‹ Œuvres poétiquesChapitre 49 sur 226 · Bellone · texte numérisé non relu

Bellone

DE M. Bertavt. 3J

Sans la guide ' qui seule aux mortels d'icy bas Enseigne et la lumière, et la voye, et la vie!

l'estois comme celuy qui du haut d'vn rocher Voit périr dans les flots ce qu'il a de plus cher, Et ne l'ayde au péril que de vœux et de larmes : Contre son bel esprit souuent ie m'indignois. Me plaignant de celuy pour qui ie me plaignois, De le voir sans pitié se meurtrir de ses armes.

Ah (disois-ie à par moy) Prince illustre en bonté. Que te sert ceste auguste et saincte pieté Qui comme vn feu la nuict dans ta belle ame éclaire? Hélas! bien peu te vaut vn si rare ornement. Puis que hors de l'Eglise on sert Dieu vainement, Et que par le mal croire on destruit le bienfaire.

l'égale les vertus qui parent ta grandeur. Aux fleurs qu'vn petit d'eau nourrit en la verdeur Des branches d'vn fruitier hors du tronc arrachées : Elles procèdent bien d'vn Principe Eternel : Mais pour ne viure plus dans le sein maternel. Sans produire aucun fruit elles tombent sechees.

Dedans le tige sainct reuien te faire enter, S'il te plaist de les voir d'heureux fruits rapporter, Et non seulement viure, ains te donner la vie. C'est assez fait mourir de crainte et de douleur Ceux qui t'aymans sans fard souspirent ton malheur : Vien faire aussi mourir tes ennemis d'enuie.

Ainsi matin et soir mon cœur parloit en moy : Tousiours priant le ciel qu'en repurgeant sa foy De la faulse doctrine, il y plantast la vraye : Et voila, le Seigneur a mes vœux exaucez, DeHurant son esprit de ses charmes passez, Et du champ de son ame arrachant ceste yuraye.

I. Ici du genre féminin. Nous ne relèverons pas chaque divergence de genre de substantifs. Nous renvoyons à notre Glossaire pour le cas où une observation spéciale aurait lieu d'être faite à ce propos. Id. plus bas : tige, masc.

Puissent mille succès parfaitement heureux Désormais témoigner à ce cœur généreux Qui de tous nos malheurs cherche la deliurance, Qu'en remettant ses pas dedans le droit sentier, Il se rend tout d'vn coup pacifique héritier Du Royaume céleste, et au sceptre de France.

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