‹ Œuvres poétiquesChapitre 82 sur 226 · I . Sens neutre · texte numérisé non relu

I . Sens neutre

Rendus par sa dcffaitte à iamais mémorables, l'oy dés ceste heure mesme, ou bien ie pense ouïr, Et Somme , et sainct Quentin bruyans s'en esioiiir, Aises de voir vanger sur l'audace ennemie, Du iour de sainct Laurens la perte et l'infamie : Et pense voir Dourlens, que ce tigre estranger Dans le sang des François nagueres fist nager. Essuyer de son cœur les misérables larmes Quoy qu'il gémisse encor sous l'orgueil de ses armes,

Allez, Sire, allez donc Dieuluy-mesmeestpourvous. La faueur de son bras vous couurira des coups : Allez, l'unique autheur de nostre deliurance, La terreur de l'Espagne, et l'espoir de la France : Le conquereur de Gaule entre mille hazars, Et, sinon le premier, le second des Césars : Allez, voyez, vainquez^ : dardez sur leur armée La flamme vengeresse en vostre ame allumée : Soyez de ces cruels le fatal punisseur. Et pour d'autres vaincus gardez vostre douceur. Allez, fauorisé des publiques auspices.

Assisté de l'effect des plus saincts sacrifices, Secondé de vostre heur et suiuy de nos vœux. Porter l'ire du Ciel et l'espandre sur eux, Qu'on ne vous conte point les appareils de guerre Qui font sous leur orgueil trembler toute la terre, Sinon pour vous monstrer combien l'heur du destin Appreste à vos soldats vn glorieux butin : Car vous les déferez d'vne fin mémorable Si vous ne cessez d'estre à vous-mesme semblable. Vous de qui les lauriers couurent de toutes parts Le tragique eschaffaut des sanglans ieux de Mars.

î , C'est la paraphrase du fameux : Veni, vidi, vicL

DE M. BERTAVT. I I ^

DISCOVRS AV ROY

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