I . Il y a ici une inversion, pour
Ce seroit un blasphème murmurer, etc.
Au XVI® siècle, rinfmitif emoloyé comme sujet logique ne
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Aussi ne viens-ie pas l'accusant m'excuser : L'horreur de mon forfaict ne se peut déguiser : Et ce m'est assez d'heur si sa iuste clémence Permet à mon trespas d'en expier l'offence. le m'en vois l'endurer d'vn cœur ferme et constant, Ne m'y plaignant de rien, et rien n'y regrettant, Fors de voir que ma mort d'aucun fruict n'est suiuie, Et qu'épandre mon sang ne te rend point la vie. Cependant, reçoy-la d'entre les clairs esprits, Sinon auec pitié, pour le moins sans mépris, Sous le funèbre nom ou d'amende ou d'offrande Que paye à ton trespas l'infortuné Gernande, Autrefois ton espoux, maintenant rien sinon Vn meurtrier que son crime a priué de ce nom.
Fais-en de mesme Adee, ame que la manie De ma cruelle main hors du monde a bannie, Et qu'vne mesme offence a mis en mesme rang : Partagez entre vous ce misérable sang Que ie vous vois espandre ainsi qu'en sacrifice. Tant que vostre courroux s'esteigne en mon supplice.
Ayant dit ces propos, il tourna vers les cieux Le cœur et la parole, et les mains et les yeux, Puis présenta sa teste à la mortelle atteinte Du coup qui pour iamais rendit sa vie estemte. Et voila de quels fruicts se trouuerent autheurs Les mensonges muets des miroirs enchanteurs.
Philon ne parloit plus, quand l'amoureux Timandre, Certes, dit-il, Philon, tu nous as fait épandre Des larm.es de pitié sur le triste discours D'vne si rare histoire aduenuë en nos iours : Mais outre la pitié dont ie me sens attaindre. Ce mal particulier la croyant me fait plaindre, Qu'elle me rend douteux le bien inespéré De qui desia mon cœur viuoit comme asseuré.
se fait pas encore précéder de que ou de que de; il se fait annoncer par c'est. — Cf. Darmesteter, op, cit., p. 269.
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Mais soit-il faux ou non : il me plaist de le croire, Quelque obstacle nouueau qu'y mette ceste histoire, Vn bien, encor que faux, paist l'âme de plaisir, Tant que pour véritable il est creu du désir.
Ainsi dist et fist-il, nourrissant sa pensée De l'espoir que l'image à ses yeux aadressee Venoit de faire naistre en son cœur amoureux, De viure encor au rang des amants bien-heureux. Il est vray que tousiours la misérable crainte D'esprouuer que ce bien ne fut rien qu'vne fainte, Trauaillant son esprit luy faisoit désirer Qu'vn gage plus certain l'en voulut asseurer : Mais la beauté qu'Amour luy rendoit vn miracle Seule pouuoit changer ce doute en vn oracle.
Attendant donc qu'vn iour son exil accourcy Permist que par sa bouche il s'en veit éclaircy. Pour seruir cependant d'entretien à sa vie, Il estima suffire à ceste ardante enuie De sçauoir que la Belle, au déclin d'vn tel iour, Eust releu quelque escrit tesmoin de son amour : Afin qu'alors la preuue en estant manifeste, Il peust en son esprit conceuoir tout le reste : Et par là s'asseurer qu'à son œil abusé Les démons inuoquez n'auoient point imposé.
C'est pourquoy ce désir n'ayant eu nulle cesse Qu'il n'en eust par escrit consulté sa Déesse, EÏÏe sans luy nier ny confesser aussi Que la vérité fust ny ne fust pas ainsi. Par sa response accorte emplit son espérance D'vn doute ou reluisoit l'euidente asseurance De la grâce attendue, et parmy cent appasts Aduoùa sa demande en n'y respondant pas.
Bien reprist-elle en luy cet estrange remède Oi!i l'ennuy qui les cœurs en absence possède Auoit fait recourir ses misérables yeux, Comme vn remède impie et condamné des cieùx
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Mais iugeant qu'vn conseil en vn ieune courage Est tant plus amoureux que moins il paroist sage : Et prenant cestui-cy pour vn gage asseuré De ce que peut en l'ame vn feu démesuré, Elle en estima tant sa ieune impatience, Que sans plus luy cacher de la fainte apparence D'vn volontaire oubly le feu de qui l'ardeur Consumoit chastement son aimable verdeur, Elle luy deuoila les secrets de son ame, Et dés l'heure permist qu'vne A^isible flame Embrasast derechef leurs amoureux esprits Désormais l'vn de l'autre ouuertement épris.
TRADVCTION
VN PEV PARAPHRASEE
DV DEVXIESME LIVRE DE L'ENEIDE