I. Représentée; c'est un latinisme (fingiîur
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Des rayons de vertu dont la gloire est si grande. Car l'effort de ton bras ne se voit employer
Su'aux saisons ou la guerre ose tout foudroyer : ais quand la douce paix fait fleurir les prouinces, Alors on te reserre aux cabinets des Princes, Entre les corselets ou qu'ilz ont despoiiillez, De l'amour du repos sagement conseillez, Ou que les changements des vsages mobiles, Penaent aux râteliers en harnois inutiles. Mais moy, ie sers en guerre, et sers encore en paix. Car c'est moy qui l'engendre, et l'anime, et la pais De preuoyants edicts, de conseils pacifiques. D'amaibles traitez, de prudentes pratiques, Bref de tout ce qui peut rendre des Rois amis, Ou régler ceux qu'on tient à son sceptre soumis ; D'où si quelque heureux fruict s'espand sur la patrie, La louange en est deuë à ma seule industrie.
Mais quel Estât au monde à iamais peu fleurir, Ou plustost quel Estât ne s'est point veu périr, Manquant de ma conduite, et laissant la Fortune Seule régir le cours de la barque commune? Quelle humaine action, ou dessein, ou penser, A peu iamais sans moy d'heureux fruict auancer? Quelle grande maison ou publique ou priuee. S'est iamais sans mes loix bastie ou conseruee? Tous les plus nobles arts, tous les mestiers humains Qui conceus du cerueau s'enfantent par les mains, Ne me tiennent-ils pas la matrice féconde D'où s'éclot leur naissance et première et seconde? Les conseils plus amis qui sont donnez sans moy, Peut-on pas les nommer trompeurs de bonne foy. Qui d'vn auis aueugle, et mauuais sans malice, En Guidant garantir poussent au précipice?
Non, non, rien icy bas ne sçauroit se passer Des rayons lumineux dont i'esclaire au penser : le suis le vray soleil des actions humaines : Sans moy le seul hazard a l'honneur de leurs peines :
DE M. Bertavt. 4SI
Mais par moy, pour le moins ce qu'on a hazardé, Se iuge bien conçeu, s'il a mal succédé' : Quoy qu'aux lieux oii l'on voit régner ma vigilance, Le dé de la fortune ayt bien peu de puissance.
Soit donc pour la mémoire, et pour la gloire encor, Escrit dedans vn cèdre avec vn stile d'or, Que des grâces du ciel dont l'ame est enrichie, Il n'apartient qu'à moy d'auoir la monarchie; Et que comme leur Reyne, et l'ame de leurs loix, Sur toute autre Vertu le suis digne des Rois, A qui tout me cognoist d'autant plus nécessaire, (Estant et leur conduitte, et l'œil qui leur esclaire) Qu'vn guide est estimé par tous discours humains, Auoir plus besoin d'yeux que de pieds ny de mains.
Icy se teut Phronese - : et la vaillante Andrie ^ Guidant voir en ces mots sa louange amoindrie, Sembloit vouloir respondre, et ia dire tout bas Qu'elle estoit moins experte en discours qu'en combats. Et que de soustenir l'honneur de sa querelle * Ses armes volontiers repartiroient pour elle ; Quand la saincte Eusebie ^ enflant tout à la fois Le zèle de son ame, et le ton de sa voix, Voilà, voilà, dist-elle, auec quelle insolence Les humains admirants ou leur folle prudence. Ou leur foible valeur, se vantent tous les iours Que ce n'est point le bras du céleste secours. Mais le leur qui les sauue, ou leur seule conduitte Qui met sans coup frapper leurs ennemis en fuitte.
Ainsi le simple enfant à qui quelque escriuain Pendant qu'il forme vn trait conduit la foible main
1 . Succéder est pris ici au sens de arriver, advenir. — Cf. Littré, à ce mot, 6°.