I. Histoire de la littérature française, I
vin Introduction littéraire.
le bien dire. Si parfois le sujet nous en paraît futile, s'il fait un sonnet sur les gants encore imprégnés du parfum d'une main chérie, cesont là de charmantes faiblesses d'amoureux que nous n'irons pas reprocher au poète ; s'il rime des vers pour une mascarade ou un ballet^ il convient de se rappeler qu'étant homme de cour, il devait faire de ces sortes de concessions à ses brillants protecteurs. Quel poète moderne, fût-il auguste, n'a pas commis de ces vers de circonstance que l'éditeur et le public ignorent.^ Le tort qu'eut peut-être Bertaut, fut de laisser produire tout ce qu'il écrivit.
Dans le second recueil surtout^, — des vers de jeunesse, — bien des pages auraient pu être l'objet d'un de ces auto-da-fé salutaires que les vrais poètes ne regrettent jamais. Si Bertaut a cédé à un mouvement de vanité, c'est que sans doute le premier recueil, publié l'année précédente, lui avait valu de flatteurs encouragements. Pourtant il eut un scrupule ; évêque de Séez, il ne trouva pas bienséant de signer ces divers amoureux y) ^ et ce volume, publié par Pierre Bertaut, parut sans nom d'auteur. Mais, nous le répétons, s'il fut le second en date, il contient cependant les premières poésies de Bertaut, dont beaucoup avaient déjà « veu le païs » , comme dit le frère de l'auteur.
On trouve dans ce recueil des stances et des complaintes en strophes de quatre ou de six