I. Suppression du pronom ce, fréquente au seizième siècle
DE M. Bertavt. 95
Mais i'allongerois trop le fil de ce discours, Et pour finir mon chant mes ans seroient trop cours, Si proposant aux Grands pour éternel exemple La beauté des vertus dont ton ame est le temple, l'en voulois viuement les grâces exprimer. Et par tout l'vniuers leurs louanges semer. Les cieux (aymable Prince) ont orné ta jeunesse De si glorieux traits de constante sagesse, De Pieté, de Foy, de Bonté, de Valeur, Que les Muses n'ont point d'assez viue couleur Entre celles dont l'art surmonte la nature, Qui dignement en puisse exprimer la peinture : Tant s'en faut qu'en vn œuure où l'art t'imite en vain, Vne plume vulgaire, vn vulgaire escriuain Puisse représenter vne beauté si rare, Et s'esleuer si haut sans ressembler Icare.
C'est pourquoy comme ceux à qui l'effroy du Nort Fait resserrer la voile et rechercher le port. De peur qu'estant leur nef des ondes engloutie Vn naufrage à la fin l'audace n'en chastie, l'arreste icy mon cours, me suffisant de voir Au pied de ce tableau, tesmoin de mon deuoir. Les plus vertueux rendre à tes vertus hommage, Sous le portrait d'vn autre honorant ton image. Car si quelqu'vn se monstre en tout cet vniuers Comparable au grand Roy qui respire en ces vers. C'est toy. Prince accomply, qui soigneux de l'ensuiure Fais qu'il se voit au monde en sa race reuiure.
Aussi, comme à son sang, et l'vn de ses neueux, le t'offre icy son hymne auec mes humbles vœux, ? Tant à fin de monstrer que ta douceur exprime D'un Roy si vertueux la bonté magnanime. Qu'à fin de tesmoigner aux siècles aduenir Qu'il t'a pieu loin de moy l'infortune bannir : Et qu'en ayant acquis par tes mains la victoire. Mon cœur est obligé d'honorer ta mémoire Autant qu'vn homme peut la vertu reuerer. Et sans idolâtrie vn autre homme adorer.
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BOVRGVEIL,