‹ Œuvres poétiquesChapitre 193 sur 226 · I . S'avancer de, s'avancer pour tenter de · texte numérisé non relu

I . S'avancer de, s'avancer pour tenter de

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Il ne faut pas qu'en jeux, et sans fruict dépendu, II soit comme de l'eau sur la terre épandu, Cela dit, craignant plus l'abus que le dommage, Qu'il le voue au Seigneur comme à son droit vsage.

Et c^est le luy vouer, et le rendre sacré D'vne espèce de vœu que ses yeux ont à gré, Que de le consumer es Royales dépenses, Ou Que tout vn Royaume a pour seules deffences : Ou de qui la splendeur faict éternelle foy De la bonté, sagesse, et pieté d'vn Roy.

C'est pourquoy , que sa main ne soit iamais fermée A celles dont le lustre orne la renommée : A bastir des Palais oi!i luise sa grandeur, Mais où l'vtile vsage égalle la splendeur : Donner vn dos de pierre aux grands chemins publiques : En aqueducts et ponts égaller les antiques : Fonder des hospitaux, ou renter les fondea : Brauer l'humide orgueil des fleuues débordez, Auec le fort rempart des publiques chaussées : Deffendre ainsi ses ports des vagues courroucées : Bastir de grands ouuroirs aux mestiers des neuf Sœurs : Auancer leurs beaux arts : doter leurs professeurs , Et prendre en des biens-faits , comme en des rets viuantes Et les vaillants esprits, et les âmes sçauantes.

Mille et mille beaux vers diuersement chantez Ont publié la foy, la valeur, les bontez, La clémence, et l'esprit de nostre grand Monarque, Selon qu'vn docte vent en a poussé la barque : Mais nulle voix n'a faict, en vers graues ny doux. Le los de sa largesse encor bruire entre nous ; Quoy qu'vn million d'or, somme plus que Royalle, S'épande tous les ans de sa main libérale, Sur ceux que sa bonté luy faict fauoriser, Ou leurs propres vertus diuersement priser.

Qui de ses deuanciers franchit onc ces limites, Soit voulant obliger, soit donnant aux mérites ?

DE M. Bertavt. 469

Nul n^attaignit iamais iusqu'à telle hauteur

Quoy qu'vn publique bruit ny trompé, ny vanteur,

Ait acquis à son nom la fleurissante gloire

De Prince libéral et d'illustre mémoire.

Et nous ne ferons pas voiler par Fvnivers

Vn los si mérité sur l'aille de nos vers?

Et nous ne dirons pas que sa main renommée

Sçait aussi dignenient, quand elle est désarmée,

Obliger de bien-faits ceux qui luy sont soubmis,

Qu'elle sçait aux combats vaincre ses ennemis?

S'en taise qui voudra : s'abstienne de Tescrire Quiconque ne sent point ceste bonté luy rire \ Soit par le seul effet de son propre mal-heur, Soit par celuy qui naist d'ignorer sa valeur : Moy qui marche entre ceux que la source féconde De ce grand fleuue d'or laisse boire en son onde, le la veux publier, tant parlant qu'escriuant, Aux oreilles du siècle et présent et suyuant : Et dire sans flatter que les vœux dont la France Accompagne le vol de sa neuue espérance, Ne doiuent aspirer à rien de plus heureux. Si non qu'en ceste part de Prince généreux. Aussi bien qu'es vertus qu'encor on en espère, Le Ciel nous rende vn iour le Fils égal au Père : Luy faisant tellement ses bien-faits ordonner, Qu'il donne comme vn Roy qui veut long-temps donner, Mais qu'vne telle ardeur à ceste gloire enflame, Qu'il donne tousiours moins de la main que de l'ame.

Face l'heureuse loy qui commande aux destins, Que s'estans assoupis les troubles intestins Dont nous auons senty la tourmente publique, Il vieillisse en vn règne à iamais pacifique ; Et n'esprouue en nul temps ce que pesé vn harnois. Fors qu'en vne barrière ou durant des tournois. Ou lors qu'vn sainct courroux époindra son courage D'aller reconquérir son antique héritage :

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