‹ Œuvres poétiquesChapitre 84 sur 226 · I. En · texte numérisé non relu

I. En

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Et la preuuc a monstre qu'il falloit comme vous Apporter à ces maux des remèdes plus doux, Et purger la fureur qui tant d'esprits affole, Par l'hellébore pur de la saincte Parole, Et non par la terreur de la flamme et du fer. Qui seuls la combatans n'en sçauroient triompher.

Car en ces passions, sorcières des pensées, Les âmes et de zèle et d'erreur insensées \ Au lieu de s'ébranler par le mortel effroy Des tourments préparez pour combattre leur foy. S'obstinent à l'encontre, et brauant les supplices Font gloire qu'on les offre en sanglants sacrifices A la haine du peuple estonné de leurs chans Poussez d'entre la flamme et les glaiues trenchans. Tellement qu'es douleurs imitans la constance Dont nos premiers Martyrs leur faisoient résistance, II aduientqu'vn cœur foible à leurs maux compatit. Et qu'en fm ce remède en mal se conuertit, Leur obstinée ardeur des peuples admirée Semblant vne vertu de Dieu mesme inspirée.

Dequoy nous ont seruy tant de feux allumez Quand ces germes de maux par l'Europe semez Firent premièrement formiller sur la terre Les erreurs, la discorde, et le schisme et la guerre? Dequoy vous ont seruy les lauriers ja poudreux Des champs de Mont-contour, de larnac et de Dreux'^ Et ceste vengeresse et cruelle iournee Oh la fureur du peuple en courroux deschainee. Par erreur de penser destruire ainsi l'erreur. Remplit Paris de sang, de carnage et d'horreur?

De la cendre des corps deuorez par les fiâmes 'k Ceste erreur s'est monstrée en mille foibles âmes i|i Plus viue et plus féconde : et par vn mauuais sort, -. Plus ces nouueaux croyans affamez de la mort

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