‹ Œuvres poétiquesChapitre 52 sur 226 · I . Voir Introduction biographique · texte numérisé non relu

I . Voir Introduction biographique

DE M. Bertavt. ' 43

Qu'on nous a veus souuent pallir au moindre bruit Qui d'vn sanglant combat nous depeignoit l'image, Sçachant bien qu'es périls où l'honneur le conduit, Il n'a point d'ennemy plus grand que son courage.

Tantost nostre aduersaire estonnoit nos esprits Du superbe appareil de sa puissante armée : Tantost quelque sortie où les nostres surpris Eussent perdu sans luy la palme accoustumee. Nous sçauions qu'à toute heure, au hazard d'vn méchef, Veillant dans la trenchee il souffroit mainte allarme ' : Et que ce qu'il commande en grand et sage chef, Il l'accomplit luy-mesme en valeureux gendarme.

Vous craignions vne mine, image des enfers : Nous craignions ce canon par qui tout se renuerse : Bref, autant que de Mars les périls sont diuers, Autant de nostre peur la face estoit diuerse. Mais nous n'en portons plus les cœurs épouuantez : Ces frayeurs maintenant sont en nous estouffees : Et ces diuers malheurs par son bras surmontez Ne luy sont plus périls, ains glorieux trophées.

Princesse à qui le ciel a permis de tourner Dans le flanc d'où nasquit ce miroir des grands Princes-, Esprit qui vous verriez mille fois couronner Si les seules vertus regnoient sur les prouinces. Combien affligiez-vous vostre cœur généreux Lors qu'à tant de hazards il s'exposoit en proye. Vous qui de ses succès, heureux, ou malheureux. Ne vous reseruez rien que le dueil, ou la ioye?

letter l'œil du penser sur ses tristes obiects. Vous rendoit de douleur la poitrine entamée : Et ce qui nous touchoit comme simples sujects. Vous touchoit comme sœur aimante et bien aimée.

1. Mainte allarme; ici, du genre féminin; cf. pièce précédente, strophe lo : sanglans allarmes.

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