ET AUX DAMES DE LA COUR
Nous viuions en repos dans les champs Elizees, Libres des passions qui nous ont maistrisees Nous de qui la valeur a braué tout danger, Vmbres du preux Renaud, et du vaillant Roger : Quand le bruit du deffy dont la guerrière audace De quatre Cheualiers nez es plaines de Thrace, Est venue en la Cour du César des grands Roys Appeller au combat les Palladins François, A réueillé dans nous ceste première enuie Qui nous fist pour l'honneur mépriser nostre vie : Et d'vn ardent désir de reuoir les combats, Nous a fait repasser les fleuues de là bas, Pour leur monstrer qu'encor, tout vmbre que nous sommes ,
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Nous luisons en valeur douant les yeux des hommes, Autant que Caualiers dont la faueur de Mars P'ace éclairer la gloire au milieu des hazards : Et qu'encor la valeur de nos antiques lames Tranche pour le seruice et des Rois et des Dames, Non moins heureusement que l'acier plus brillant Qui leur arme le bras jeune ensemble et vaillant.
C'est maintenant à vous grand Monarque de France, Et vous, Reine sans pair, et vous nostre espérance, Dames dont les beaux yeux sont tousiours nos vainqueurs Si vous auez a gré le zèle de nos cœurs, A nous le témoigner par les visibles charmes De quelque doux regard jette dessus nos armes. Si vous nous assistez des faueurs de vostre œil, Nous vaincrons des plus fiers le valeureux orgueil ; Monstrant par ce que peut vne vaillance extrême De n'en estre point l'vmbre ains la vérité mesme. Sinon, quelques harnois qui nous puissent armer. Par faute de sentir vos yeux nous animer. Nous nous retirerons dans nos demeures sombres. Par vous hommes vaillants, sans vous rien que des vmbres.
RECIT