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POVR DES NYMPHES

QVI DEFFIENT AMOVR.

AV ROY

es Nymphes hostesses des bois, Brauant les amoureuses Loix,

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Et ce feu dont l'ame est éprise, Ne le cognoissent nullement, Ou le cognoissent seulement, Comme on cognoist ce qu'on méprise.

Le soing de leur jeune fierté, C'est de garder leur liberté, S'orner de beautez perdurables, Nourrir de vertueux désirs, S'esbattre en des chastes plaisirs, Et sans aymer se rendre aymables.

Auec ces armes et ces arts.

Leurs esprits surmontent les dards.

De ce Tyran qui tout surmonte :

Et jettant sa puissance à bas.

Font que la fin de leurs combats.

C'est tousiours sa fuitte et sa honte.

Le Sort donc les guidant icy, Où tout se range à sa mercy.

Elles luy déclarent la guerre, Afin de faire voir aux Dieux, Que ce qui les vainc dans les Cieux, Des Nymphes le battent en terre.

Car on les verra le dompter Et puis soubs vos pieds en jetter. Les traicts empoisonnez de charmes, Pour marque, ô César des Césars, Qu'Amour aussi bien comme Mars, Vous voit triompher de ses armes.

Vn seul mal répugne à leurs vœux, C'est qu'il prend vie es mesmes feux.

Dont sans fin leur regard éclaire :

Et que la beauté l'animant, Leurs yeux vont eux-mesmes armant Celuy qu'elles veulent desfaire.

Car pour luy donner le trespas, Il leur faudroit priuer d'appas ,

DE M. BERTAVT. ^09

La Beauté sa mere nourrice :

Autrement on ne sçauroit voir, Ny qu'il soit iamais sans pouuoir, Ny qu'elles soient sans exercice.

AMOVR VAINCV DE CES NYMPHES

ET s'en COMPLAIGNANT.

ictorieux du Ciel, de la Terre et de l'Onde, le pensois mettre aux fers, oii i'ay mis tout le monde, Dix Nymphes qu'en vn bois par hazard i'ay treuué : Mais les flèches -qu'en vain ie leur ai décochées, S'estant contre leur sein par malheur rebouchées, Elles m'ont à la fin moy-mesme captiué.

Captif, chargé de fers, et tourmenté par elles, I'ay demandé secours aux puissances mortelles, Aux Dieux, au Ciel, en Terre, en ceste grande Court, Mais ceux que ie fais plaindre ont à dédain mes larmes, Et de ceux que ie rends bien heureux par mes armes, Chacun me plaint assez, mais nul ne me secourt.

0 Dieux, hostesdu Ciel, ô Bourgeois de la terre, Souffrirez-vous qu'ainsi pour iamais on enferre, Celuy qui rangeoit tout aux loix de son pouuoir? Vos cœurs me lairront-ils périr en seruitude? Verray-ie ou par rigueur, ou par ingratitude. Es vns la pitié morte, es autres le deuoir.^^

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