I. Car ny te lamenter ne — Cf. Darmesteter, op. cit
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Tantost toy-mcsmc assise entre les lauriers verds, Et de ton propre stile y grauant de beau^x vers, Tu te faisois paroistre vne nouuelle Muse Où l'ame d'Apollon semonstroit tout' infuse. Que s'il te plaisoit lors animer de ton cha'nt Le luth que sçauamment ta main alloit touchant, Les esprits attirez sur le bord de l'oreille Estoient sans iugement s'ils restoient sans merueille ' Et si lors Calliope eust enuié ta voix, Apollon tout de mesme eust enuié tes doigts.
le tais mille autres dons d'esprit et de courage Qu'il pleust encor au ciel t'octroyer en partage, De peur d'exprimer mal leurs célestes couleurs En vn tableau tout peint de la main des douleurs : Et diray seulement, le grauant sur ta cendre, Que ce que ta grandeur te souloit faire rendre De respect et plus digne et plus iustement deu, Tes vertus meritoient qu'on te le vist rendu.
Or sont pour tout' iamais sur la terre éclipsées Ces lumières d'honneur, astres de nos pensées, Sans espoir de les voir après quelque saison Esclairer de nouueau nostre humain horison. L'impitoyable mort, la mort inexorable A couuert leurs rayons d'vne ombre perdurable : Et l'éternel silence en fin a cacheté Ces leures qui rendoient nostre esprit enchanté : Ne nous restant plus rien de leurs grâces estaintes Sinon le souuenir, les regrets et les plaintes : Piteux restes de toy, mais gardez chèrement, Et de qui si la garde apporte du tourment Aux cœurs que tu liois d'vne humble seruitude, La perte s'en verroit pleine d'ingratitude.
Face donc le destin ce que peut sa rigueur, Tousiours ton souuenir viura dans nostre cœur : Car quelque amer ennuy qu'il cause à la pensée, La fidelle mémoire en sera moins blessée