimé, présentée avec un nssez grand éclat dans le plus répandu de îaos Journaux (i), semble s'y être établie temme une espèce draziome littéraire ; on !> reproduit , à chaque instant, sinon av^ des preuves nouvelles , du moins sous mille formes diverses , conmie si Ton avoit qudque intérêt à le faire , et que ce fftt un paHS pris de décourager quiconque, parmi n6it#^^^ isacliant du grec ou du latin , concevroit la pensée de le transporter en français, et d*çn

(i) Le Journal des DébaU, dit alors Jourad de TEmpire.

,o6 PRÉFACE enrichir ainsi sa propre langue. L'habile critique qui , en avançant une telle opinion , a a pas craint de contrarier ainsi les plus graves autorités , d'attaquer des principes que le temps et l'expérience ont consacrés chez tous les peuplés où il existe quelque culture des lettres , ne s'est pas contenté de soutenir une proposition aussi extraordinaire avec toute la subtilité de sa dialectique, avec tous les charmes de son style noble, clair, harmonieux ; ce n'est pas assez pour lui de cou- ,vrir du même mépris , d'envelopper dans les mêmes anathèraes , tous les traducteurs présents , passés , et futurs : il ne craint pas de les offrir encore comme une race d'écrivains, sinon aussi pendables que Thomme au son^ net du Misanthrope , du moins nuisibles , dangereux; qui, semblables à ces oiseaux impurs de la fable , souillent tout ce qu'ils ont l'audace de toucher , et qu'en bonne po--

lice , il seroit convenAble de chassër à jamais du Parnasse et de la république des lettres^ J'avoue que cette dernière partie de sa brusque et violente attaque m'avoit fait doutef un moment que la première fât sérieuse : déclarer toutes les traductions des grands écrivains de l'antiquité nuisibles , parce qu'on suppose qu'elles ne peuvent être que médiocres y me sembloit quelque chose de si prodigieux, que j'étois tenté de ne voir dans la proposition entière qu'un jeu d'esprit imaginé par un homme qui en a beaucoup , et poussé aussi loin que son adresse et 'son habileté ont pti lui permeUre de le £Edre ; mais le soin qu'il a pris de modifier ce qu'il y avoit d'étrange dans une telle assertion m'a bientôt feit changer d'idée. Il convient (i)

(i) Foyez le journal déjà citC| k la date du 6 août i8t3. \

to8 PRÉFACE

« t^m tout écrivais y guel gu'il soit, pré- H mbM toujours iw ftads d'i&tlrai^îiMi qtidp » ccasque ^ et que ce fonis^, indépendant dtt » stjrle dont il est revêtu^ de la langue dans ^ laqiieU» il est développé , pro{^re à être » toanapwté dans toute» le» langues 9 «^yâtvè^ 3i ezfrâoé bien ou auil f paaae nécessaire^ ment dans une traduetioa^ et peut iou^ 9^ jmitÊ (ttstîfier plna ont nnoias l'entafpme ».d]fttcaduGteur« » U e$t.¥rai ijue^ pur uoit contradiction très extraordinaire dana mm éeriviptt dooft la )»sleaser dm idées est m»

de» ^pttlitéa lea plna reaiaic[iiablts^iipm<» tMsd phia kûo m qu'il est im pcrâtoulegéme^ li» le goût , rimagination ^ Te style ^ sont Am/^ m absmbiÈÊmi toml^ ^ gn atortiè n^[p afèw i« d'iiililitépesiti\:edanSrleatEaductionS|pavca » qu'il n'y a plus moyen d'attacher de l'imm poîirtaace au fond deschosM;. » Mai» comme il m'est toutnàrfait impossible de conceveir-

DE LA SECONDE ÉDITION. log le génie , le goàt , l'imaginàtion se dérelop^ pant dans un livre ^ai»^ un fonds dHnstrue^ lion quelconque^ je m'en tiendrai , s'il veut bien le permettre, à la première partie de son raîsonnelnent, sans chercher à l'embarrasser sur la seconde ; et , concluant^ à la fois avec lui et contre lui , qu'une traduction , par cela même qu'elle est toujours plus ou moins instructive , ne peut jamais être dangereuse, je n'examinerai que la question oii toute traduction d'un grand écrivain est présentée comme inexécutable sous le rapport de l'é— locution. Cette question est soutenuç d'arguments spécieux : elle présente , sous un point de vue général, les objections que La ^ Harpe avoit particulièrement élevées côntre une traduction d'Anacréon, et que j'ai déjà essayé de combattre (i). Ce sont donc à peu

(i)Dans la Préface de la première édition de cette traduction.

lO

prèiles mêmes idées que je présenterai, mais

sous une autre forme et avec de plus longs

développements.

C'est une nécessité ppur moi de reuumteis aux premiers principes , à ces principes que l'habile critique c<mnott si bien , et dont ses écrits oârent si souvent les applications les plus heureuses. Quelle est l'origine primitive des beauMurts , quel est le moyen le plus efficace pour les £aûre arriver à la perfection?^ L'imitfition 9 qui prend elle-^même sa source dans nosjpropres* fecultés. « L'homme , dit ^ Aristote,' diffère surtout des animaux en

» ce qu'il est imitatif au plus haut degré; les * » f *

» premières leçons que nous recevoi|Snj|6«i*^ n ^'une imitation continuelle ; ek un. mo]f* H tout ce qui est imité produit en nous uni^ » sensation agréable. » Et sans parler ici, de la peinture et de la sculpture antiques j denunent fondées sur ce principe si naturel, écond , çt parvenues par lui , uniquement

Oigitized by

par lui , au plus haut degré d'excellence que rimagination puisse concevoir , qui ne sait que la littérature ancienne ne doit également ses chefs-d'œuvre qu'à une imitation continuelle, au moyen de laquelle tous les grands écrivains des âges précédents devenoient en quelque sorte tributaires de Theureux génie qui avoit eu le bonheur de naître après eux? Les Grecs, créateurs dans tous les genres de poésie et d'éloquence , ne trouvant de modèles que dans leur propre littérature, s'imitèrent les uns les autres ; les Latins imitèrent les Grecs ; la littérature française , la seule vraiment classique qui existe parmi les modernes , n'est telle que pour avoir imité les Grecs et les Latins. C'est une espèce d'enchantement de voir par quelles heureuses métamorphoses , les pensées , les images , les sentiments, qui, dès l'origine des lettres, ont eu constamment la puissance ou d'émou-

voir les hommes , ou d'exciter leur admiration, ont été successivement transportés dans ces diverses langues par im petit nombre d'imitateurs parfaits , devenus par cela même dignes d être éternellement imités. Mais un prodige plus étonnant encore , c'est que non seulement ils ont su s'approprier ces beautés, qui sont de tous les temps et de tous les lieux , mais imiter encore la magie des paroles qui les avoient prijnitivement exprimées , de manière qu'au moment même où ils reproduisent le sentiment, la pensée, l'image dont ils viennent de s'emparer , ils en rendent l'impression complète en donnant tour à tour à leur style 1 énergie , la grâce , la douceur, l'éclat , la précision , l'harmonie dont leurs modèles avoient su les embellir ; et produisent ainsi des sensations absolument «ejxiblables, souvent avec des moyens entièrçment différents.

DE LA SECONDE EDITION. u3

J'ai dit des sensations absobunent sem* BlaBles , et yéritablemeiit 0 ne s'agit point ici de disputer sor le plus ou moins d'excellence des langues I mais d'en examiner les effets dans les chefs-d'œuvre de lent Utté»

rature. Si le style de Virgile m'o£Gré plus encore que celui d'Homëre l'inaiage de la perfection , si réloquence de Cicéron me / transporte autant que celle de Démosthënes^ si ]e relis Horace avec un plaisir plus vif que Pindare et Callimaque, peu m'importe sans dôiâlfe'que la langue grecque soit plus riche, plus flexîUe^plus harmonieuse que celle des liatins. De même , lorsque Bossuet s'ëlëve âi^-dessuirméme de Dëmoslhëiies et de CS* , cërdn, lorsque Racine 9 Corneille , JBoilean, . Molière, La Fontaine, Fénélon, Pascal, La Bruyère , etc. , me pénètrent dam leurs écrits, de toutes les impressions que je puis prouver en lisant Homère, Sophocle , Horace, Yirw

ii4 . PRÉFACE

gile, Térence , Tite-Live, etc. , irai-je m'oO' cuper de la distance prodigieuse qui existe entre la langue française et les deux langues antiques que je viens de nommer? Ne me suffit-il pas que toutes les conditions de Tart d'écrire aient été remplies par ces hommes admirables ; et ne me paroîtront-ils pas d'autant plus dignes d'être admirés , qu'ils ont eu de moindres ressources pour arriver aux mêmes résultats? C'est donc une vérité incontestable que le génie suffit pour féconder les langues (i) ; que ce n'est point en comparant des grammaires qu'il est possible d'apprécier la valeur relative des littératures des diverses nations , puisque , s'il en étoit ainsi , il faudroit préférer Sénëque à Racine , et le

(i) Quelle langue plus pauvre, moins flexible > moins harmonieuse que celle des Hébreux ! Quelle poésie osera-t-on comparer à celle des livres saints?

DE LA SECONDE ÉDITION. ii5

dernier romancier grec à Fénélon ; enfin que la langue française, illustrée par des monuments parfaits de poésie et d'éloquence , quelle qu'elle puisse être d'ailleurs par sa forme , par son caractère , par ses éléments , s'est élevée par ces seuls monuments jusqu'au niveau des langues grecque et latine; car, comme le dit Quintilien, et comme j'aurai bientôt occasion de le répéter, « il ne peut » rien y avoir au-dessus de ce qui a atteint la »> perfection. »

Imiter n'est point traduire sans doute , dans le sens que nous attachons à ce mot.

Ce n'est pas suivre pas à pas les traces du modèle qu'on a choisi , mais en emprunter les traits les plus frappants pour en faire uu agréable mélange avec les peintures plus vraies , plus frappantes encore que présente la nature, le plus habile des maîtres et le plus parfait des modèles. Je ne prétends

ii6 PREFACE

donc point taire ici une comparaison exacte dans toutes ses parties : maïs qur ne voit qu'une langue 9 capable, lorsqu'elle est bien maniée , de se plier à tous les genres d'éloquence , d'exprimer tous les mouvements de l'âme, d'emprunter aux grands écrivains d'une autre langue leurs pensées , leurs images , leurs sentiments , les grands effets de leur style , â nécessairement en elle ce qu'il Ikut pour traduire ces mêmes écrivains ? car il ne s'agit sans doute , dans une traduction , que de transporter d'une langue dans une autre les sentiments , les pensées , les images d'un auteur , et de produire, en même temps , dans celle que Yoa parle, les effets de style qu'il a su obtenir dans la sienne. Par tout ce que je viens de dire , il est évident qu'un habile imitateur remplit toutes ces conditions , et va plus loin ensuite par la Sowce de $on génie ; un traducteur qui s'y renferme

fl

fait , sans contredit , un travail moins bril— lantet surtout moins difficile : certes , s*il né réussit pas^, ce n'est pas pour avoir parlé telle langue plutôt que telle autre ; c'est parce qu'il aura manq[ué de talent.

Du reste, ces reproches si injustes qué Von reproduit encore contre la langue (ranm çaise , après tant d'eiTorts prodi^éux qu'elle a «su faire , tant de palmes si glorieuses qu'elle a su remporter , pense-t--pn qu'ils soient sans exemple, jt n'ont-ils pas été adrèssés à Fune de ces langues divines auprès desquelles ou la traite de misérable jargon , dont on lui défend même d'oser jamais se fsdre l'humble et timide écho ? DaH s nos de^ dains pour les idiomes modernes , nous pai^ Ions sans cesse des Grecs et des Latins ; nous . mettonè^ tâÉf oars au même rang les langues^ de ces èévoL peuples favorisés du ciel : mais qui ne sait la distance infinie que les anciens

ii8 ^' PRÉFACE

avoient mise entre Tune et l'autre? Je ne parle ms des Grecs qui , hors de leurs limites , né Soient dans le monde entier que des bar^ bares , qui ue parloient que leur 1 qui ne connoissoient guère que^ leur littérature ; mais les Latins eux-mêmes , dès qu'ils eurent étudié cette langue d'HoiAec^ la plus riche, la plus Éarmonieuse, la pras belle quëlies hommes aient jaml^ parlée 1 combien n'accusèrent- ils pas alors la foiblesse et la groissi|reté de leur proj^re I»h gage? Sans parler icrde Gcéron qui éé pla^^ en plus d'un endroit de l'impuissance d'une langue qu'il a si merveilleusement parlée ; qui souvent , pour exprimer ses idées , se ypit forcé d'emprunter aux Grecs les paroles qui lui manquent, écoutons ce qu'en dit Quintilien, l'un des meilleurs esprits , le critique sans doute le plus profond et le plus judicieux dont s'honorent les lettres latines^;

DE LA SECONDE ÉDITION. i tg

comparée à la langue des Grecs , celle àe^ Romains n'est pas seulement pour loi une langue pauvre, sëclie, difficile à manier; c'est une langue rude , sourde , san% délica-* tesse 9 saiis harmonie , telle enfin que , sous le rapport de Télocution, à peine pisut-elle en^ offrir quelque ombre d'imitation (i).

ce Que si Ton exige de nous, dit— il, cette grâce n du style attique, que l'on nous donne » même douceur , même richesse de lan- » gage (2). » Cependant ce même 'QuintilÛBi 9 placé vis^rris de tant de génies sublv*

(1) Ita circa rationem eloqueiidi»'vh. habereimitationis locum. ( Quiatil., lib. xii , cap. 10.)

(2) Quare qui a Latinis exiget illam gratiam seXn monis attici , det mîhi in eloquendo eamdem jacnnditatem et parem copiam* ( Quintil., lib. xii, cap.

* Four ce passage y de même que pour tous ceux ^ui !• aiÛTroot, if me Mn cU U Uadiiclion i'abl>6 Oédoyn»

lao PREFACE

mes ^ut se soi|t exprimés dans la plus helle des langues , cherche-t-il à désespérer ceux de ses compatriotes ^ui seroieat tentés de marcher sur leurs traces? Il en est si loin » que lui-même se plait à leur indicper^ les moyens qu'il convient d'employer et la routa qu il faut suivre : «< Que si nous n'avon^ jpas | » ajoute-lril , leurs inépuisables resiôurAf n il nous reste d'accommoàer ne^ypéo^^ i » notre diction(i). » £t plus loin ; « Sous ne; »> saurions avoir la simplicité, la délicatesse » . des Grecs ; ayons plus de force : ils TeA- » portent sur nous en légèreté de style; don- >» nous plus de poids à nos paroles :1a pro** M priété des termes est plus en leur poufdir ; M surpassons^les dans la jgompe Id ri-*

(i) Quod si negatum est y sententlas aptabimus lis Tocibiis quas habemus. ^( QaintU« , 11b. xii , cap. 10.) '

DE LA S£:CO{«0£ ÉDITION. lai

» chesse (i). » TeU sofit les préceptes qu'il établit pour lutter coutre la supériorité iucput^&table ces illustres rivaux ; et ces préceptes , il en prouve TesceUeuce par les - ew»ples le« plua fameux t « Pour cé qui .

» gardd la grâco de Ve^pression ( c'e^t tou- . » jours Quintilien qui parle), cpmme elle » p'es( point dans le fimds de notre langue , H il faut y suppléer par des secours étrai^i" » gefs. Est-^ce que , daas les causes qui le » permettent , Gcéron n'^ pes <:ette finesse » de style? N'esWl pas assez doux, assez >» clair , et voyons-nous qu'il soit trop élevé? t» ]VI. Callidius uV*%t^il pas aussi excellé dans n cM/^médioffritél Scipion , Ulint y CatOB

(i) Non powunus esse Wn gmciles? nmw for^

tiores. Subtili tdte vincipiur? valciunus ponclcre. Prcfiietatîfl peuea iUos ^t oertipr cq^a? VTiiicanius ingenio. ( Quiniil. , lib. xii^ cap. io«)

Il •

i^^ PRÉFACE

n le Censeur, n'ont-ils pas été , quant au style » et à 1 elocation , comme les Atticjues des » Komaius ^ et ne doit-on pas être content M qûmà on attrape le point de perfection » au-delà duquel il ne peut rien y avoir * » de mieux Ai-je besoin, dVppèsces défères paroles et une si grande autorite , de rien ajouter pour prouver complètement ce que j'ai d'abord avancé : que les effets de rélocution sont indépendants d» plus ou moins de perfection des langues , et qu'il est

( 1 ) Vediorum gratis , quam in ipsis non habemus, cxtrinsecus condienda est. An nen in privatis et acotas, et nonasper, et non indistinctus, et non supra modum clatus M. Tullius ? Non in M. Gallidio insignis hscvirtua? Non Scipio, Laelius^ Cato in eloquendo velut Attîcî Rtmnanorntn fnerant? Gui porro non satis est quod nibil esse melius potest? ( Quintil. , lib, xii, cap. lo. )

DE LA SECONDE EDITION. ia3

possible d'en produire d'aussi grands ayec des moyens infiuimeut plus bornés.

Pea1>etre m'objectera-t-^on ici dans le passage où Quintilien établit ces principes j il s'adresse uni<{uement à ceux qui seroient tentés d'imiter les Grecs 9 et qu'il n'y est nullement question des traducteurs : il £iut donc montrer qu'il regardoit les traductions comme le moyen le plus sûr et le plus heureux de perfectionner la .langue latine y de lui procurer toutes ces qualités dont eUe étoit dépourvue; que, de même que dans rimita-»

tion , il la jugeoit capable, lorsqu'elle seréit employée à traduire , de s'élever par le seul talent du traducteur jusqu'au niveau des modèles, non en suivant pas à pas et aervile— n^ent le tçxte original , ni^ais en luttant contre lui avec les ressources^ dont elle peut dispenser y en employant des tours et même des figures différentes ^ quand elle désespère de

Page 1