‹ Œuvres poétiquesChapitre 101 sur 226 · Henri IV, sans doute · texte numérisé non relu

Henri IV, sans doute

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Et voit ainsi languir les flammes de son œil : 0 mon cœur (\\iy dit-il) reuiens-tu du cercueil, P'antosme désirable à mon ame affligée, Pour voir en quels ennuis ta mort l'a submergée? Ou iouïssante encor de la clarté des Cieux Viens-tu pour estancher les larmes de mes yeux, Toy-mesme leur prouuant par ta douce présence Qu'encor en ce beau corps l'ame fait résidence, Et que les bruits courans qui dolens messagers Ont publié ta mort, sont faux et mensongers?

Mon ame (respondit animant sa parole La foible et triste voix de ceste aimable idole) Vn faux bruit de ma mort n'a point deceu ton cœur : l'ay senty du trespas la meurtrière rigueur : Mon corps n'est plus que terre : et ces yeux dont la flame Sembloit donner la vie et le iour à ton ame, D'vne éternelle nuict en la tombe couuers Ne sont plus maintenant que le repas des vers. Accident qui tesmoigne aux hostes de ce monde Combien faux est l'espoir de l'ame qui s'y fonde. Puis que rien n'est durable en ce traistre séjour : Que la gloire y fleurit et s'y passe en vn iour : Que la pompe et l'orgueil des beautez de la terre Qui luit comme de l'or, se rompt comme du verre : Et que la mort triomphe, en te priuant de moy, De ce qu'Amour faisoit triompher d'vn grand Roy.

Mais bien que ie sois morte en l'auril de mon âge Lors qu'vn grand heur présent, et l'asseuré présage D'vn plus grand à venir fauorisant mes iours. Me faisoit désirer d'en prolonger le cours : Si n'ay-ie rien laissé de tant d'heur et de gloire, Qui blesse de regret ma dolente mémoire, Et cause les souspirs au tombeau me suiuans. Que toy mon seul espoir, et les gages viuans

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