Iustice. (Note de l'auteur
3. Valeur. (Note de l'auteur.) 4.. Pieté. (Note de l'auteur.)
j . Prudence. (Note de l'auteur.)
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Comme herbes qui se font douteusement priser, Qu'on voit guanr d'vn mal, et d'autres en causer. C est vn digne suiet de triomphe et de gloire Que de gaigner par force vne illustre victoire, Couurir de morts la terre, en faire un rouge estang, Et mirer sa vaillance en des fleuues de sang : Mais qu'est ce tout cela fors autant de carnages Dignes de la fureur des Lyons plus sauuages, Sinon lors que le droit du fer victorieux En rend la cause iuste et l'effect glorieux ? Et quoy, ces palmes-là dans le sang si plongées, Se cueillent-elles pas es terres saccagées Par les feux de la guerre épris de tous costez Sur la face des champs tristement désertez ? 0 sanglante vertu qui n'a lieu qu'en la guerre. Et lors que cent mal-heurs rauagent par la terre ! Donc de peur que l'acier dont son flanc est armé Ne rouille en son fourreau trop long temps enfermé, Il faut voir en pleurant les Prouinces désertes Monstrer de tas de morts leurs campagnes couuertes, Les citez et les bourgs à toute heure embrasez, Les plus fertiles champs au pillage exposez. Et le peuple innocent qui n'a recours qu'aux larmes. Tomber comme immolé sous le tranchant des armes !
Certes, noble fureur des esprits courageux. L'effroyable théâtre oii s'exercent tes jeux Couste trop au public : tes palmes sont trop chères ; Et ta gloire chemine entre trop de misères. De périls, de douleurs, de trauaux, de trespas. Et d'accidents mortels dont tu ne destruits pas Tes ennemis sans plus, ou leurs champs et leurs villes, Mais ceux mesmes qui sont tes viuants domiciles.
Aussi de quels effets, autres que malheureux, Ont remply l'univers mille Roys valeureux De qui tant de combats font bruire la mémoire. Qu'il faut auec du sang escrire leur histoire ? Ils ont rendu leur nom vn suiet de terreur : Comblé les plus doux champs de ruïne et d'horreur :
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Espandu mille maux sur la terre et sur Tonde :
Et sans bruit ébranlé les fondemens du monde ;
Ne tirant autre bien de vaincre et d'assiéger, '
Fors l'honneur d'auoir sceu vaillamment saccager.
Reprochable louange à des généreux Princes, A des pasteurs de peuple, et sauueurs de Prouinces : Cepenaant beaucoup d'eux ne cueillent autre fruit De leurs sanglans labeurs que ce malheureux bruit : Au lieu que leur pouuoir deust seulement reluire, Pour ayder et sauuer non pour perdre et destruire.
Vn seul Roy de ce temps (c'est assez le nommer) QuVne iuste querelle a contraint de s'armer Pour entrer par la force en son propre héritage, A consacré son bras, ses armes, son courage Au bien de son Empire, et forçant le mal-heur, Fait auoiier la Paix fille de sa Valeur. Les autres vaillants Roys, affamez de conquestes. N'ont de ce vent d'honneur émeu que des tempestes Qui dans leurs propres flots les ont presqu'abismez, Et leurs tristes suiets auec eux consumez : Causants mille malheurs, ou pleurant on remarque Quel mal c'est quelquefois qu'vn si vaillant Monarque.
Et quand aux Roys prudents, mais prudents seulement, Souuent trop de discours naissants du iugement Les font viure craintifs, les gardent d'entreprendre, Leur font perdre le temps par trop long-temps attendre, Et n'auenturant rien, mais tousiours discourant, Pécher autant qu'on pèche en trop auanturant. Ou rendent leurs esprits, es affaires mortelles. Plus accorts et rusez, que iustes et fidelles ; Si bien que comme on voit qu'es suiets hasardeux Ils se gardent de tout, il se faut garder d'eux.
le tais que bien souuent les loix sur qui se fonde L^aueugle vanité des prudences du monde. Ont leur base contraire aux saincts enseignements Que les loix du Seigneur plantent pour fondements : Estant bien mal-aisé qu'vne mesme pensée Vers deux buts si diuers soit ensemble dressée
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Comme il est impossible aux regards de nos yeux, D'embrasser tout-ensemble et la terre et les deux.
Que diray-ie de toy sans blesser ton mérite, Belle et saincte Eusebie, en qui Dieu seul habite? Tu remplis bien des feux d'vne céleste ardeur Les Roys de qui ta grâce embellit la grandeur : Tu fais bien que leur vie est vn parlant exemple Du pouuoir des vertus dont le ciel est le temple : Mais tu les fais d'ailleurs, s'ils n'excellent qu en toy. Trop froidement toucher les autres soins d'vn Roy : Estre en paix trop reclus, trop scrupuleux en guerre, Et tant penser au ciel qu'ils en perdent la terre.
On peut Euergesie, en louant tes effects. Craindre de pareils maux des grâces que tu fais, Car qu'est-ce qu'en vn Roy plus souuent on égale Aux bontez du Seigneur qu'vne ame libérale ^'^ Les Princes libéraux semblent estre des Dieux Que le soin des mortels ait attirez des cieux, Pour chasser d'icy bas l'indigence affamée Dont la pauure vertu souuent est opprimée. Aussi, comme d'un Dieu, leur nom est adoré : On court pour leur seruice au trespas asseuré : Et leur cause le fruict de tant de bien-veillance, Es vns le souuenir, aux autres l'espérance. Que tous les vœux qu'on fait se terminent en eux, Et qu'autant qu'vn soleil leur sceptre est lumineux.
Mais tu fais d'autre part que ces traicts de largesse Bien souuent sont au peuple vn fardeau qui le blesse, Et que, pour empescher ces grâces de tarir Vn Prince estant contraint de souuent recourir Aux tributs, aux imposts^ et par fois aux rapines, On voit les fleurs des vns n'estre aux autres qu'espines, Et l'auarice en fin remplir iniustement Ce que trop de largesse a vuidé follement.
I. Libéral est pris ici, cela va de soi, au sens de généreux, qui aime à faire des libéralités, qui aime à donner, et non pas au sens de favorable à la liberté politique et sociale, sens que nous lui donnons volontiers aujourd'hui.
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Ny toy-mesmc Eumenie', encor que Ton te vante Pour estrc parmy nous l'image plus viuante De la bonté céleste, et l'unique rempart De ceux qui contre moy n'en ont en nulle part ; Si ne te peux-tu dire exempte de la suitte Des maux à quoy souuent l'indulgence est reduitte. Car en trop pardonnant, les crimes tu nourris : Perds les membres entiers pour sauuer les pourris ^ : Et peuplant les citez d'ennemis domestiques, Conuertis tes pardons en outrages publiques.
Mais moy, par les effects d'vne iuste rigueur, le maintiens et les loix et tout ordre en vigueur : Fais que les Roys sont craints et chéris tout ensemble : Que rien fors le meschant sous leur sceptre ne tremble : Que le peuple qui chante au giron de son bien, Sans crainte qu'vn plus grand luy rauisse le sien. Les bénit, les adore, et sans idolâtrie, Croit les pouuoir tenir pour Dieux de la patrie : Bref que rien ne peut rendre vn règne bien-heureux Que la terre n'esprouue et sous eux, et par eux.
Car tel comme s'esleue vn grand fresne sauuage De qui la seule odeur, voire le seul vmbrage Fait mourir les serpents qui l'osants approcher, Se vont dessous son ombre ignoramment coucher : Tels se monstrent les Rois aux couleuures du vice. Quand ils ont déclaré la guerre à l'iniustice; Et font régner mes loix auec autant de soin. Qu'ils ont soin de tenir leur sceptre-dans le poin. Nul rebelle dessein ne peut prendre naissance, Ou prospérer es lieux soubmis à leur puissance : Et la faueur du ciel leur accorde en payment D'auoir fait sous les loix trancher également Le fil de mon espee en leurs champs et leurs villes, Qu'ils n'vsent point la leur en des guerres ciuiles.