‹ Œuvres poétiquesChapitre 116 sur 226 · DE M« LA DUCHESSE DE MONBAZON · texte numérisé non relu

DE M« LA DUCHESSE DE MONBAZON

Les plus rares vertus dont on prise l'exemple Logeoient dedans ce cœur en vn corps ieune et beau: Mais ainsi que viuant il leur seruoit de temple. Maintenant qu'il est mort il leur sert de tombeau.

Car alors qu'il mourut aussi moururent elles, Et dans luy pour iamais s'enterrèrent en dueil : Ne pouuant viure ailleurs es poictrines mortelles, Et ne se voulant pas choisir d'autre cercueil.

Non, le faux : les vertus d'vne ame si parfaite N'ont point senty le coup que donne le trespas, Ains viuent d'vne vie à la mort non sujette, Et la font elle-mesme encor viure icy bas.

I . C'est, sans doute, Madeleine de Lenoncour, dame de Coupvray, qui avait été fiancée à Louis de Rohan, duc de Montbazon, et qui épousa plus tard le frère de Louis, Hercule de Rohan, duc de Montbazon, dont elle eut une fille (1600) qui fut la belle duchesse de Chevreuse. (V. La Chesnaye- Desbois, t. 17.)

La duchesse de Montbazon mourut en 1602. Hercule mou-

Pour le moins leur mémoire incessamment viuante La maintient immortelle au cœur de son espoux, A qui bien que la perte en soit dure et cuisante, Le nom ne laisse pas d'en estre cher et doux.

Aussi portant en l'ame vne iuste tristesse De voir que ceste tombe enferme tout son bien, Donne-til ces souspirs au regret qui le blesse, Et graue sur ce cœur les paroles du sien.

Paroles qui font voir que rien ne le contente, Sinon le souuenir de leurs aimables feux, Et que dedans ce vase où trompant son attente La mort n'a mis qu'vn cœur, l'Amour en loge deux.

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