Nisard, Histoire delà littérature française, I
Introduction littéraire. m
car, disait-il, pour trouver une pointe, il faisait les trois premiers vers insupportables ^
C'était dans le tempérament de Bertaut d'être un modéré^ et c'est le jugement qu'ont porté sur lui la plupart des critiques, fussentils même ses contemporains^. « Ronsard ne « lui trouvait pas d'autre défaut que d'être (( trop retenu pour un jeune poètes » Régnier nous l'apprend aussi, dans sa cinquième satire.
Mon oncle * m'a conté que, monstrant à Ronsard Tes vers étincelants et de lumière et d'art, Il ne sceut que reprendre en ton apprentissage Sinon qu'il te jugeait pour un poète trop sage ^.
Malherbe devait faire à Bertaut le reproche contraire; mais, s'il ne l'a jamais formulé luimême, Boileau, le féal admirateur de Malherbe, l'a formulé pour lui dans ces deux vers où sa haine excessive piétine Ronsard :
Ce poète orgueilleux, trébuché de si haut, Rendit plus retenus Desportes et Bertaut.