Asseoit. Ce mot fait trois syllabes
2. Anange, — Penie. Ne sont-ce pas là tout simplement les deux mots grecs, francisés : 'Avàyxri, ITévia, la nécessité et la misère?
DE M. Bertavt. 79
L'autre estoit chastié par vn fer rougissant Qui du blasphémateur la langue outre-perçant, Apprenoit pour iamais à la bouche coulpable De ne plus prophaner ce surnom ineffable Qui dans le ciel, sur terre, et sous terre adoré. Est par les Anges mesme en tremblant proféré.
0 qu'il portoit de haine à ces lieux impudiques Oii Venus est vénale aux débauches publiques ! Le pasteur qui descouure vne engeance d'aspics Sous vn monceau pierreux Tvn sur l'autre tapis, Ne leur va point menant vne plus aspre guerre, Désolant leur m.aison iusqu.'au nud de la terre. Qu'il leur estoit seuere, et qu'il armoit 'contre eux De menaçantes loix, et d'edicts rigoureux. Il en bailloit le toict à deuorer aux fiâmes : Il en faisoit razer les murailles infâmes : Et d'vn sanglant foiiet sans pitié déchirer Celles qu'vn sale gain y faisoit retirer : Estant son cœur si chaste, et si chaste sa vie. Que (si d'vn vray renom sa mémoire est suiuie) One nuls embrassemens ne luy furent cogneus. Sinon ceux qu'Hymenee a permis à Venus.
Quel prince fut iamais sur la terre habitable Plus que ce grand monarque aux pauures secourablè.'^ Maints Rois s'armans les bras d'vn fer victorieux Rendent par l'vniuers leur renom glorieux : Brident de sainctes loix la populaire audace : Laissent de leur prudence vne éternelle trace Et gaignent tout l'honneur qu'on s'acquiert icy bas Par les arts de la paix, et par ceux des combats : Mais peu daignent tourner leur superbe paupière Vers le pauure estendu sur la vile poussière, Et penser qu'en l'habit d'vn chetif languissant C'est Christ, c'est Christ luy-mesme, helas, qui gémissant Se lamente à nos pieds de la faim qui l'outrage, Et promet pour du pain le céleste héritage.
0 cœurs de diamant, ce Roy plein de bonté Eloignoit bien ses pas de vostre cruauté :
8o ŒVVRES PO/ÉTIQ VES
Car souuciiL descendant du plus haut de son thrône Pour semer et cueillir les saincts fruits de l'aumône, Tout ce que la conduite égalant la splendeur Dont sa maison ornoit son auguste grandeur, Soustrayoit par l'espargne aux royales despenses D'vn cœur si libéral et prompt aux recompenses. Il l'alloit consumant à bastir des lieux saincts Pour ceux qui languissoicnt panures, vieux, et mal-sains, Ayder la triste veufue à qui l'heur d'estre merc, Estoit sujet de plainte et surcroist de misère : Racheter des captifs : doter la chasteté De la Vierge nul3ile à qui la pauureté . Refusoit vn mary, fanissant ' en tristesse La misérable fleur de sa verte jeunesse ; Nourrir des orphelins, et ceux qui souffreteux, Couurans leur propre mal d'vn silence honteux, Estouffoient en secret en leurs chetives couches Les soupirs que la faim arrachoit de leurs bouches : Brief, ne respandre pas sur le pauure en langueur Moins d'effects de pitié que le sort de rigueur, Ains monstrer qu'en ce fast de grandeur et de gloire. Le souuenir d'estre homme entroit en sa mémoire.
Il aymoit tant son peuple et l'heur de son repos. Que l'ayant soulagé au fardeau des imposts Dont la chetiue France à toute heure affligée. Par les Rois ses ayeux auoit esté chargée, Il souloit de ses pleurs son visage arrouser. Quand le besoin pressant le forçoit d'imposer Sur ses foibles sujets quelque charge nouuelle. Tant iuste, ou nécessaire, ou légère fust elle. Ce qu'encor sa pitié rarement permettoit : Et seulement alors que Bellone excitoit Contre les Lis dorez quelque orage de guerre. De ceux qui font tomber les couronnes par terre. Car quant à la despense ornant la dignité Qui d'vn estât Royal soustient la Majesté,