ACTE II
Dans ces mors aussitôt vonlnt être introduit. Je ne m'arrêtai point à ce bruit téméraire; Et je n'écontois rien , si le prince son frère, Bien moins par ses discours, seigneur, que par ses pleurs , Ne m'eût en arrivant confirmé vos malheurs.
MITHRIDATE
Enfin, que firent-ils?
ARBATE.
Pharnaoe entroit à peine Qu'il courut de ses feux entretenir la reine , Et s'ofirit d'assurer, par un hymen prochain , Le bandeau qu'elle a voit reçu de votre main.
MITHRIDATE
Traître ! sans lui donner le loisir de répandre Les pleurs que son amour auroit dus à ma cendre ! Et son frère?
ARBATE.
Son frère , au moins jusqu'à ce jour, Seigneur, dans ses desseins n'a point marqué d'amour ; Et toujours avec vous son cœur d'intelligence N'a semblé respirer que guerre et que vengeance.
MITHRIDATE
Mais encor, quel dessein le conduisoit ici?
ARBATE.
Seigneur, vous en serez iàt ou tard éclairci.
MITHRIDATE
Parle , je te l'ordonne , et je veux tout apprendre.
36 MITHRIDATE
ARBATE.
Seigneur, jusqu'à ce jour ce que j'ai pu comprendre , Ce prince a cru pouvoir, après votre trépas , Compter cette province au rang de ses états ; Et, sans connoitre ici de loi que son courage. Il venoit par la force appuyer son partage.
MITHRIDATE
Ah ! c'est le moindre prix qu'il doit se proposer.
Si le ciel de mon sort me laisse disposer.
Oui , je respire , Arbate , et ma joie est extrême :
Je tremblois , je l'avoue , et pour un fils que j'aime ,
Et pour moi qui craignois de perdre un tel appui ,
Et d'avoir à combattre un rival tel que lui.
Que Phamace m'offense , il offre à ma colère
Un rival dès long-temps soigneux de me déplaire ,
Qui toujours des Romains admirateur secret ,
Ne s'est jamais contre eux déclaré qu'à regret ;
Et s'il faut que pour lui M onime prévenue
Ait pu porter ailleurs une amour qui m'est due ,
Malheur au criminel qui vient me la ravir.
Et qui m'ose offenser et n'ose me servir !
L'aime-t-elle?
ARBATE.
Seigneur, je vois venir la reine.
MITHRIDATE
Dieux, qui voyez ici mon amour et ma bainc , Épargnez mes malheurs , et daignez empêcher