DE M. BERTA VT
De qui la renommée est par tout florissante, Fcstcndy dessus toy ma dextre bénissante, Et conseillé de Dieu durant mon oraison T'ouury les huis sacrez de sa saincte maison.
Si lors i'eusse plus creu l'Espagnole éloquence, Et les rusez conseils de l'humaine prudence Que ceux du Tout-puissant, ie t'eusse encor fermé Sa saincte bergerie et son parc bien-aymé. Laissant la France en proye à l'audace enragée Des maux dont elle estoit sans pitié saccagée : Car pour me destourner d'y receuoir tes pas Que ne supposoit-on, que ne disoit-on pas. Dépeignant sous les traits, d'vn malheureux augure, De ton règne aduenir l'effroyable figure?
Lors que régnant en paix tu te verrois soubmis Tous ceux que leur malheur te rendoit ennemis. Tu deuois (disoit-on) suiure les artifices De ce Prince apostat qui sacra les prémices De son règne au vray Dieu, puis en se déuoilant Et d'vne main impie aux Démons immolant, Fist naistre pour l'Eglise vn estât lamentable, Et fut par sa douceur d'autant plus redoutable. Que les autres sanglants et cruels Potentats Engendroient des Martyrs, et luy des apostats. Tu deuois pratiquer ses ruses et ses charmes. Puis desployant en fin de plus cruelles armes Deuenir ce sanglier, iuste effroy du veneur. Qu'on doit voir saccager la vigne du Seigneur.
Mais (ô vif parangon des plus nobles courages) Tes faits ont dementy ces funestes présages : Que si par le présent il se peut définir Quels seront icy bas tes gestes à venir, La gloire d'estoufTer les monstres de l'Église, Entre tous les humains t'est et deuë et promise Ne pouuant les beaux faicts par ta main terminez D'vn laurier plus illustre estre icy couronnez.
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Pcrscucrc grand Prince, et du courage mcsme Qui t'a si vaillamment sauuc ton diadème, Defens celuy de Christ, secondant des effets Les vœux que pour ta France incessamment ie fais Au poinct le plus sacré du plus sainct des mystères, Baignant mes tristes yeux de cent larmes ameres.
Si tout bruslant de zèle enuers la pure Foy Ton ame a soin de Christ, il aura som de toy. La vaillance des Rois n'est que vent et fumée. S'ils n'ont la pieté dedans l'ame imprimée : Toutes deux lont les grands régner en diuers lieux, Mais l'vne c'est en terre, et l'autre dans les Cieux.
Ainsi pense-je ouïr (Prince illustre en clémence) Ce grand Pasteur Clément vous dire en son silence : Puis remply de l'esprit venant du Sainct des saincts, Bénir et vostre sceptre et vos iustes desseins.
Le Ciel de qui la grâce aux bons Rois est propice D'vn soucy paternel ses souhaits accomplisse : Octroyant à nos iours, après tant de malheurs Qui ne nous ont appris qu'à souffrir des douleurs. Le bien qui dés le iour qu'on vous veit sans feintise Vous prosterner aux pieds du grand chef de l'Église, Obscurément prédit, ardamment désiré.
Fut plus craint des mauuais, que des bons espéré.