‹ Œuvres poétiquesChapitre 51 sur 226 · EN L'OBEISSANCE DU ROY · texte numérisé non relu

EN L'OBEISSANCE DU ROY

Si iamais quelque Prince habitant icy bas Mérita que son peuple adorast sa vaillance, C'est ce Roy si fameux et si craint es combats Que les cieux ont donné pour Monarque à la France. Nul ne peut sans merueille entendre auec quel heur De ses sujets captifs la chaine il a coupée, Et par combien d'effects de prudente valeur Ses mains ont obligé son sceptre à son espee.

La gloire des lauriers qui luy ceignent le front S'éleuoit bien desia iusqu'aux voûtes célestes, Et sembloit que du monde éclairant tout le rond Rien ne peust augmenter le lustre de ses gestes : Mais plus clair que iamais il reluist auiourd'huy, D'auoir repris par force et remis en franchise Ceste ville imprenable à tout autre qu'à luy Que le fier Espagnol nous rauit par surprise.

Vn barbare ennemy remplissant tout d'effroy La voila de nos mains en corsaire homicide : Mais ce vaillant guerrier Ta reconquise en Roy, Contre vn nouueau Cacus estant vn autre Alcide. Aussi d'vn tel efFect recueille-il vn honneur De qui la renommée est si loin épanduë Qu'il vanit mieux pour sa gloire, et pour nostre bon-heur, L'auôir reprise ainsi que non iamais perdue.

Ah Dieu ! que de périls ont coniuré sa mort Durant les tristes mois que ses armes l'ont ceinte! Et que ceste valeur qui contre tout effort Nous remplissoit d'espoir, nous a remplis de creinte !

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