I. L'édition de 1620 portait
Et si du tout la cause en estoit ou fausse ou vraye. Le vers était" faux. Le premier ou était sans doute mis par suite d'une erreur typographique.
DE M. Bertavt. 12^
D'aise de voir le ciel présenter à sa rage Vn moyen préparé pour venger son outrage : Mais le tenant couuert sous vn geste rusé Que pour se faindre triste elle auoit composé, Gernande, (respondit l'impie enchanteresse) le desplore à par moy la douleur qui te presse : La conçoy mieux encor que tu ne la dépeins, Et plains mesme auec toy ceux de qui tu te plains, Pour l'heur et le repos qu'à tous trois ie désire, Et les maux qu'à tous trois ce mal semble prédire. Car le moindre malheur qui s'en puisse enfanter, C'est de voir toute paix loing de toy s'absenter, Tels estans ces soupçons qu'à grand peine ils s'arrachent De l'ame oia par malheur vne fois ils s'attachent : Dont il aduient qu'en fin pour comble du torment, Quand la cause en est iuste, et vray le fondement, Vn grand cœur ne pouuant en faire peu de compte, S'en venger c'est malheur, et l'endurer c'est honte.
C'est pourquoy si ton ame eust tant sceu mépriser Ces friuoles soupçons, ou tant les maistriser Lors qu'encor leur pouuoir estoit en son enfance, Que bien tost leur trespas eust suiuy leur naissance, Sans leur donner toy-mesme accroissance et vigueur, Vne sage pensée eust logé dans ton cœur : Car de les estouffer maintenant qu'ils épandent Leur venin en ton ame et vaiqueurs luy commandent, Ce seroit le conseil d'vn esprit trop parfaict, Et d'vn plus sage aduis que d'vn facile effect.
Cependant, tu deurois y forcer ton courage. Te monstrant en cecy moins sensible que sage : Car quel bien ou repos te sçauroit aporter Le hazardeux moyen que ton œil veut tenter? Ma glace est bien au lieu d'vn infalible ^ oracle, Et ie preuoy qu'aussi nul odieux spectacle, Ne s'yroit en sa face exposant à tes yeux : Mais encor, si par sort la volonté des cieux