‹ Œuvres poétiquesChapitre 184 sur 226 · Iniustice. (Note de l'auteur · texte numérisé non relu

Iniustice. (Note de l'auteur

2. L'édition de 1620 portait banlances y nous croyons qu'il y avait là une faute. La forme baniance nous est inconnue et ne se trouve dans aucun lexicographe.

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Chacun selon la joyc ou l'ennuy qu'il ressent, Y logeant son pouuoir, ou l'en feignant absent. Bien te puis-ie asseurer, sans qu'aucun en appelle, Que ce n'est pas icy sa demeure éternelle : Quelque fois elle y vient, amenant quand et soy L?antique preud'hommie, et l'honneur, et la Foy; Mais les estranges tours d'vne Dame prophane Que d'vn tiltre barbare on appelle Chiquane, L'affligent tellement qu'ils la font resortir, Ne pouuant l'vne et l'autre ensemble compatir. Et puis Plute y suruient qui luy menant la guerre Auec ce doux effort dont il règne en la terre. Et souuent la faisant en larmes retourner, Est cause qu'on l'y voit rarement seiourner.

le l'ay veuë habitante en ce Sénat auguste Qui séant sur vn lit plus Royal et plus iuste. Remplit d'Edits la France, et croy que maintenant Tu la pourras trouuer encor y seiournant ; Si les mesmes abus de qui la tyrannie L'a de tant d'autres lieux ouuertement bannie. Ne s'y sont point coulez par vn chemin doré ; Mais arrière ce mal d'vn lieu si reueré.

Cela dit, il se teut : et l'Ange à la mesme heure Se cachant à ses yeux quitta ceste demeure : Rendit à l'air le corps qu'il auoit pris de l'air, Et vers d'autres Palais se hastant de voiler, Rencontra la Princesse au milieu de la voye. Qui portant sur le front vne euidente ioye, D'auoir en iugement terracé le support Dont le pire party se rendoit le plus fort, Venoit de décider, au Conseil de nos Princes, Vn poinct d'où dependoit la paix de leurs prouinces.

Mais ce contentement fut encor augmenté, Quand elle eut du courrier appris la volonté De celuy dont les Cieux adorent la puissance. Pour le surnom futur du grand Dauphin de France Et dés l'heure auec luy parmy l'air se guidant, Se rendit à la trouppe encor les attendant.

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Or s'en alloient partir ces Nymphes assemblées, Toutes d'aise ' et d'espoir diuersement comblées, Pour voiler au séjour des Rois fauorisé Oii le Nom résolu deuoit estre imposé A ce Royal enfant, l'espérance du monde, Par l'eslite des grands dont l'Europe est féconde : Quand vn noble débat entre-elle s'émouuant, Retint encor leur vol de passer plus auant : Quoy qu'vn ardant désir de voir l'illustre enfance De cet Astre naissant qui doit luire à la France , Pressast leur départie, et que de tous costez Les sacrez ornements pour cet œuuvre apprestez. Les Princes, le Roy mesme, et les Dames parées D'habits d'où s'éclattoient mille fiâmes dorées. Et tout Fontaine-bleau pompeux en ses Palais, Semblassent s'offencer des plus iustes délais.

Mais ayant ordonné le Monarque céleste.

Que celle des Vertus qui passeroit le reste En ce qui rend vn Prince heureux et florissant, Consacreroit son nom à ce nouueau croissant; Quand l'vn des saincts courriers qui gallopent des ailles Vint à les exhorter d'en consulter entre elles. Et pourquoy, dit Andrie-, entre nous consulter D'vn poinct dont seulement on ne doit pas douter ? C'est à moy, c'est à moy qu'appartient ceste gloire : Car quelle autre que nous orne plus la mémoire D'vn magnanime Prince, ou maintient mieux que moy La majesté d'vn sceptre en la main d'vn grand Roy? C'est moy qui rends son nom reluisant de louanges : C'est moy qui le fais craindre es prouinces estranges Et qui par la terreur de son bras redouté Retiens Tardant désir dont se verroit tenté L'ambitieux esprit des Tyrans de la terre, D'épandre sur ses champs les malheurs de la guerre;

1. L'édition de 1620 portait Tout d'aise. C'est^sans doute une coquille, car le vers serait faux.

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