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I. C'est à dire : je m'y vais

DE M. Bertavt. I I 3

Et ne puis sans frémir peindre dans ma pensée Le péril dont la France est en vous menacée Par le fier ennemy que les armes au poing Vostre vaillant courroux s'en va chercher si loing. le sçay bien quelle rage en son ame bouillonne De voir la mam d'enhaut bénir vostre couronne, Et malgré ses efforts et son trop espérer Le sceptre des François en vos mains s'asseurer. le sçay que nostre crainte est sa seule espérance : Et ie crams iustement qu'à l'impie arrogance De ses désirs trompez tout espoir défaillant, Vne plus grande peur ne le rende vaillant. Desia sent-on vn bruit par les villes s'espandre Qu'à ce coup son armée osera vous attendre. Voyant le cœur des siens superbement enflé Du vent qu'en leur faueur la fortune a soufflé : Ce que Dieu permettant, ie crain pour vostre teste, L'allant voir exposée aux coups de la tempeste. Qui fait trembler le Ciel sous le bruit de deux camps D vne extresme fureur l'vn l'autre se chocquans.

Mais seroit-il bien vray que l'ignoble courage Du loup qui n'est hardy ny vaillant qu'en sa rage Parmy les animaux desarmez et paoureux, Peust soustenir l'assaut d'vn Lyon généreux? Non non, ie me deçoy : la peur qui me commande. Me peint de ce péril la figure trop grande : Non, Sire, le cruel ne vous attendra pas : Il sçait trop qu'en vos mains demeure son trespas : Il recoignoist trop bien ces armes redoutées Qu'il a dedans ses reins cent fois ensanglantées : Il fuira, le cruel, sitost que dedans l'air Il verra seulement vos enseignes branler, Et par sa fuite encor, d'vn faux tiltre couuerte Taschera d'amoindrir vostre gloire et sa perte. Ou bien s'il vous attend, ces champs-là tous jonchez De ses fiers régiments en pièces détranchez Fourniront ^ aux corbeaux de mets espouuentables

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