‹ Œuvres poétiquesChapitre 85 sur 226 · I. Au sens de : affolé, surexcité par · texte numérisé non relu

I. Au sens de : affolé, surexcité par

DE M. Bertavt. 1 17

En souffrant ont rendu la poussière sanglante, Plus ils ont arrousé ceste fatale plante, Et fait euidemment regermer et fleurir Ce que l'eSpoir humain pensoit faire mourir.

C'est pourquoy désormais sous de meilleurs auspices Que ceux ou de la guerre ou des autres supplices. Il faut chercher en Dieu les moyens d'arracher Sa seconde racine, ou la faire seicher : Et ces moyens-là, SIRE , il faut que la mémoire Vous défère à iamais la louange et la gloire De les auoir trouuez, si vos sages desseins Succèdent aussi bien qu'ils sont iustes et saincts. Car comme auoir assis le vice et l'ignorance Dans les thrônes sacrez des Eglises de France, A fait que ces malheurs lors encore naissans, Depuis se sont rendus si grands et fleurissans : Tout de mesme, esleuer à ces grades suprêmes Vn eminent sçauoir et des vertus extrêmes. Exciter par bien-faicts les champions de Christ / A combatre pour luy de bouche et par escrit, R'appeller au chemin les âmes esgarees, S'esioiiir de les voir du piège retirées, Asseurer des faueurs de sa Royale main Ceux que la seule peur d'vne honteuse faim Retient en l'autre part liez par les salaires Dont le soucy public nourrit leurs ministères, Brief, sçachant qu'augmenter l'Empire de la Foy, C'est l'vn des saincts deuoirs d'vn grand et iuste Roy, Procurer sa victoire, et combattant pour elle Monstrer qu'auec ardeur on défend sa querelle. Ce sont les vrais sentiers conduisans au bon-heur De reuoir triompher l'Espouse du Seigneur, Agar se déchasser, quelque espoir qui la paisse, Et Sarra demeurer seule dame et maistresse.

Or, SIRE, qui ne sçait que des chemins si doux Sont pour la plus grand' part desia suiuis de vous ? A qui ne parut point l'ardeur de ceste flame Qu'vn zèle tout céleste allumoit en vostre ame.

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Quand ce docte Prélat^, en qui luit le pouuoir Qu'a l'extrême éloquence et l'extrême sçauoir, Combatoit deuant vous des armes de l'Eglise Pour la foy dont la garde en vos mains s'est commise? Vous scmbliez du désir combatre auecques luy : Chaque mot vous combloit ou de ioye ou d'ennuy : L'honneur qu'il s'acqueroit paroissoit vostre gloire : Et tout autant de fois qu'il gaignoit la victoire, Soudain le feu de ioye en luisoit dans vos yeux Estincelans alors comme estoilles des Cieux.

Aussi (SIRE) auez vous, par la seule conduite De ce petit combat, mis plusieurs camps en fuite : Gaigné plusieurs lauriers non sanglamment vainqueurs Et conquis tout d'vn coup cent millions de cœurs, Qui maintenant pour vous bruslent d'amour extrême, Et qui pour vostre vie iroient à la mort mesme.

0 que ce grand Pontife- à qui par dessus tous. Dieu commet le troupeau qu'il garantit des loups. En receura de joye, et qu'après tant de craintes Dont il ressent pour nous les secrettes attaintes. Il conceura d'espoir de voir à l'aduenir Les malheurs de la France heureusement finir !

Il m'est aduis desja que i'entens sa pensée Vous dire d'vne voix par le cœur prononcée. Grand Roy, face le Ciel que les traits du malheur Se trouuent tous sans pointe assaillans ta valeur. Puis que rendant mon ame en ses vœux si contente, Tu ne me frustres point de la fidelle attente Que ie conceu de toy, quand malgré les efforts Des diuers ennemis qui t'impugnoient alors. Quand malgré le conseil, quand malgré la menace. Des vns pleins d'artifice et des autres d'audace, Au milieu des frayeurs qu'on me donnoit de toy. Sans autre gage humain que celuy de ta foy,

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