‹ Œuvres poétiquesChapitre 8 sur 54 · PR£FAC · texte numérisé non relu

PR£FAC

pouvoir l'atteindre autrement. Le passage est décisif, et je le copierai presipie en en«tier : « Il nous reste à dire sur quoi il faut

» prmcipâlement exercer son Btyle.... Ce » que j'entends donc ici 9 c'est de tous les >» genres d'exercices celui c[ui est le plus s» propre & Mms dôifiier eette abondadee et » cette &cilité d'expressiôn que nous chet^ » chons. Aussi nos orateurs en faîsoient*ilâ 3i grand cas } et c'est de traduire du grec en » kaÙÈ. Voilà k qnoi L. Grassus , dans les » livres deTOrateur, dit qu'il sW souvent M exercé. Voilà ce que Cicéron nous re««

» ccmimande expressément eu son propre M nom. On sait même qu'il publia divers ott*« » vrages de Platon et de Xénophon y ainsi i> traduits . Voilà à quoi Messala se plaisoit » tant , -qu'il mit en latin plusieurs- oraisons n grecques y entre autres celle d'Hypéride V pour Phryné, oii il jFcussit si bien que la

t)E LA SECOrtoE ÉDITION. ia5

h version le dîsputoit à f original pour la » Iicatesse du style* qualité que le génie n de notre tangue a tant de peine à at'^ » trapen

n L'avantage qu'on retire de là est manî- » feste; car^ outre que les auteurs grecs i> sont pleins d'excellentes choses, ils ont M jeté beaucoup d'art dans l'éloquence. £n n les tradmsant, il est en notre pouvoir

lu

mâ

» car toutes les nôtres y peuvent servir ; et )» quant aux figures , qui font la principale » beauté d'un discours , on est dans la né~ » cessiié d'en imaginer jflusieurs toutes di^ » verses , parce que le génie des deux lah-^ » gueâ 6$t à^ordkiÊtire très^d^érent (i)^ »

( I ) Prozimum est , ut dicamns qaœ praedpue scri» benda sint.».« Sed de quo nunc agitur î unde copia ac iiicilitas maxime veniat. Vertere graocain latmum

ia6 PREFACE

Quoi de plus formel? Qu'est-il nécessaire cte rien ajouter à des paroles aussi graves pour démontrer qu'une traduction , soit en prose , soit en vers , ne peut et ne doit être qu'une

veteres nostri oratores optimum judicabant. Id se L. Crassus in illis Ciceronis de Oratore libris dicit factitasse. Id Qcero sua ipse penona frequenfisaime prcTecîpit : quin etiam libres Platonis atque Xenophontis edidit hoc genete translatos* Id Measalas placuit, multœque sunt ab eo scripts ad hune modum orationcs : adeo ut etiam cum illa Hyperidis pro Phryne difficillima Bomanis subtilitate contenderet.

Et manifesta est exerdtationis hu jusce ratio. Nam et rerum copia grœci auctores abundant» et pluri* mum artisin eloquentiam intulenint. Et hos tram* ferentibus, verbis uti optimis licet ^ omnibus enim ntimur nostris : figuras vero, quibus maxime omatur oratio^multasac varias excogitandi etiam nécessitas qusedam est, quia plerumque a graecu romana di»sentiuut. (Quintil. , lib. z>, cap. 4* )

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D£ LA SECOJ)^D£ ÉDITION. 127

espèce d'imitation dans laquelle on cherche plutôt à égaler les beautés du modèle qu'à les eiprimer littéralement? d'oU i} faut con^ dure 9 non qu^'il soit permis d'être im tra-ducteur infidèle, mais qu'en suivant le texte original, l'art de le bien traduire consiste^ quant à l'éjocution , à s'en approcher y à s'en écarter, suivant qu'on le juge mieux rendu ou par des termes analogues ou par des équivalents.

Et certes , si Quintilien eut jugé nécessaire d'accumuler les exemples pour accroître l'autorité de ses préceptes , il n'est peut-être pas un nom célèbre parmi les écrivains latins qui n'eût pu lui en fournir d'éclatants. Aux traductions de Xénophon et de Platon, pu-« bliées par l'orateur romain , il eut pu ajouter celle que ce grand honmie avoit &ite des Philippique^ de Démosthënes, monument précieux > et dont la perte est à jamab re*-*

laS PRÉFACE

grettable; îl eût rappelé ce que personne n^^ofoll pftmii les Romains , que Yîrgile avoit tradait , presque mot à mot y pêne ûd

verbum ^ tout le second livre de son Enéide dVn poète grec nomiué Pisandre (i) , sans compter les nombreto: larcins qu^il àtoit âtifa à Apollonius de Bhodes, à Théocrite, à Euphorion de Chalcis , sans parler d'Homife , dont il est rempli d'un bout à Tautre de son Enéide. Gallus avoit traduit ce même Euphorion de Chalcis, l'un des poètes les plus estimés de l'école d'Alexandrie. Properce avoue lui-même qu'il copie Gallimaque et Fhilétas (2) ; et les héllénismes dont son

(i}Macrob.,Sat.y. a.

(2) CaHimacU maaes et C!oi tacfa Plâtfto

In Tcstrum , quasso , me sinite ire nemus.

Primus ego ingredior pumde fente saoerda»

Itala per Graios orgia ferre choros.

Prop. ^ lib. 111 1 el. I*

DE LA SECOlilDE ÉDITION.. id^

style est fempK suffiroiént pbur fiiird découvrir ses emprunts continuels , quand bien même il eut voulu les cacher. Nous trouvons dans Catulle une traduction trës-élé-^ ganté de la fameuse ode de Sapkd y et son élégie sur la chevelure de Bérénice est aussi tfâduite de Callimaque ; Téi^eiieé n^t citn^ posé en entier que de traductions des comices grecs f et principalemeut de Menandre.

Et le prince des lyriques latins 7 Que d'imi» Aations f de traductions u'eusseiit pas alors offertes ses ouvrages , puisque maintenant qu'après les ravages de tant de siècles il aè nous reste plus que des lambeaux des poètes

Ut nostris tumcfacta superbiat Umbrialibris^ UmbriaBomani patria Calliraachi.

Lib. IV ^ el. I.

Inter Callimachi sat eritplacaisselîbellos, £t cccinisse modis , Coe poeta , tuis»

Lib* 111, d* 7.

i3o PRÉFACE

les plus fameux dé la Grèce» nous décon^ rrons^ au milieu de ces restes informes, qu'il traduit ou qu'il imite saus cesse Alcee , Pindare, Anacréon,etc. (i)

Qui peut douter maintenant , d'après de tels principes , dont l'application est générale pour toutes les langues qui ont une véritable littérature y qui peut douter , dis-je, que la langue française ne soit capable de

• (i) Wagner et Weston ont indiqué les imitations grecques d*Horace \ et pour en dter quelques ezem^ pies , il est très-probable que Tode xvm du premier livre, Nulhmit Vare^ saçra » etc. , es% traduite tout entière d'Alcée, car le premier vers est mot à mot la tra4uction du premier vers d'uue ode de ce poète. Le reste est malheureusement perdu. Vode IX du vàéme livre est encore traduite ou imitée d*Alcée 5 enfin Tode xii , encore du premier livre, Quem virum aut heroa, e(c., est mani^ festeiQcnt empruntée \ Pindare. 01. a^*

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DË LÂ SECONDE l^DITIÛN. i3t

produire d'excellentes traductions des plus grands classi<][ues de ranti<juité ? On pour-* roit Taffirmer uniquement par analogie , quand bien même il n'y en auroit eu jusqu'à

prëseut aucun exemple ; et l'on devroit ,

conoune Boiteau le fiûsoit de son temps (i), *

(i) ce Je Youdrois , dit cet homme illustre , que la France p&t avoir ses auteurs classiques aussi bien qae ritalle. Pour cela il nons fandroit un certain nombre de livres qui fussent déclarés exempts de fautes , quant au style. Quel est le tribunal qui aura le droit de prononcer là-dessus, si ce n'est FAcadémie? Je voudroiï qn*èlle prît d*abord le peu que nous avons de bonnes traductioDs ; qu'elle invitât ceux qui ont ce talent à en faire de nouvelles $ et que, si elle ne jugeoit p^s à propos de corriger tout ce qu'elle y trouveroit d'équivoque y de ha» sardé, de négligé, elle fut du moins exacte à le marquer au bas des pages, dans une espèce de dictionnaire qui ne fût que grammatical. Mais pourquoi veux-je que cda se fasse sur des traductions ?

i3a PREFACE

encourager à cet utile et agréable tray^îl tout écrivain qui s'y sentiroit appelé pmr d'heureuses dispositions. Mai$ lorsque le^ memple$i les plu» illustras $e pr4swti9Pt pow (qt^ tifier rau,tqrité dupréqepfcç, çopwo^at ai-t^pa . piji avapçer sériwswwt opilùoa tçllç que celle que j'essaie ici de ciHoibattre? €tom*> menti concevoir gu.'iui écrivain » ^nt les productions attestent sans cesse l'excellent goût , le jugement supérieur 9 Tëtadè approi^ • foudie de tous ces grands auteurs qui ont

parce qiie des traductions «Youéss par l'Académie »

en même temps qu'elles çeroien^ lues copune des Hdodèl^ pour bio& écrire j serTiroie|t( aussi 4e modèles pçur bi^Q penser , et rcudroient le goût de bonne antiquité familier à ceux qm ne sont pas ^ état de Ur^ les originatix. Ge n^est pas Tesprit qui panqiié^i^ Fsanjaii , ni mém^le travail ; c'est le goût i et il n y a que le goût ancien qui puisse foriQfiipr jiaim wns dos aut^eur» e<,des oonnoisseiirs. » ( Hist. de VAçad. Fa anç. » t. II , p. laa,) *

L'iyiiizeu by GoOglc

DE LA SECONDE EDITION* i33

rendu la langue française la plus illustre des langue^ modernes , ait pu ^çver des doutes sur la puissance d'un ^u§si beau langage ?

N'a-t-il ppint été frappé d^s la traduction de l^ngin , si bemeusepieat ei^treprise et açl^evçç pj|r ce n^éme Boileau» àQn% il % sucé dès l'enfonce des leçons , doQt les pa*^ rôles $ont pour lui des oracles , les traduç- ' tion^ plu» ddmirableii eocor? c« grio4 poçte % psé feire des pa^sagçâi les plijs s^-^

gard^ fOmpe mi des chefs-d'œuvre de l W

Ûquit^? j^gr^oniig.i^e sent miey?^ que lui (a perfisction di^ style de F^élôn j Iç charme i]ieK]prîmid)lç ^tt^hç aux paroles de ç^t l^omiDM diviu, 1q plujï çewlilable awc wçiqo^ quç Içs tei3pips luodern?^ meat |prpduit« Sans

doute il ^ H miUç jTaît çet ^dqûrAbte quinr

zi^ix^t l^vre d^ T^lw^aque f .dau^ Içquel Plur Iççtète r*^çonte fils d'Ulysse ses tristes

la

i34 PRÉFACE

aventures : tout Ta vivement ému. dans ce noble et touchant récit ; mais j'oserois rassurer , jamais ses émotions n'ont été si vives que dans ces moments oii le héros , quittant le ton de la narration , semble se transporter , par la vivacité de ses expressions , par ses apostrophes véhémentes, par ses exclamations plusieurs fois répétées , au moment même de son entrevue violente et extraordinaire avec le roi d'Ithaque et Je jeune Néoptolême. Dans ces morceaux du plus grand palhétique , Fénélon semble s'élever audessus de lui-même , et Ton ne conçoit pas que l'éloquence puisse aller plus loin : eh bien ! ces morceaux sont presque tous de pures traductions de Sophocle ; l'habile critique ne l'ignore point, et pour tous ceux qui ont quelque connoissance de la langue grecque , il n'est rien de plus facile à vérifier. Du reste, je commence à craindre que

DE LA SECONDE ÉDITION. i35 .

tout ceci ne soit au fond (p'une vaine dispute de mots. Pans' toutes les réponses ^ui lui ont été adressées sur une opinion (jbe je ne crains plus de nomxner paradoxale, l'habile critique s est constamment plaint de n'avoir point été entendu. U me semble que ses adversaires auroient pu le prier de se faire bien entendre , lui ipii, dans tout ce qu'il écrit 9 se fait surtout remarquer par la propriété des termes , par Is^ clajcté de la phrase, et l'inviter à réduire la proposition qu'il soutient à sa plus simple expression.

Yoici ^ans doute la substance de ce qu'il auroit pu dire : « Je prétend^ que les grands écrivains de Fantiquité sont intraduisibles , parce qu'en les transportant dans les Ismgaes modernes , et particulièrement dans la lan«* gue française , il est impossible d'exprimer ^solument dans les mêmes formes de style , et avec «des mots toujoiu's analogues , toute;».

]36 Pfi£FAC£

les bëautës de leiuvélôcation , d'oii il résulte que vous ne pouvez avoir de ces chefs-d'œuvre que des imitations plus ou moins éloignées. » Alors oh lui auroit répondu ce cpae Quintilieu lui*<méme eut pu répondre ^ si semblable question se fut élevée de son témps : «< Cette difficulté que vous présentez n'en est point une, parce qu^elle repose sur une définition fausse et tout-a-fait insoute— nable. Une traduction telle que vous la demandez ne peut exister dans aucune langue , pas même dans celles dont le génie se ressemble le plus. Les Latins éloieni âam l'impossibilité de ti^duire les Grecs avec toutes les conditions que vous exigez; cela est démontré par les faits. Il est trës-probable que les Grecs eux-mêmes ne l'auroient pu à l'égard des Latins ; ongpeut même aller plus loin , et avancer hardiment que des I^atins et des Grées , s'ils pouvoient revenir parmi nous ,

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DE LA SECONDE ÉDITION. lij

ne traduiroieat nos grands classic[uës que fdt deà iimfiiiôtA pins od moins ëI6igneés.

€ë qxië WttÈ àpfëtêi tin iité ëit âù contra vé le caractère essentiel Vàti dé traduire -, et c'est justement parce qu'une telle imitation iïé ressemble pas de tous points à la chtfse imitée > qu'elle a le don de plaire ^ alors qu'elle est bien faite et qu'elle offre dans , tontes 8681 parties des points de compvsfiiotf 8atis£u8ants.

Une tradu<:tiott plàît , jè lé i-épëte ^ lors-^ €fv^ùn y trempe les cfosclifés ^e }è vieiis d'etposer : il en est mille exemples cbez les an-> ciens et chez les modernes , et cet argument est sans doute le pins fort que l'on puisse eiBtj^oyer contre le» ^piniovis ée Fbàfaile ori^ tiqae. Qui ne sait que deux des plud anciens monuifLênfff déiiotré fittétature son^des iraductions , qui , même encore à |>résent ^ ont conservé toute la fraîcheur , toutes les grâces

PJUÉFACE

de la jeunesse (i)? Les Angloisi les Ailemands ^ les Italiens (2) , plus riclies nous dans ce genre de travanz littéraires 9 ,ont un grand nombre de traductions des classx-

(i) La traduction de Plutarque et celle du roman de Daphnis et Chloé, par Amyot.

(a) Les Italiens ont le beau Virgile d'Annibal «Caro^ THomère de Cesarotti que rivalise celui de M* Monti^ le Tacite de Davanzati, le Quintilien de Toscanella. En Allemagne , H. Voss a traduit avec succès Thëocrite > ^ésiode » Orphée» Horace , Virgile , etc. Le Lucien de Wieland y passe pour un ckdf*d*œuvre \ et Ton y fait le plus grand cas du Platon de ScUeiermaGher. Mais c^est surtout en Angleterre que les traductions ont jeté un grand éclat : on 7 admire le Juyénal de Dryden » TApol»* lonius de Fawkes , le Lucain de Howe \ THomère 4c Gowper a ses partisans, ainstque le Viigiie de Pittj et ^ traduction du premier de ces deux grands poètes par Pope * est mise au nombre des chefs-d'œuvre de la littérature anglaise

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DE Ui SECONDE ÉDITION. i3g

ques grecs et latins 9 dont quelques-ones ont placé les traducteurs au premier rang des écrivains de leur nation ^ et qui sont lues , relues, admirées par ceux qui savent, les ' langues anciennes comme par ceux qui les ignorent : cependant ces traductions que sont^Ues antre chose sinon des imitations plus ou moins fidèles du texte original ? On aura beau rassembler toutes les chicanes grammaticales, ^épuiser toutes les subtilités de la syntaxe pour essayer de prouver , par exemple, que, dans ses Géorgiques, l'illustre Delille n'a point le même coloris , la même marche , le même caractère de style que Virgile ; que M. de Sacy , dans les lettres dé Pline le jeune, M. Gnéroolt , dans les Morceaux détachés de Pline Tancfen y n'ont point rendu les pensées de ces deux écrivains avec l'exactitude scrupuleuse d'un traducteur ad verbum} il n'en est pas moins

' . « ........kl

i4o PRÉFACE

vrai qu'il m'est doux âé retrouver dans ma propre langue uu des plus beaux poèmes de Tanfiquité^ exprimé en vers flexii>Ie59 j>ril«lants 9 nobles , harmonieux y tels enfini qué je ne conçois guère qu'il soit possible d'eu faire dé meilleurs en français ; que les traductions des deux 'Pline m'offrent dés modèles d'élégance, de finesse ^ de force, de noblesse , quelquefois des traits d'une baute éloquence ; enfin que ce sodt des ouvrages^ utiles pour le fond ^ agréables pour la forme, et qui prouvent que la langue française est capable de bien traduire, de même qu^en marchant on prouve l'existence du mouvement.

Mais qu^ai-je besoin ée^ànet ces belles et excellentes traductions? Ne me suifiroi^-il pas de rappeler que , dans plus d'uiïe circonstance , Iliabile critique les a ïouées luimême avéc une délicatesse et un discerne-

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DE LA SECONDE ÉDITION. i4i

ment auxquels je dois sâm daute désespérer d'atteindre? et ne seroitxe pas pour moi Targument le plus triompliant (j[ue de copier

^ ici cès élogés si justes èt si magnifiques , imprimés par lui dans le même journal oiiil a publié son piquant paradoxe ? La traduc-> tioû dés Géorgiques lui semble un omrage ùdinirablc, d'un taUnt supérieur; il trouve celle de Pline le jeune dighe de toute sa re^ fiomméei Bf. Cruéroult, en traduisant l^line l^àncien , Im paroît s'élever a la hauteur de son modèle -, il a vanté peut-être le Quintilien

, tràdùit par l^abbé Gédoyn stu-^elà des mérités de ce traducteur. Quels sont donc véritablement ici les objets de ses ^édaius littéraires? Je ne \ois en effet que les traduc** f Idns ou inédiocres ou mauvaises qu'il ÉsLUt bien consentit* a lui abandonner. Mais quoique de tels dédains , poussés aussi Idin ^^il les affecte , né soient nullement équitai>les i

i4ft PJaËFACE

du moins pour les productions de ce genre qui ne sont frappées que de médiocrité ^ on ne peut diaconvenir que ceci ne chânge entièrement l'état de la question et que > réunissant maintenant et ses aveux , et les exem*pies, et les autorités qui s'élèyent contre lui, on ne soit fondé à en tirer cette conclusion entièrepient contraire à la sienne , que c'est par cela mêpie qu'il n'existe de tels ou tdn auteurs que dea traductions imparfaites > qu'il est cpnvenable d'essayer de les traduire encore*

C'est ce que j'ai osé faire pour Anacréon^ lie^ encouragements flatteurs, les conseils excellents que l'habile critique a bien youlu lui-?méme me donner lorsque je publiai cette traduction pour la première fois , quelque plaisir qu'ils aient pu me fiure , quelque pro* fit que j'en aie pu tirer, ne m'aveuglent point aur $es défstuts. Qlalgré les peines infinies

qu'elle m'a coûté, et plusieurs corrections faites dans cette seconde édition , je crains bien que, de même que toutes les traductions qui Tout précédée , elle n'ait d'autre effet que d'encourager quelque écriTain d'an vé^ ritable talent à traduire un jour ce grand classique comme il mérite d'être traduit, et comme il est possible de le faire. *

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' DE lA ïiftÛlSlËMÊ ÉQilTIOlf.

J'ai peu de choses à dire sur ceti^ trqi^Âème édition.

jLe discQ!;irs préliminaire accoioipftlirait r.édiUQJi pcécéde«te ^ #t :^iie j'ai fiât l^éîmprimer dans celle-ci , a obtenu le suc— ,cës Le plus flatteur qu'il me Cût permis d^esr jptércj^» Le ci:i^q[ue ingé^eiiif , 1 ecrivaiu éloquent que y y comj^attois avec une juste méfiance de mes forces , a bien voulu s'avouer

vaincu dans une lutte ou il n'a pu succombei^

que par la foiblesse de la cause qu'il sem-

i46 PïOÊFACE

bloit s'être fait un jeu de défendre. A cet areu qu'il a cherché lui-même Toccasian de faire publiquement (i) » et qu'il a su présenter avec toutes ces grâces oratoires qui naissent si facilement et si naturellement sous sa plume, il a joint çl^ nouveaux éloges de mon travail,, de manière que je n'ai point •obtenu ce triomphe de conviction sur un ad- > versaire aussi redoutable, sans emporter eor^ core de nouvelles marques de son extrême bienveillance.

.Du reste , l'opinion paradoxale qu'il avoit si adroitement présentée et soutenue avec tant d'art et de talent , est loin d'être noiïvelle. Mes lectures me Tout plus d'une fois ' offerte , mais nulle part avec des développe- *ments plos étendus que dans la préfiice d'une édition des Histoires de Tacite, pu-

(i) Dans h Journal des Débats.

DE LA TROiSlÈMË ÉDITION. 47

bliée ea 180 1 par M. Edme Ferlety anci^a professeur de l'Université (1). On y trouve Une suite de raisonnements qm ne différent de ceux de M» Dussault que parce qu'ils sont revêtus de formes beaucoup moius élégaiv-* tes , et que Tauteur, à quf Ton ne peut cependant refuser un vrai mérite littéraire , semble,, dans son antipathie invincible et presque furieuse contre les traductions, avoir entièrement oublié le chapitre de Quintilien

(i) Cet ouvrage est intiti^ : Observations liué" rahreSf eritiquûê ^ politiques , nùUtaireSf géographiques y etc. , sur les Histoires de Tacite , avec le texte latin corrigé 9 par Edme Ferlet^ etc. Chez Levrault frères , etc.

Il y a dans ce livre 9 qui nest point assez connu ^ une érudition critique et litKraire peu commune; mais le ton aigre et tranchant de Tauteur dépare quêlquefeîs ses recherches intéressantfes et ses dbsev» vations pleines de sagacité.

i48 PRÉFACE

oîi les bienséances du style sont si rîgoureu-' sèment établies par ce grand législateur de l'art d'écrire. Dans cette préface , M. Ferlet , entre mille autres propos fort durs dont il les accable , appelle les traducteurs des as^ Sassins de V imagination et du génie ; et s'il juge convenable d'en introduire un qui essaie humblement de repousser l'outrage et de présenter une défense dont on peut concevoir la foiblesse , puisqu'elle passe par la bouche de son terrible accusateur : Tais^ toi^ vil imposteur / s'écrie celui-ci , etc. Telles sont les fleurs de rhétorique de M. Edme Ferlet.

Sans perdre ici beaucoup de temps à le réfuter , je ne puis m'empêcher cependant de faire observer qu'en résumant les arguments dont il cherche à étayer son paradoxe, on y retrouve , comme dans tout ce qui a été dit sur les traducteurs et sur les traduc-

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