‹ Œuvres poétiquesChapitre 74 sur 226 · I. Pour : l'éloquence même. Corneille, dans le Cid, a dit · texte numérisé non relu

I. Pour : l'éloquence même. Corneille, dans le Cid, a dit

Sais-tu que ce vieillard fut la même vertu?

90 ŒVVRES POÉTIQ^VES

Taurois le cœur de marbre et rcstomach de fer, Si l'ingrate oubliance y pouuoit estoufer Le viuant souuenir de la faueur extrême Que m'a fait receuoir, malgré le destin mesme, Ce modelle accomply de Royale douceur Que les dieux en naissant luy donnèrent pour Sœur : Et si ie n'adorois son nom et ses mentes, Monstrant en mille vers ses louanges escrites, Faurois mon ame en haine, et iugerois mon œil Indigne de ioùir des rayons du Soleil.

Car si quelque repos accompagne ma vie : Si de quelque bon-heur ma fortune est suiuie : le le tient ' de sa grâce après celle des cieux' : Estant comme vn bel astre apparue à mes yeux Pour m'asseurer du calme alors que la tourmente Autour de mon vaisseau tonnoit plus véhémente, Sans iamais se lasser d'en combattre l'effort Que ie n'eusse abordé la franchise du port.

Aussi ramenteuant l'honneur de ceste grâce, le la beny sans cesse, et nul iour ne se passe Que ie ne face au ciel des vœux pour sa grandeur : Le priant que sa main la comble de tant d'heur, Qu'entre tout ce qu'on voit de plus grand sous la Lune Rien sinon sa vertu n'égale sa fortune.

Vn Prince 2 est maintenant dans le tombeau logé, A qui tant de bien-faits me font viure obligé, Qu'à iamais sa bonté dedans mon ame empreinte M'en rendra la mémoire et vénérable et samte : Car lors qu'abandonné de tout humain secours, En éternels ennuis ie consumois mes iours, Ma fortune ayant fait vn malheureux naufrage En la mort de ce Prince à qui l'aueugle rage D'vn brutal assassin osa percer le flanc D'vne lame trempée en l'infernal estang :

Page 1