UR LA CONFERENCE TENUE A FONTAINE-BLEAU
Si iamais mon esprit conceut quelque espérance De voir les deux partis qui diuisent la France Fleconjoints en vn seul, et comme ils n'ont qu'un Roy, N'auoir qu'vne loy mesme, et qu'vne mesme Foy : Certes c'est maintenant qu'vne entente asseuree S'en engendre en mon ame, et l'y rend préparée, Puis qu'auec tant de zèle et de constante ardeur '0 Roy de qui la terre admire la grandeur), ie vous voy trauailler sans relasche et sans feinte, Pour le progrez d'vne œuure et si iuste et si saincte.
Car ie ne puis douter que ces heureuses mains, ^ue ce cœur inuincible aux accidents humains, ^i lors que le soucy des sceptres de la terre ^es alloit agitant par les flots de la guerre, Dnt eu Dieu si propice, et qui victorieux 3nt atteint par sa grâce vn port si glorieux, V'esprouuent sa faueur cent fois plus manifeste, Vlaintenant que pour luy, pour vne œuure céleste, ^o\iv l'heur de son Espouse, et l'honneur des autels, C^ous rongez vostre esprit de soucis immortels, it paroissez brusler d'vne éternelle enuie 3'ofFrir ce qui vous reste et de sang et de vie.
Trois Rois vos deuanciers désireux de trouuer /n chemin qui les fist à ce bien arriuer, '-.'ont cherché comme vous, mais les fruits de leurs peines ^'ont repeu leurs désirs que d'espérances vaines : '^ource qu'ils l'ont cherché par les sanglants combats, ,-^ar les monceaux poudreux des murs iettez à bas, ■^ar l'effort des tourments, par la rage des fiâmes, ^ar ce qui fait trembler les plus constantes âmes