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I. Toulon

122 ŒVVRES POÉTIC^VES

Ramper sur les parois richement variées,

De coquilles de nacre à l'ambre mariées.

Mille et mille coraux de la roche naissants,

Et de leurs rouges bras l'vn l'autre s'enlaçants ^

Cheminent par la voûte, et lambrissants la salle

D'vn superbe planché qui se courbe en ouale,

Imitent en leurs jeux les treilles des jardins,

Et leur pendent des bras des perles pour raisins.

Le luisant sable d'or qui dans Pactole ondoyé

D'vn éclat éternel sous les pieds y flamboyé :

Tout y conjoint la grâce auec la majesté.

Soit ou beau de richesse, ou riche ae beauté :

La mer ne celant rien d'excellent ny de rare

Dequoy ce sainct palais richement ne se pare.

Et l'œuure monstrant bien qu'vn si beau bastiment,

Fut fait par les Dieux seuls pour les Dieux seulement,

Aussi les flots salez dont ceste roche est ceinte, Comme arrestez d'vn frein de respect et de creinte N'osent entrer dedans, ny le lieu visiter, Quoy que le sueil ouuert les en semble inuiter : Ams comme se sentans indignes de l'entrée, Leur onde estant prophane et la grotte sacrée. Ils s'en retirent loin, l'enfermant tout-autour De grands murs crystalins que transperce le iour.

Là, du plus précieux de tout l'humide empire, Sur des tables de jaspe, à tréteaux de porphyre. En pompeux appareil et seul digne des Dieux, Le festin est dressé, quand le Prince des cieux Vient aux mers de deçà visiter chez Nereé Thetis de qui l'amour rend son ame vlceree.

Or l'auoit ce iour-là, dans l'antre paternel, La Déesse honoré d'vn souper solemnel.

Et ja les demy-dieux alloient leuer la table. Quand portant en son ame vn dueil insupportable,

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