I. Superstition. (Note de l'auteur
DE M. Bertavt. 459
Dans ce lieu solitaire, entre les oraisons, Antidotes sacrez des mortelles • poisons, Qui corrompent vne ame au vice abandonnée, L'Ange trouua la Nymphe à genoux prosternée. Leurs propos furent cours; car le temps les pressant. Apres qu'en peu de mots son discours ramassant, Il l'eut en bref instruite et du vouloir céleste, Et de ce qu'il venoit luy rendre manifeste , Ils prindrent leur chemm dedans vn coche d'air Vers l'endroit où leurs pas deuoient tous se guider, General rendez-vous de la trouppe amassée, A qui manquoit encor la Princesse Dicee-. Mais le courrier voilant, esleu pour la chercher, Ny ne la voyoit point sur la terre marcher, Ny ne la trouuoit plus, comme autrefois, assise Dans les saincts tribunaux des Roys et de l'Eglise, Entre les Magistrats qui sont la viue voix. Les sacrez truchements, et l'esprit de leurs loix. Dequoy s'émerueillant, et désirant d'entendre Quelle cause pourroit la langue humaine en rendre, Il print vn corps visible , et se chargeant les mains D'vn sac gros de papiers et de vieux tiltres faints , Entra dans vne salle où bruyoit le murmure D'vn peuple trémoussant sous la fiere pomture De la cruelle Eride^ espandant ses fureurs, lusques dedans l'esprit des simples laboureurs, Picquez, comme d'vn tan, des traits de sa manie. Et battus de ses sœurs Merimne^ et Dapanie^
Dans ceste grande salle incogneuë au repos, Erroit ceste Furie, ou parmy ses supposts. Ou parmy les chetifs que ses dures estreintes Lioient entre les pleurs et les friuoles plaintes ;
1 . Mortelks, adjectif invariable comme publique (au masculin et au féminin).