‹ Œuvres poétiquesChapitre 180 sur 226 · Clémence. {Note de l'auteur · texte numérisé non relu

Clémence. {Note de l'auteur

Pistie* aux simples mœurs; et celle- qui de loin Estend sur l'aduenir l'œil de son sage soin, Là se faisoit paroistre à ses illustres marques La belle Euergesie', ornement des Monarques ; Et la ferme Hypomene"^, et Cartere^ sa sœur, Et celle qui souuent nuist à son deffenseur, La naïue Alithie^ aux mortels peu cogneuë, Qu'on voile, et qui se plaist à se voir toute nuë.

Bref de tant de vertus que le ciel convoquoit, Nulle, sinon Dicee", au troupeau ne manquoit, Et la saincte Eusebie^ en ses vmbres cachée. Et long-temps presqu'en vain par les anges cherchée.

Car vne viue idole ^ erre icy parmy nous. De qui le simple habit, le parler humble et doux, Le regard jette bas et le geste hypocrite, Se forme à son modelle, et de si près l'imite Auec son mesme feint, et ses gestes rusez, Que les plus clers voyants s'y trouuent abusez.

Vous diriez que son cœur n'a que Dieu pour délices, Que jeusner et prier sont ses seuls exercices : Qu'elle abhorre le monde, et l'ayant pour son fléau '", Y vit comme vn poisson vit estant hors de l'eau, L'ardante amour du ciel dont le feu la consume, Ne luy laissant ailleurs rien gouster qu'amertume. Et cependant la feinte, en ses désirs cachez. N'imagine qu'honneurs, ne songe qu'Eueschez;

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