‹ Œuvres poétiquesChapitre 211 sur 226 · CANTIQUE DE LA VIERGE MARIEE · texte numérisé non relu

CANTIQUE DE LA VIERGE MARIEE

Quand au dernier sommeil la Vierge eust clos les yeux. Les Anges quiveilloyent autour de leurmaistresse, ^' Esleuèrent son corps en la gloire des Gieux, Et les Cieux furent pleins de nouuelle allégresse.

Les plus hauts Séraphins à son aduènement Sortoient au deuant d'elle et luy cèdoient la place, Se sentant tous rauis d'aise et d'estonnement De pouuoir contempler la splendeur de sa face.

Dessus les Cieux des-Cieux elle va paroissant, Les flambeaux estoillez luy seruent de coronne : La Lune est sous ses pieds en forme de Croissant, Et comme vn vestement le Soleil l'enuironne.

Elle est là-haut assise auprès du Roy des Rois, Pour rendre à nos clameurs ses oreilles propices. Et sans cesse l'adiure au sainct nom de la Croix, De purger en son sang nos erreurs et nos vices.

Elle rend nos désirs par ses vœux, exaucez, Et pour mieux impetrer ce dont elle le presse, Remet devant ses yeux tous les actes passez Qui le peuuent toucher de ioye ou de tristesse.

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